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Sécurité en Afrique de l’Ouest : le Nigéria appelle à une coopération entre la CEDEAO et l’AES

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Premier PIB et première armée de la région, le Nigéria veut désormais aussi en devenir la voix sécuritaire.

C’est un plaidoyer que le général Christopher Musa a répété à plusieurs reprises ces derniers mois : sans coordination entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des Etats du Sahel (AES), aucun des deux blocs ne viendra à bout du terrorisme qui gagne du terrain en Afrique de l’Ouest. En visite de travail de trois jours à Cotonou depuis le 4 août, le ministre nigérian de la Défense a de nouveau porté cet appel, dans un pays particulièrement exposé aux incursions terroristes venues du Sahel.

« La CEDEAO et l’AES doivent travailler ensemble pour vaincre le terrorisme, neutraliser les criminels transnationaux et protéger l’avenir de l’Afrique de l’Ouest », a déclaré le général Musa, plaidant pour un cadre régional capable de répondre à la fois au terrorisme, à l’extrémisme violent, à la criminalité transfrontalière et à l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée, à travers une coordination renforcée, un partage de renseignement et une coopération opérationnelle entre voisins.

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La CEDEAO et l’AES doivent travailler ensemble pour vaincre le terrorisme, neutraliser les criminels transnationaux et protéger l’avenir de l’Afrique de l’Ouest

Un vide institutionnel qui profite aux groupes armés

L’appel intervient alors que la CEDEAO et l’AES peinent toujours à s’entendre sur un cadre de coopération, deux ans après le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation ouest-africaine. Selon plusieurs analystes cités par Africa Defense Forum, cette absence de coordination laisse le champ libre aux groupes armés, qui étendent leur influence des zones frontalières sahéliennes vers les pays côtiers, à l’image des attaques ayant visé le Bénin ces derniers mois.

Le sujet a été au cœur de la 69ᵉ conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, tenue le 19 juillet 2026 à Freetown, où les dirigeants ont acté la poursuite du dialogue avec l’AES, mais dans un cadre strictement collectif, écartant toute négociation bilatérale susceptible d’affaiblir la position commune de l’organisation, rapporte Journal du Mali. Les trois pays de l’Alliance ont, de leur côté, multiplié les réunions internes pour harmoniser leur position avant ces échanges.

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le chef de l’UNOWAS a lui-même jugé cette coopération « cruciale » face à une situation sécuritaire régionale qu’il a qualifiée d’alarmante, tout en saluant les premiers contacts officiels de haut niveau tenus entre les deux blocs, selon le compte rendu officiel de l’ONU.

Abuja, candidat naturel au leadership régional

Cette insistance nigériane n’a rien d’un hasard de circonstance. Fort de la première économie et de la première armée de la région, le Nigéria cultive depuis plusieurs années une posture de puissance stabilisatrice en Afrique de l’Ouest. Le général Musa, qui a présidé pendant plus d’un an le comité des chefs d’état-major de la CEDEAO avant de passer la main en février dernier lors d’une session tenue à Freetown, selon Koaci, conserve une influence considérable sur les questions de défense régionale, désormais depuis son poste de ministre.

Cette ambition se double d’un volet maritime assumé. Le ministre a récemment réaffirmé l’engagement d’Abuja en faveur de la sécurité maritime et de « l’économie bleue », insistant sur la nécessité de renforcer la collaboration avec les partenaires régionaux pour protéger les voies maritimes et les infrastructures pétrolières et gazières offshore, selon l’agence APAnews. Une manière, pour le Nigéria, de se positionner en garant naturel de la sécurité du golfe de Guinée, au moment où l’AES construit ses propres instruments (force unifiée, banque confédérale, médias régionaux) pour s’affirmer comme un pôle alternatif de l’intégration ouest-africaine, comme le rappelle une analyse de Sahel Tribune.

Reste à savoir si cette diplomatie de la voix forte suffira à convaincre une AES qui a fait de la rupture avec les anciennes tutelles régionales un pilier de son discours souverainiste. Pour l’heure, la visite du général Musa à Cotonou s’inscrit d’abord dans un resserrement bilatéral avec le Bénin, avant toute avancée collective entre les deux blocs.

Oumarou Fomba 

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