La société minière Bagama Mining a soumis à une consultation publique, mercredi, l’étude d’impact environnemental et social de son projet d’aérodrome privé, à cheval sur les communes de Nouga et Kaniogo. Un exercice réglementaire qui intervient un an et demi après un éboulement meurtrier survenu sur un site d’orpaillage artisanal voisin, dans la même localité de Kangaba.
C’est sous la présidence du préfet du cercle de Kangaba, Abou Dao, que s’est tenue, mercredi, la consultation publique consacrée à l’étude d’impact environnemental et social (EIES) du projet d’aérodrome privé porté par la société Bagama Mining SA, sur son site minier à cheval sur les communes rurales de Nouga et Kaniogo. La rencontre a réuni les maires des deux communes, des représentants d’associations et d’organisations de la société civile, ainsi que les forces de défense et de sécurité du cercle.
Réalisée par le bureau d’études Groupe d’experts pour le développement durable (GEDD), conformément au décret de 2018 régissant les études d’impact environnemental et social au Mali, l’étude vise à identifier les impacts du projet, à prévenir les risques de dégradation de l’environnement, à intégrer les enjeux climatiques et à définir des mesures d’atténuation et de suivi, en y associant les populations locales. Selon le chef de mission du GEDD, Tiémoko Coulibaly, l’infrastructure projetée comprendra une piste de 1 600 mètres de long sur 30 mètres de large, avec un prolongement d’arrêt de 60 mètres à chacune de ses extrémités. Des dimensions qui permettraient l’atterrissage d’avions de transport de taille moyenne, à l’usage de la desserte logistique du site minier.
Un gisement aurifère de taille modeste, mais stratégique par sa proximité avec Bamako
Bagama Mining SA exploite le gisement aurifère de Djinkolé, dans le cercle de Kangaba, présenté par l’entreprise comme la mine d’or la plus proche de la capitale malienne. Le projet, de taille modeste au regard des grands complexes miniers du pays, porte sur des réserves évaluées à 1,66 million de tonnes de minerai à une teneur moyenne de 2,7 grammes d’or par tonne, pour une production visée d’environ 32 000 onces par an. Comme plusieurs autres opérateurs miniers du pays, Bagama Mining avait vu ses activités suspendues à la suite de l’entrée en vigueur du nouveau code minier de 2023, avant de signer, en juillet dernier, aux côtés de Somika SA et de Faboula Gold, son adhésion au nouveau cadre réglementaire, ouvrant la voie à la reprise et à la poursuite de ses opérations.
Une consultation qui intervient après un accident meurtrier
Cette démarche de consultation publique prend un relief particulier au regard de l’histoire récente de la zone. Le 29 janvier 2025, un éboulement était survenu sur le site aurifère de Kokoyo, dans cette même commune de Nouga, sur des emprises associées à Bagama Mining, faisant douze morts, dont onze femmes et un enfant de deux ans, parmi des orpailleurs artisanaux présents sur le site. Le même préfet Abou Dao avait présidé, quelques jours plus tard, une cérémonie d’hommage aux victimes, tandis que les services sociaux avaient alerté sur des risques sanitaires et environnementaux liés à la contamination des sols et des eaux consécutive au drame. Le préfet avait par la suite ordonné l’arrêt des activités minières jugées irrégulières sur le secteur, dans le cadre d’une campagne plus large de lutte contre l’orpaillage illégal engagée par les autorités de la région de Koulikoro.
C’est dans ce contexte que la tenue d’une consultation publique en bonne et due forme, préalable à un nouvel aménagement sur le site, prend tout son sens. A l’issue des échanges de mercredi, les participants ont recommandé une large restitution des résultats de l’étude auprès des populations et une implication effective de celles-ci dans les différentes étapes d’aménagement et d’exploitation du futur aérodrome, dans un esprit de prévention que l’épisode de janvier 2025 a rendu, pour les habitants de Kangaba, particulièrement tangible.
Oumarou Fomba





