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Le président de la Transition reçoit le rapport du Forum de Ségou sur la relance économique du Mali.
A la Une

Forum de Ségou sur la relance économique du Mali : un cap vers l’émergence

by Sahel Tribune 8 janvier 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le lundi 8 janvier 2024, le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a présidé la remise du Rapport du Forum national sur la relance économique du Mali. Un moment décisif pour faire du Mali un pays émergent, impulsant un développement endogène. Cet article explore les recommandations cruciales formulées lors du Forum de Ségou, mettant en avant la nécessité d’une synergie entre le secteur privé et l’État pour assurer un avenir prospère.

Sous les auspices du Président Goïta, le Forum national sur la relance économique du Mali, tenu à Ségou les 30 et 31 mars 2023, s’est révélé être bien plus qu’une tradition décennale. Mandjou Simpara, Président de la Chambre du Commerce et d’Industrie du Mali, exprime sa gratitude, soulignant l’importance de cette initiative pour garantir un développement durable, ancré dans la sécurité et l’autonomie économique du Mali.

Le Forum de Ségou pour lever les barrières de l’agriculture vivrière

Le rapport du Forum de Ségou révèle une ambition cruciale : la transition de l’agriculture vivrière vers l’agriculture industrielle. Les participants plaident pour une implication accrue du secteur privé, au cœur des solutions proposées. La nécessité d’un accompagnement étatique se fait ressentir, avec une attention particulière sur le renforcement des ressources humaines. Les propositions touchent également le secteur minier, visant à faciliter la distribution des produits. Le Forum met l’accent sur des stratégies d’exécution pour concrétiser ces recommandations, alimentant l’espoir d’un développement rapide et durable.

Moussa Alassane Diallo, ministre de l’Industrie et du Commerce, rappelle l’embargo économique en 2022, soulignant la résilience de l’économie malienne. Il salue le leadership du Président Goïta, déterminant un nouveau cap. La souveraineté du Mali repose sur un développement endogène, clé pour surmonter les défis. Le ministre appelle à une synergie entre le secteur privé et le commerce, soulignant que les importations ne mènent pas au développement. Les nombreuses initiatives du Chef de l’État pour la relance économique, ainsi que les recommandations du Forum, démontrent la volonté du Mali de tracer sa voie vers l’émergence.

L’année 2024 : des défis et des opportunités 

L’année 2024 s’annonce cruciale, avec la promesse d’exploiter pleinement les potentialités du pays. Le ministre exhorte à une collaboration intensive entre les acteurs du commerce et de l’industrie pour propulser le Mali vers l’émergence. Un appel à l’action et à la coopération qui résonne au-delà des frontières nationales, incitant les décideurs mondiaux à soutenir cette ambition. Le rapport du Forum national constitue une feuille de route, un « outil de développement » qui guidera le Mali vers des horizons économiques prometteurs.

La cérémonie s’est conclue par la remise du rapport au Chef de l’État, symbolisant l’engagement envers la concrétisation des propositions formulées. La photo de famille, immortalisant ce moment historique, symbolise l’unité et la détermination des acteurs économiques du Mali. En cette période d’incertitude mondiale, le Mali affiche sa volonté de s’affirmer économiquement, comptant sur son leadership politique et l’implication du secteur privé. 

Les citoyens maliens et ceux du Sahel, tout comme les décideurs mondiaux, sont invités à se rallier à cette vision audacieuse. Le Forum national sur la relance économique du Mali ouvre la voie vers un avenir économique prometteur, marqué par la coopération, l’autonomie, et le dynamisme d’un pays déterminé à émerger au plus haut niveau.

Oumarou Fomba 

8 janvier 2024 0 comments
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Idrissa se retrouve en prison en raison de la corruption. Les barreaux de la prison.
A la UneÉchos d'amour

[ Storytelling ] Corruption au Mali : la chute d’un bienfaiteur

by Chiencoro 7 janvier 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans le tumulte de la vie d’Idrissa, du ministère des Finances à la direction d’une grande banque, la corruption a tissé son chemin, transformant un bienfaiteur en paria. Plongeons dans ce récit fictif captivant, entre humanisme, trahison et les conséquences dévastatrices de la corruption.

