mardi, 4 août 2026
S'abonner
DERNIÈRES INFOS
--:-- Chargement…
Voir toutes les infos →
Home Actu Mali : le parquet ouvre une enquête sur les exécutions présumées de soldats à Tabrichat après l’embuscade du 18 juillet

Mali : le parquet ouvre une enquête sur les exécutions présumées de soldats à Tabrichat après l’embuscade du 18 juillet

0 comments 47 views 3 minutes read

Le procureur du Pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme a ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’embuscade du 18 juillet et les exécutions sommaires qui auraient suivi la capture de soldats maliens, quelques jours après des appels similaires de l’ONU et d’Amnesty International.

Le procureur de la République près le Pôle judiciaire spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée a annoncé, samedi soir, l’ouverture d’une enquête sur les exécutions sommaires présumées de militaires maliens capturés lors de l’embuscade survenue le 18 juillet à Tabrichat, dans la région de Gao, au nord du Mali.

Un convoi tombé dans une double embuscade

Selon le communiqué du parquet, un convoi militaire malien en route vers Anéfis était tombé dans une embuscade près de Tabrichat, non loin de Bourem, attribuée aux groupes armés Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) et Front de libération de l’Azawad (FLA). Plusieurs soldats capturés auraient ensuite été exécutés sommairement. Le procureur précise que ces faits, « s’ils étaient établis », sont susceptibles de constituer des crimes de guerre, des actes de terrorisme, des infractions liées au financement du terrorisme, ainsi que d’autres crimes prévus par le code pénal malien. Le magistrat indique avoir ordonné l’ouverture d’une enquête pour établir les circonstances des faits, identifier les auteurs, coauteurs et complices présumés, et les traduire devant les juridictions compétentes, tout en appelant la population à collaborer avec les enquêteurs.

Des appels convergents de l’ONU et d’Amnesty International

Cette annonce intervient après que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a réclamé une enquête « approfondie et indépendante » sur les allégations de torture et d’exécutions de dizaines de soldats maliens qui se seraient rendus après l’attaque du convoi. « Nous déplorons les actes de torture et les meurtres dont auraient été victimes des dizaines de soldats maliens qui s’étaient rendus », avait déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat, Thameen Al-Kheetan.

De son côté, Amnesty International a appelé à l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre après avoir analysé douze vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, affirmant qu’elles montrent au moins 19 soldats maliens ayant déposé les armes avant d’être victimes de mauvais traitements, puis d’une exécution présumée. « Il apparaît clairement que les soldats étaient hors de combat avant d’être victimes de mauvais traitements et d’être exécutés », a déclaré Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au bureau régional de l’organisation pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

L’État-major dénonce une instrumentalisation des images

L’État-major général des armées maliennes a, de son côté, condamné avec fermeté la diffusion de ces images, attribuant les faits aux groupes armés FLA et JNIM. Il a rappelé que l’exécution de personnes capturées ou mises hors de combat constitue une grave violation du droit international humanitaire susceptible d’être qualifiée de crime de guerre, tout en indiquant que ces vidéos étaient exploitées par les groupes armés à des fins de propagande. Le commandement militaire a précisé que, si les faits venaient à être formellement établis, leurs auteurs, coauteurs, complices, ainsi que toute personne participant délibérément à leur propagande, pourraient répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes, tout en rejetant toute tentative de présenter ces exécutions présumées comme un succès militaire.

A.D

Leave a Comment

FR|EN FR|EN