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Mines : après deux ans de gel, le Mali relance dix permis de recherche d’or et de lithium

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Le gouvernement malien a approuvé le renouvellement de dix permis de recherche d’or et de lithium au profit de six sociétés. Une décision qui marque une nouvelle étape dans la reprise du traitement des titres miniers après plus de deux ans de suspension.

Après plus de deux ans de gel, le cadastre minier malien recommence à bouger. Le Conseil des ministres a adopté dix décrets portant renouvellement de permis de recherche d’or et de lithium détenus par six sociétés opérant notamment dans les régions de Kayes, Sikasso et Koulikoro. Les autorisations concernent sept premiers renouvellements et trois deuxièmes renouvellements. 

Sur rapport du ministre des Mines, Pr Amadou Kéïta, le Conseil des ministres a adopté dix projets de décret portant renouvellement de permis de recherche d’or, de lithium et de substances minérales du groupe 2, au bénéfice de six sociétés opérant dans plusieurs cercles des régions de Kayes, Sikasso et Koulikoro. Sept décrets concernent un premier renouvellement de permis d’or attribués aux sociétés Lili SARL, L’Horizon SARL, Faya Mining SARL et Cora Resources Mali SARL, sur des périmètres situés à Badjila (cercle de Kangaba), Téguéré-Ouest et Lofiné (cercle de Kadiolo), Babara-Sud et Diatissan-Sud (cercle de Kéniéba), Dialakoroba-Soundougou (cercle de Bougouni) et Sanankoro II (cercle de Kangaba). Trois autres décrets portent sur un deuxième renouvellement, au bénéfice d’Intermin Lithium SARL pour ses permis de lithium de Faraba (cercle de Bougouni) et de Gouna (cercle de Kolondiéba), ainsi que de Tropical Gold du Mali SARL pour son permis d’or de Kangaré (cercle de Yanfolila).

Des permis débloqués après plus de deux ans de suspension

Ces dix titres avaient tous été affectés par la suspension générale du traitement des demandes relatives aux titres miniers, décrétée le 28 novembre 2022 par le gouvernement de la Transition dans le cadre d’un vaste chantier d’assainissement du cadastre minier national. Cette mesure, restée en vigueur jusqu’à sa levée partielle le 15 mars 2025, avait gelé pendant plus de deux ans l’ensemble des demandes de renouvellement, d’attribution et de cession de titres miniers, le temps pour l’administration de reprendre le contrôle d’un cadastre jugé jusque-là insuffisamment maîtrisé. Depuis la levée partielle de mars 2025, seules les demandes de renouvellement, de passage de la recherche à l’exploitation et de cession de permis d’exploitation peuvent de nouveau être déposées et traitées, l’attribution de nouveaux titres demeurant pour sa part toujours suspendue.

Le Conseil des ministres a précisé que les travaux de recherche menés par les six sociétés concernées avaient mis en évidence plusieurs anomalies géologiques justifiant la poursuite des activités d’exploration sur leurs périmètres respectifs. Conformément au code minier de 2023, les permis ayant fait l’objet d’un premier renouvellement sont désormais prolongés pour une nouvelle période de trois ans, renouvelable une fois, tandis que ceux bénéficiant d’un deuxième renouvellement pourront poursuivre leurs travaux en vue, à terme, de la découverte de gisements économiquement exploitables.

Une consolidation progressive du cadre minier malien

Cette série de renouvellements s’inscrit dans la continuité des grands chantiers engagés par le gouvernement de la Transition depuis l’adoption du nouveau code minier en août 2023, lequel a porté à 35 % la participation possible de l’État et des acteurs locaux dans les projets miniers et renforcé les obligations fiscales des opérateurs. Après une phase de reprise en main marquée par l’annulation, fin octobre 2025, de plus de 90 permis d’exploitation jugés non conformes, puis par la résolution, à travers le renouvellement pour dix ans du permis de la mine de Loulo en février dernier, du différend qui opposait l’État malien au groupe canadien Barrick, le traitement de ces dix nouveaux dossiers de recherche illustre la normalisation progressive des relations entre l’administration minière et les opérateurs présents sur le territoire national.

Le volet lithium de cette série de décrets confirme par ailleurs l’intérêt continu porté par le Mali à cette filière minérale stratégique, alors que le pays a vu naître ces dernières années sa première production commerciale de lithium, avec la mise en service de la mine de Goulamina. Les deux permis de recherche renouvelés au profit d’Intermin Lithium, dans les cercles de Bougouni et de Kolondiéba, se situent dans cette même région du sud du pays où se concentre l’essentiel du potentiel lithinifère malien identifié à ce jour. 

Pour l’or, qui représente à lui seul l’essentiel des recettes d’exportation du pays, la poursuite des travaux de recherche sur ces sept nouveaux périmètres pourrait, à terme, alimenter le pipeline de futurs projets d’exploitation, dans un secteur où le gouvernement cherche désormais à conjuguer attractivité pour les investisseurs et maîtrise renforcée de ses ressources naturelles.

A.D

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