Imaginez une vie qui bascule du jour au lendemain. Idrissa, autrefois conseiller technique au ministère des Finances, a gravi les échelons pour devenir Directeur général d’une grande banque. Cependant, derrière cette ascension se cache une histoire de corruption, de déchéance sociale, et de la douloureuse réalité des ravages causés par l’appât du gain.

Les racines de la corruption

Idrissa, adulé dans son village après avoir généreusement soutenu ses proches, voit sa vie chuter brutalement avec le changement ministériel. Ses bienfaits sont vite oubliés, et il se retrouve sans emploi, vidé de son prestige. D’enfant béni, il se trouve être l’enfant maudit.

La perte de son emploi et de son prestige a eu un impact profond sur la mentalité d’Idrissa. Il se sentait humilié et rejeté. Il avait le sentiment de ne plus avoir de valeur.

La frustration et la colère l’ont rongé. Il se sentait perdu et désemparé. Il ne voyait pas comment il pourrait retrouver sa position sociale et sa vie d’avant.

Dans son désarroi, Idrissa a été attiré par la corruption. Il a vu la corruption comme une solution à ses problèmes. Il pensait qu’en s’enrichissant rapidement, il pourrait retrouver son prestige et sa place dans la société.

Le nouveau poste de Directeur général offrait à Idrissa une opportunité de s’enrichir illégalement. Il surfacture, détourne des fonds, et bâtit un empire personnel où seule compte sa famille. Mais cette fortune éphémère ne fait que masquer la solitude grandissante.

La corruption a également affecté la communauté dans laquelle vivait Idrissa. Les gens se méfiaient de lui. Ils le voyaient comme un homme corrompu qui n’hésitait pas à profiter des autres.

La chute inéluctable

La roue tourne pour Idrissa lorsqu’un accident de travail le laisse vulnérable. Son remplaçant, son adjoint, découvre ses malversations, mettant fin à sa carrière et exposant ses actes illicites. Incarcéré, ses biens saisis, Idrissa est abandonné de tous, même de ceux qu’il avait aidés. Sa réputation de bienfaiteur est éclipsée par celle d’un voleur. La chute est brutale, laissant derrière lui une famille démunie et une communauté déçue.

Aujourd’hui, Idrissa, jadis bienfaiteur, paie le prix de sa corruption. Ses erreurs ont laissé un village déçu et une famille brisée. Aucun de ses proches ne reconnait sa responsabilité dans sa chute.

La lutte contre la corruption, une responsabilité partagée

L’histoire d’Idrissa est une tragédie humaine qui montre les conséquences dévastatrices de la corruption. Elle nous rappelle que la corruption ne fait pas de distinction de statut social ou de loyauté familiale. Elle peut détruire des vies et des communautés entières.

La lutte contre la corruption est une responsabilité qui incombe à chacun d’entre nous. Nous devons tous faire des choix éthiques et refuser de nous laisser corrompre. Nous devons également soutenir les institutions qui luttent contre la corruption.

L’histoire d’Idrissa nous enseigne que l’honnêteté et la compassion sont les véritables richesses. Elles sont plus durables que la richesse matérielle et elles contribuent à la construction d’une société plus juste et plus équitable.

Chiencoro Diarra 


Idrissa est un nom d’emprunt.

7 janvier 2024 0 comments
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La confirmation de la condamnation d'Ousmane Sonko pourrait remettre en cause sa candidature pour la présidentielle de février 2024.
A la UnePolitique

Confirmation de la condamnation d’Ousmane Sonko : ses implications pour la présidentielle

by Sahel Tribune 5 janvier 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La Cour suprême du Sénégal a récemment confirmé la condamnation d’Ousmane Sonko pour diffamation, remettant ainsi en question son éligibilité à l’élection présidentielle imminente. Cette décision a des implications majeures pour le pays et suscite des débats passionnés parmi les citoyens. Candidature d’Ousmane Sonko.

Jeudi 4 janvier, la Cour suprême a rendu son verdict confirmant la condamnation d’Ousmane Sonko à six mois de prison avec sursis pour diffamation envers le ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang. Cette décision a des répercussions cruciales sur la participation de l’opposant à l’élection présidentielle de février. Malgré l’espoir de sa défense pour une contre-attaque, l’avenir politique d’Ousmane Sonko semble de plus en plus incertain.

