Sur rapport du Premier ministre, chef du Gouvernement, le Conseil des ministres malien a adopté, lors de sa session du 7 août 2026, un projet de décret portant approbation de la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et de son premier Plan d’actions, couvrant la période 2026-2028. Le texte consacre l’approbation de cette stratégie et ouvre la voie à sa mise en œuvre, selon le communiqué officiel du Conseil des ministres.
Cette adoption fait suite à une communication écrite présentée dès la session du 25 juin 2026, au cours de laquelle le Conseil des ministres avait pris acte des orientations de cette stratégie. Selon Bamada.net, l’adoption du décret marque le point de départ d’une nouvelle phase, en donnant un cadre institutionnel à cette politique et en ouvrant la voie à la mise en œuvre des actions prévues dans les prochaines années.
Une approche centrée sur la protection de l’enfance
La stratégie vise à contribuer à la réduction durable de la mendicité, en particulier celle qui touche les enfants, à travers une approche préventive, protectrice et inclusive, centrée sur la dignité humaine, l’intérêt supérieur de l’enfant et la responsabilisation des acteurs familiaux, communautaires et institutionnels.
D’après le communiqué du Conseil des ministres du 25 juin 2026, relayé notamment par Kaweru Infos, le phénomène de la mendicité a connu, ces dernières décennies, une évolution préoccupante dans les centres urbains et semi-urbains du pays, tendant à devenir un moyen de subsistance pour des ménages en difficulté. Le Gouvernement souligne ses répercussions sur la protection de l’enfance, la cohésion sociale, le développement humain et, plus largement, la stabilité nationale.
Le dispositif s’articule notamment autour de la promotion d’alternatives socio-économiques et de la réinsertion des personnes vulnérables, du renforcement de la responsabilité parentale, ainsi que de l’encadrement des écoles coraniques et de l’intégration progressive de l’enseignement religieux dans le système éducatif national, selon des précisions apportées par Mali 24. Le coût global du Plan d’actions 2026-2028 et son calendrier détaillé n’ont pas été précisés à ce stade.
Un ancrage dans les politiques nationales de développement
Selon Bamada.net, cette stratégie s’inscrit dans le cadre de la vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033, ainsi que des politiques nationales relatives à la protection sociale, à la protection de l’enfant et à la prévention de l’extrémisme violent. Elle sera mise en œuvre à travers des plans d’actions successifs, dont le premier couvre la période 2026-2028.
Le phénomène est jugé suffisamment préoccupant pour être qualifié, par plusieurs observateurs cités par la presse malienne, de question de sécurité nationale, notamment en ce qui concerne l’exploitation d’enfants dans la mendicité. Le rôle des autorités religieuses, en particulier du Haut Conseil islamique et de ses associations membres, est également évoqué comme un enjeu de la mise en œuvre de cette stratégie.
F. Togola
