Home A la Une Energie : Face aux délestages chroniques, le Mali investit près de 20 milliards de FCFA dans son réseau électrique

Energie : Face aux délestages chroniques, le Mali investit près de 20 milliards de FCFA dans son réseau électrique

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Le Conseil des ministres a adopté, le 12 août 2026, les textes ratifiant un financement additionnel de 19,744 milliards de FCFA, soit environ 30 millions d’euros, destiné à moderniser le réseau électrique de Bamako et de ses environs. Une nouvelle tranche d’investissement dans un secteur exsangue, où les coupures de courant continuent de rythmer le quotidien des habitants de la capitale malienne malgré plusieurs plans d’urgence successifs.

Réuni le 12 août 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification d’un accord de financement additionnel d’un montant de 19 744 305 700 FCFA, consacré au développement du réseau mixte interconnecté et à la poursuite de la modernisation du réseau électrique de Bamako et de ses environs. Selon un communiqué du ministère de l’Énergie et de l’Eau, ce financement s’inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration du secteur de l’électricité au Mali (PASEM), porté par la société nationale Énergie du Mali (EDM-SA).

Un secteur électrique sous tension chronique

Ce nouvel apport de fonds intervient dans un contexte où la fourniture d’électricité demeure, depuis plusieurs années, l’une des principales sources de mécontentement des Maliens. La capitale, Bamako, qui concentre à elle seule la majeure partie de la demande du réseau interconnecté national, a connu ces derniers mois plusieurs épisodes de délestages prolongés, certains quartiers étant privés de courant pendant de longues heures consécutives. Cette instabilité résulte de plusieurs facteurs structurels bien identifiés par les autorités elles-mêmes : la vétusté d’une partie du parc de production, la forte dépendance du pays à l’importation de carburant pour alimenter ses centrales thermiques, une demande en électricité en croissance rapide, portée par l’urbanisation de Bamako, et des transformateurs et réseaux de distribution devenus, avec le temps, largement surchargés dans plusieurs sous-stations stratégiques de la capitale.

Face à cette situation, le Gouvernement a engagé, ces dernières années, plusieurs plans d’urgence successifs et mobilisé le soutien de partenaires financiers internationaux, au premier rang desquels la Banque mondiale, qui avait approuvé en 2019 un premier concours de 150 millions de dollars en faveur du PASEM, destiné à restaurer la viabilité financière d’EDM-SA et à renforcer les infrastructures de transport et de distribution d’électricité. Le financement additionnel adopté le 12 août 2026 s’inscrit dans la continuité de cet effort, à un moment où la persistance des coupures continue de peser sur les ménages, les commerces et les services publics de la capitale.

Des investissements ciblés sur les points de congestion du réseau

Selon le ministère de l’Énergie et de l’Eau, cette enveloppe permettra notamment l’acquisition d’un poste mobile de transformation 225/150/15 kV, ainsi que la modernisation des postes existants et de plusieurs tronçons du réseau jugés prioritaires, dont les liaisons Balingué-Balkou, Darsalam-Kati et Lafia-Kati. Le financement doit également permettre la réalisation d’environ 59 kilomètres de réseaux de distribution en 30 kV et 15 kV, ainsi que le renforcement de 61 postes de distribution publique actuellement surchargés à Bamako et dans ses environs. Ces investissements ciblent directement les points de congestion identifiés comme responsables d’une partie des pertes techniques et des perturbations affectant la fiabilité du réseau de la capitale.

Le ministère présente ces travaux comme de nature à réduire progressivement les contraintes liées à la surcharge des infrastructures, à renforcer la capacité globale du réseau et à améliorer, à terme, la qualité et la continuité de la fourniture d’électricité. Le Gouvernement reste toutefois prudent sur le calendrier de ces effets, la résorption durable des délestages supposant, au-delà des seuls investissements de réseau, une résolution des difficultés persistantes de production et d’approvisionnement en combustible qui pèsent sur les centrales thermiques du pays.

Un chantier inscrit dans la vision de souveraineté énergétique des autorités

Les autorités de la Transition présentent cette ratification comme une nouvelle étape de la vision portée par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, en faveur d’un Mali « souverain, résilient et capable de maîtriser davantage ses ressources et ses infrastructures stratégiques ». Le ministère de l’Énergie et de l’Eau inscrit explicitement ce chantier dans les ambitions de développement durable et de transformation structurelle portées par la Vision Mali 2063, qui place la question énergétique au cœur des priorités de développement économique et social du pays. 

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souverain, résilient et capable de maîtriser davantage ses ressources et ses infrastructures stratégiques

Pour les autorités maliennes, la modernisation du réseau électrique de Bamako, où vit une part croissante de la population du pays, constitue un enjeu à la fois économique et politique, dans un contexte où la fiabilité de la fourniture d’électricité conditionne directement l’activité des entreprises, des services publics et la vie quotidienne des ménages de la capitale.

Oumarou Fomba 

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