Les enjeux de la condamnation 

La confirmation de la condamnation d’Ousmane Sonko soulève des questions cruciales sur sa candidature pour la présidentielle de février. Selon le code électoral, cette condamnation le rendrait inéligible pour cinq ans, remettant en cause sa candidature. Les avocats de Sonko avaient plaidé en faveur d’une cassation de l’arrêt de la cour d’appel, mais la Cour suprême a maintenu la sentence. Cette décision pourrait avoir des implications profondes sur le paysage politique sénégalais et suscite des préoccupations parmi les citoyens et les observateurs internationaux.

À la sortie de l’audience, les avocats d’Ousmane Sonko expriment leur déception malgré les réquisitions favorables de l’avocat général. La défense maintient toutefois son espoir en une contre-attaque, citant des articles du Code pénal qui pourraient offrir une marge de manœuvre. Les proches de Sonko demeurent combatifs, dénonçant une persécution politique visant à éliminer le leader de l’opposition. Malgré la condamnation, ils affirment la validité de la candidature d’Ousmane Sonko et prévoient des actions à mener pour contester la décision de la Cour suprême.

Incertitudes autour de la candidature d’Ousmane Sonko

Alors que le Conseil constitutionnel publiera la liste définitive des candidats le 20 janvier, l’avenir politique d’Ousmane Sonko demeure incertain. La condamnation pour diffamation et les récentes accusations de « corruption de la jeunesse » soulèvent des questions sur la légitimité de la candidature d’Ousmane Sonko. Malgré les obstacles, les partisans de Sonko restent convaincus de sa participation à la course présidentielle, alimentant un climat d’incertitude et de tension politique au Sénégal.

La confirmation de la condamnation d’Ousmane Sonko marque un tournant majeur dans la course présidentielle sénégalaise. Alors que les partisans de Sonko restent déterminés, la décision de la Cour suprême crée une atmosphère d’incertitude quant à l’avenir politique du leader de l’opposition. Les accusations de diffamation et de corruption ajoutent une complexité supplémentaire à une situation déjà tendue. 

En attendant la publication de la liste définitive des candidats par le Conseil constitutionnel le 20 janvier, le Sénégal retient son souffle, se demandant si Ousmane Sonko pourra défier les obstacles juridiques et politiques pour concourir à la plus haute fonction de l’État. Les regards du monde entier se tournent vers cette nation ouest-africaine, où les enjeux électoraux et les luttes politiques façonnent l’avenir d’une nation en quête de stabilité politique.

Oumarou Fomba 

5 janvier 2024 0 comments
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Promotion de l'écriture féminine. La présidente du Réseau des écrivaines maliennes et de la diaspora (RFEMD) s'exprime.
Actu

Rencontre littéraire au féminin : la 4e célébration de l’écriture féminine par le RFEMD

by Bakary FOMBA 5 janvier 2024
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le samedi 30 décembre 2023, la Galerie Rama Design de Quinzambougou a accueilli la cérémonie de la 4e édition de la célébration de l’écriture féminine.

Après le succès de la 3e édition en 2022, le Réseau des écrivaines maliennes et de la diaspora (RFEMD) a célébré le 30 décembre 2023 la 4e édition de l’écriture féminine au Mali. Cette édition, axée sur la paix, la cohésion sociale et l’insertion sociale des femmes, a offert un moment de rencontre et d’échange entre les écrivaines et leur lectorat.

Ouvrage collectif pour promouvoir l’écriture féminine

Organisée annuellement par le RFEMD, la célébration de l’écriture féminine se veut un rendez-vous privilégié pour les écrivaines et leur public. Elle comprend des remises de distinctions, des expositions, des ventes (dédicaces), des cafés littéraires, ainsi que des remises de chèques et/ou de bourses.

Oumou Armand Diarra, présidente du Réseau des femmes écrivaines du Mali et de la diaspora, souligne l’importance de cette cérémonie pour « l’insertion de plusieurs femmes dans la communauté » dans un contexte où la paix, l’entente et la cohésion sociale sont cruciales.

