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Embuscade de Tabrichat au Mali : l’ONU demande une enquête, l’armée dénonce une guerre psychologique

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Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a appelé à l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante après la diffusion de vidéos montrant l’exécution présumée de soldats maliens capturés lors de l’embuscade de Tabrichat, survenue le 18 juillet dans la région de Gao. De son côté, l’État-major général des armées maliennes dénonce une campagne de guerre psychologique menée, selon lui, par des groupes armés terroristes et leurs relais médiatiques à travers la diffusion de ces images.

L’embuscade de Tabrichat, survenue dans le cercle de Bourem, continue de susciter des réactions sur le plan national et international. L’attaque visait un convoi parti d’Anéfis à destination de Gao. Elle a été revendiquée par le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA).

Selon plusieurs sources sécuritaires et communautaires, une cinquantaine de militaires maliens auraient perdu la vie lors de cette attaque, certains dans les combats et d’autres après leur capture. Des soldats restés à l’arrière du convoi après l’ensablement de leur véhicule auraient été capturés avant la diffusion de vidéos les montrant.

Cette attaque intervient dans un contexte sécuritaire marqué par la poursuite des affrontements dans le nord du Mali. Les régions de Gao et de Tombouctou restent notamment le théâtre d’opérations militaires et d’actions de groupes armés, dans un environnement où la bataille de l’information occupe également une place importante.

L’ONU demande une enquête indépendante

Le porte-parole du HCDH, Thameen Al-Kheetan, a rappelé que tuer, torturer ou maltraiter des personnes hors de combat constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire. L’organisation onusienne souligne que les combattants capturés ou ayant cessé les hostilités doivent bénéficier d’une protection et d’un traitement humain.

Le HCDH a appelé à l’identification des responsables présumés, à leur traduction en justice ainsi qu’à des réparations pour les victimes et leurs proches.

L’appel des Nations unies intervient après la diffusion de ces vidéos sur les réseaux sociaux, qui ont provoqué de nombreuses réactions et relancé les discussions sur le respect du droit international humanitaire dans les zones de conflit.

Bamako dénonce une campagne de guerre psychologique

Dans un communiqué, l’État-major général des armées maliennes a réagi à la diffusion de ces images. Sans nier la gravité des faits rapportés, l’institution militaire affirme que de tels actes, s’ils étaient établis, engageraient la responsabilité pénale de leurs auteurs devant les juridictions compétentes.

L’État-major dénonce toutefois une instrumentalisation de ces images par les groupes armés terroristes et leurs relais médiatiques. Il estime que ces groupes, qu’il présente comme « en perte de vitesse sur le terrain », cherchent à travers cette diffusion à influencer l’opinion publique dans le cadre d’une campagne de guerre psychologique.

Pour les autorités militaires maliennes, cette diffusion d’images liées aux opérations constitue un volet de la bataille de l’information qui accompagne désormais les affrontements sur le terrain. L’État-major appelle ainsi les médias et les relais d’opinion à faire preuve de prudence, de discernement et de responsabilité dans le traitement de ces contenus.

L’armée malienne a également rendu hommage aux militaires tombés dans l’accomplissement de leur mission ainsi qu’aux populations civiles victimes des violences. Elle a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses opérations sur l’ensemble du territoire national.

Oumarou Fomba

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