Le Conseil des ministres a adopté, vendredi, le décret fixant les modalités de la participation de l’État au capital de la société Mines de Kobada-S.A., qui portera le gisement aurifère de Kangaba exploité par le groupe australien Toubani Resources. Une officialisation réglementaire qui intervient alors que le chantier, déjà en construction, vise sa première production d’or au troisième trimestre 2027.
Sur rapport du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, le Conseil des ministres, réuni vendredi 28 août sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, a adopté un projet de décret fixant les modalités de la participation de l’État malien au capital social de la société Mines de Kobada-S.A. Cette société avait été créée pour porter l’exploitation du gisement aurifère de Kobada, dans le cercle de Kangaba, région de Koulikoro, à la suite de l’attribution à Toubani Resources Mali-SARL, filiale locale du groupe minier australien Toubani Resources, d’un permis d’exploitation d’or et de substances minérales du groupe 2.
Conformément au protocole d’accord conclu entre l’État malien et les deux sociétés, ainsi qu’aux dispositions du code minier de 2023, la participation de l’État et des investisseurs nationaux au capital de Mines de Kobada-S.A. est fixée à 35 %, se décomposant en une participation gratuite et non diluable de 10 %, une participation supplémentaire en numéraire de 20 %, et une part de 5 % réservée aux investisseurs nationaux. Le décret adopté confie la gestion de cette participation étatique à la Société du patrimoine minier du Mali (Somapim).
Un chantier déjà engagé, pour une mise en production en 2027
Cette officialisation réglementaire vient conforter un projet dont la construction a déjà débuté sur le terrain. Toubani Resources avait pris sa décision finale d’investissement en mars dernier, pour un montant total évalué à 216 millions de dollars, avant d’entamer les travaux de terrassement sur le site quelques semaines plus tard, en présence des chefferies traditionnelles des villages environnants. Selon les derniers points d’avancement communiqués par l’entreprise, le chantier mobilise désormais près de 500 employés et sous-traitants, et reste sur la trajectoire visant une première coulée d’or au troisième trimestre 2027, pour une production annuelle moyenne avoisinant 160 000 onces sur une durée de vie de mine estimée à neuf ans.
Avec des réserves globales estimées à 2,2 millions d’onces d’or, le gisement de Kobada, situé à environ 126 kilomètres au sud de Bamako, est considéré comme l’un des projets aurifères les plus prometteurs du sud du Mali, et l’un des plus accessibles économiquement grâce à la nature oxydée et peu profonde de son minerai, qui permet une exploitation à ciel ouvert à coûts réduits. Il rejoint ainsi la liste des grands projets miniers en cours de développement ou d’extension dans le pays, aux côtés du complexe Loulo-Gounkoto de Barrick, dont le permis a été renouvelé pour dix ans en février dernier, et de la mine de Fekola, où B2Gold poursuit un programme d’extension de sa capacité de production.
Une application méthodique du nouveau code minier
L’adoption de ce décret illustre la manière dont le gouvernement malien poursuit, projet après projet, la mise en œuvre concrète du code minier de 2023 et de la loi sur le contenu local qui l’accompagne, adoptés pour renforcer l’intégration du secteur minier à l’économie nationale et accroître la part des revenus extractifs captée par l’État. Après les renégociations menées avec les grands groupes internationaux déjà présents sur le territoire malien, ce texte formalise l’application du même cadre à un projet encore en construction, confirmant que la participation de 35 % de l’État (gratuite pour un tiers, payante pour le reste) s’impose désormais comme la norme pour l’ensemble des nouveaux projets miniers du pays, quelle que soit la nationalité de l’opérateur qui les porte.
Oumarou Fomba