Pour Salimata Togora, écrivaine malienne, cette journée revêt une signification particulière en favorisant la « promotion des écritures féminines ». Elle considère cet événement comme un « espace important qui mérite d’être encouragé ».

La 4e édition a mis l’accent sur la paix et la cohésion sociale à travers un ouvrage collectif traitant de ces thématiques. Cet ouvrage, composé de poèmes, d’essais, de récits et de lettres, donne la parole aux femmes, principales victimes de la guerre au Mali depuis plus d’une décennie.

Rôle des femmes dans la promotion de la paix

Le RFEMD, axé sur la promotion des femmes du Mali à travers l’édition, la publication, la diffusion et la distribution des œuvres littéraires, démontre sa détermination à faire des femmes des actrices reconnues et incontournables du rayonnement littéraire du Mali. Cette 4e édition, bien que n’ayant pas choisi un thème spécifique, a permis aux écrivaines de partager leurs opinions sur le rôle des femmes dans la promotion de la paix, de la réconciliation et de la cohésion nationale.

Au programme de l’événement figuraient une exposition-vente et dédicaces de livres ainsi qu’un café littéraire. La cérémonie a également inclus la remise de chèques à des jeunes filles poursuivant leurs études dans des universités prestigieuses au Mali.

La 3e édition de la célébration de l’écriture féminine s’était déroulée le 17 décembre 2022, à l’Hôtel Salam de Bamako, sous le parrainage de Daouda Diakité, Directeur général de TechnoLab ISTA. Elle avait comporté des conférences-débats, des expositions et ventes de livres, des dédicaces, des rencontres avec les écrivaines, sous le thème : « Littérature, société en temps de crise ».

Présidée par Oumou Armand Diarra, présidente du réseau des écrivaines du Mali et de la Diaspora, cette édition avait été l’occasion pour les écrivaines du Mali et de la diaspora de promouvoir l’écriture malienne et de contribuer à la résolution de la crise à travers la littérature.

Bakary Fomba

5 janvier 2024 0 comments
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Ibrahim Harane Diallo
A la UneOpinion

[Interview] 2024 au sahel : regards critiques d’Ibrahima Harane Diallo

by Bakary FOMBA 5 janvier 2024
written by Bakary FOMBA 7 minutes read

Ibrahima Harane Diallo, chercheur à l’Observatoire sur la prévention et la gestion des crises et conflits, partage son analyse approfondie de la situation socio-politique au Sahel dans une interview exclusive accordée à Sahel Kunafoni. Il met en lumière les faiblesses institutionnelles des régimes de transition, les reculs des libertés d’expression, et les tendances communes dans les actions politiques des pays du Sahel. En évoquant les visions pour 2024, il souligne la continuité des initiatives politiques malgré les défis majeurs. Les priorités politiques, économiques et sociales des pays en transition, ainsi que l’avenir de l’Alliance des États du Sahel, sont également abordées. Concernant le message du Président de la Transition au Mali sur le retour à l’ordre constitutionnel en 2024, Ibrahima Harane Diallo exprime des réserves, mettant en avant des préoccupations liées à la sécurité, au calendrier, et à la concrétisation des actions annoncées.

Sahel Kunafoni : quelle lecture faites-vous de la situation socio-politique, en termes de bilan, des pays du Sahel ?

Ibrahima Harane Diallo : Il est important de rappeler que la situation sociopolitique dans les états du Sahel, notamment ceux de l’AES, tels que le Mali, le Niger ou encore le Burkina Faso, présente pratiquement les mêmes caractéristiques et les mêmes indicateurs. Il y a un certain mimétisme en termes d’actions politiques posées par les gouvernements de ces pays.

La situation politique est caractérisée d’abord par l’intervention des militaires dans l’arène politique, dans le système politique, qui se sont donnés comme priorité de remettre en cause tout le cadre politique et stratégique entre ces pays et la France.

D’autres structures occidentales, comme les opérations militaires Takuba, la francophonie, ont également été touchées par cette vision, ainsi que des organisations régionales au niveau de l’Union européenne. Ces situations politiques se caractérisent aussi, dans certains pays du Sahel, par la remise en cause des cadres de coopération diplomatique. 

Ces régimes politiques se caractérisent également par une certaine faiblesse d’exercices institutionnels, par la simple raison que ce sont des régimes de transition qui ne sont pas dotés, par exemple, d’assemblées législatives ou parlementaires légales. Il faut noter que ce sont quand même des organes législatifs qui se sont mis en place avec la bénédiction de ces militaires. Ce qui fait que ces structures ne parviennent pas à jouer réellement leur rôle en matière de contrôle des actions gouvernementales ou encore en matière de remise en cause de ces actions. Cet aspect constitue une variable qui a donné une sorte de carte blanche à l’exécutif en matière d’action et de conduite. 

Que reprochez-vous encore à ces régimes ?

On note également un recul des libertés, notamment des libertés d’expression. Il suffit d’analyser tout simplement, de prendre en compte de nombreuses arrestations, notamment des journalistes ou encore des leaders politiques dans ces pays. Certains qui ont fini par choisir le chemin de l’exil. 

De plus en plus, des initiatives se prennent en termes de rappel au retour à l’ordre constitutionnel. Au Mali aussi bien qu’au Burkina Faso, déjà, des initiatives politiques se prennent de plus en plus dans ce sens. D’ailleurs, le Burkina Faso fait face de plus en plus à des coups d’État manqués depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir. Ce sont des signes qui montrent aujourd’hui qu’une partie importante des acteurs sociopolitiques de ces pays aspirent à un retour à l’ordre constitutionnel. 

En définitive, ces situations politiques, ces cadres politiques incarnent le renouveau en termes d’orientation, en termes de stratégie. Cependant, la question qu’on se pose est de savoir jusqu’où ira ce renouveau, cette dynamique. Ce renouveau résistera-t-il aux pressions ou encore aux initiatives de contestation du front politique au niveau de ces pays ? 

Au-delà du discours souverainiste et patriotique, il est important de rappeler l’intégration des leaders syndicaux dans le système institutionnel, ce qui a contribué à apaiser le front social. Cependant, jusqu’où ces stratégies vont résister à l’épreuve du temps. C’est la principale question qui se pose.

Alors quelles visions pour l’année 2024 ?

Il est certain que les régimes transitoires maintiendront leur dynamique actuelle, sans prévoir d’évolution particulière ou significative. Les initiatives politiques et stratégiques seront poursuivies dans la voie déjà enclenchée, malgré les défis considérables auxquels ils font face. Une inquiétude subsiste cependant quant à la pression croissante du front politique. 

À la longue, l’année 2024 sera caractérisée par des actions politiques visant à renforcer le cadre régional, notamment l’Alliance des États du Sahel (AES). Des rencontres stratégiques entre les Premiers ministres des pays de cette Alliance, comme celle récemment tenue à Niamey, indiquent que des initiatives importantes seront prises pour renforcer cet outil au niveau régional. 

Il est également prévu de renforcer les piliers des transitions en cours, avec une observation croissante d’une moindre volonté des régimes transitoires de quitter le pouvoir en faveur de l’organisation d’élections. Ainsi, des actions politiques et stratégiques visant à consolider leur maintien au pouvoir devraient être intensifiées tout au long de l’année 2024.

Quelles doivent être les priorités politiques, économiques et sociales de ces pays ?

Pour les régimes de transition, la priorité doit être principalement les aspects politiques. Il faut souligner que les transitions ne devraient pas perdurer, car les grandes questions sociales et économiques nécessitent des gouvernements légaux et démocratiques avec des institutions légitimes. La priorité politique principale devrait être le retour à l’ordre constitutionnel, comme récemment souligné par le Président malien de la transition dans son message à la nation. Toutes les initiatives et tous les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif doivent être mis en œuvre. Les transitions de 4-5 ans sont déjà trop longues.

Au-delà des questions politiques, une autre priorité pour l’année 2024 est le renouveau diplomatique dans les pays du Sahel. La diplomatie actuelle des régimes de transition est axée sur la contestation et la protestation. Il est impératif de passer d’une diplomatie de crise à une diplomatie de développement. L’idée est de renforcer le cadre de coopération économique, tant avec les pays voisins qu’au niveau régional et international. Les difficultés économiques actuelles nécessitent une coopération accrue sur le plan régional et international pour trouver des solutions durables aux défis économiques rencontrés par ces pays.

Quel avenir pour l’Alliance des États du Sahel (AES) ?

Concernant l’avenir de l’AES, l’Observatoire avait des réserves sur le choix de créer une nouvelle organisation de défense et de sécurité au lieu de capitaliser sur les acquis du G5 Sahel. Plus d’un an après la signature du pacte Kaki, les résultats concrets sur le terrain sont limités, et les actions restent essentiellement politiques et diplomatiques. 

Des inquiétudes subsistent quant à la capacité de l’AES à fonctionner efficacement, notamment en raison des difficultés économiques auxquelles les États membres font face. Les dispositions de la charte de l’AES, telles que l’exclusivité des contributions financières des pays membres et la prise de décision à l’unanimité, pourraient entraver son efficacité.

Au Mali, le Président de la Transition rassure de la poursuite des efforts en 2024 pour un retour apaisé et sécurisé à l’ordre constitutionnel. Comment avez-vous reçu cette assurance ?

Par rapport au message du Président concernant le retour à l’ordre constitutionnel, il n’a pas surpris, mais des inquiétudes subsistent. Les termes utilisés, « retour sécurisé et apaisé », manquent de clarté quant au niveau de sécurité requis et au coût associé. Les actions prévues, telles que la mise en œuvre d’un cadre de dialogue, suscitent des questions sur la durée et les moyens nécessaires. La prudence est de mise, et l’assurance du Président doit être évaluée en fonction des actions concrètes entreprises par la transition.

Propos recueillis et retranscrits par Bakary Fomba 

Source: Sahel Kunafoni

5 janvier 2024 0 comments
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Un drone TB2 en opération depuis les airs.
A la UneAnalyses

Des ailes pour la liberté : le rôle crucial des drones dans la reconquête malienne

by Chiencoro 4 janvier 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Au-delà des vents de victoire soufflant sur le Mali, une révolution discrète mais cruciale prend forme dans le ciel. Les drones, symboles d’une nouvelle ère sécuritaire, émergent comme des acteurs inattendus de la reconquête, tissant les fils d’une souveraineté nationale renforcée.

Le 14 novembre 2023, les rues du Mali résonnaient de clameurs de triomphe à la reprise de Kidal. Cependant, dans ce chapitre post-victoire, une transition complexe se dessinait, marquée par le départ imminent de la Minusma. C’est dans ce contexte tendu que les drones, jadis perçus comme des gadgets technologiques, se sont imposés comme les gardiens des cieux, façonnant une nouvelle réalité sécuritaire pour une nation déterminée à reprendre son destin en main.

Les Nations Unies semblaient prêtes à abandonner leurs camps, laissant derrière elles un vide de sécurité que l’armée malienne devait combler. Face à cette situation, les drones ont émergé comme les acteurs inattendus de cette nouvelle ère de sécurité nationale.

Les drones ne remplacent pas les soldats

Dans ce danse complexe de la transition vers l’autonomie, les drones ont pris la scène avec une efficacité avérée. Leur succès mondial, illustré par des exemples tels que le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie en 2020, a trouvé un écho fructueux au Mali. Les drones TB2, tels des héros modernes, ont anéanti chars et défenses aériennes, contribuant ainsi à la victoire azérie.  Les TB2 ont également été utilisés par les forces ukrainiennes pour attaquer des cibles russes, perturbant ainsi leur logistique et leur progression.

En Afrique subsaharienne, le Mali, le Niger, le Burkina Faso ont embrassé ces aéronefs sans pilote dans leur lutte contre les groupes djihadistes. Les Maliens, pleins d’admiration, réclament davantage de ces gardiens des cieux pour sécuriser leur patrie.

Le Général Alou Boï Diarra, maestro de l’armée de l’air, reconnaît la contribution majeure des drones tout en rappelant que, sans l’appui des soldats au sol, ces engins ne sont que des machines dépourvues de leur véritable puissance. Dans un combat rude, les troupes maliennes font preuve d’une détermination inébranlable, agissant avec les moyens du bord.

Les drones TB2, plumes de la sécurité réinventée

Au-delà des frontières militaires, l’intégration réussie des drones tisse des liens forts entre l’armée et la population. Les Maliens, témoins de cette révolution sécuritaire, s’impliquent davantage dans cette quête commune de stabilité.

En octobre 2023, le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a salué les cerveaux derrière ces drones – la société turque Baykar. Ce geste symbolique souligne l’importance de partenariats stratégiques dans la construction d’une souveraineté nationale robuste.

Dans cette dynamique de la renaissance sécuritaire malienne, les drones se dressent comme les sentinelles du ciel, propulsant le pays vers une ère où la sécurité est façonnée par ses propres mains. La nation malienne s’apprête à écrire un nouveau chapitre de sa destinée, avec les drones comme plumes de sa sécurité réinventée.

Chiencoro Diarra

4 janvier 2024 0 comments
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Remise de drones à l'armée de l'air dans le cadre de la modernisation de l'outil de défense.
A la UneSécurité

Remise de drones au Mali: les clés de la modernisation de la défense nationale

by Sahel Tribune 4 janvier 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le 4 janvier 2024, une cérémonie significative s’est déroulée au pavillon présidentiel de l’aéroport international Modibo Kéïta de Bamako-Sénou, sous la présidence du Colonel Assimi GOÏTA, Chef de l’État, Chef suprême des Armées. L’événement marquait la remise des clés de plusieurs drones de surveillance et de combat au Mali, de type TB2, symbolisant un pas en avant dans la modernisation des opérations de défense nationale.

Le 4 janvier 2024 restera gravé dans l’histoire du Mali, alors que le Chef de l’État, le Colonel Assimi Goïta, a présidé la cérémonie de remise de plusieurs drones à l’armée de l’air. Depuis les événements de la reprise de Kidal en novembre 2023, ces drones ont suscité l’admiration des Maliens, éveillant l’espoir d’une paix durable dans le pays. Dans ce contexte, le Général de brigade Alou Boï Diarra souligne leur rôle crucial dans la libération du territoire, dévoilant une réalité virtuelle, mais incontournable.

Le Général Alou Boï Diarra, Chef d’état-major de l’armée de l’air, met en lumière l’impact des drones sur la perception de la guerre par les Maliens. Les images des opérations diffusées à la télévision nationale donnent à voir un conflit modernisé. Toutefois, il insiste sur la nécessité de ne pas perdre de vue les sacrifices physiques des soldats sur le terrain. Ces drones, loin d’être des « robots tueurs », sont des outils qui dépendent du professionnalisme des forces armées maliennes. Le général évoque également les mécanismes inter-alliés du Sahel pour sécuriser les frontières communes.

Remise de drone: la régénération de l’armée malienne

Le Colonel Sadio Camara, ministre de la Défense et des anciens Combattants, souligne les résultats concrets obtenus en termes de sécurisation du territoire depuis le début de la transition au Mali. Cette période a été marquée par des investissements significatifs, tant humains que matériels, renforçant les capacités de défense du pays. Il évoque également le retrait des forces étrangères et le pari ambitieux du Président Goïta sur l’« appropriation nationale » des questions de sécurité.

« […] Capitalisant les avancées réalisées dans le cadre du processus de paix, et tirant les enseignements des défis qui demeurent, j’ai pris l’option de privilégier l’appropriation nationale du processus de paix, en donnant toutes ses chances à un dialogue direct inter-malien pour la paix et la réconciliation, afin d’éliminer les racines des conflits communautaires et intercommunautaires. », avait-il déclaré dans son adresse à la nation, le 31 décembre 2023. Un choix stratégique qui se matérialise par la remise de ces drones et qui, selon le ministre, offre des solutions maliennes aux problèmes maliens.

L’appel lancé aux « frères maliens égarés » pour rejoindre la république et contribuer au vivre-ensemble renforce l’idée d’une paix durable. Le ministre assure que les ennemis de la paix ne trouveront aucun répit.

Les drones, bien que virtuels dans leur apparence, incarnent la détermination des forces armées maliennes. Leur utilisation précise et la diplomatie sécuritaire mise en œuvre par le Président Goïta illustrent un engagement fort en faveur de la sécurité nationale. Le Mali, par le biais de solutions internes, trace la voie vers un avenir sécuritaire plus stable et résilient.

Oumarou Fomba

4 janvier 2024 0 comments
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