Le commandant Michel Lamah, du Groupement des forces spéciales, figure parmi les militaires radiés par décret présidentiel. Cet officier avait été l’un des visages du coup d’État du 5 septembre 2021, qui avait porté Mamadi Doumbouya au pouvoir.
Le président de la transition guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, a ordonné la radiation de 173 militaires des effectifs des Forces armées guinéennes, selon un décret lu lundi 24 août à la télévision nationale par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence de la République. La mesure, présentée par les autorités comme une sanction disciplinaire pour « désertion », touche des unités très diverses de l’armée et de la gendarmerie.
Selon la liste rendue publique, les militaires concernés appartiennent notamment au Groupement des forces spéciales (GFS), au Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), à plusieurs bataillons et compagnies d’infanterie territoriale ainsi qu’à des unités de la gendarmerie, dont des escadrons de gendarmerie mobile et d’intervention. Le décret indique s’appuyer sur les articles 24 et 25 du Statut général des militaires, qui encadrent les procédures de radiation en cas d’abandon de poste.
Parmi les noms figurant sur la liste, celui du commandant Michel Lamah, du Groupement des forces spéciales, a particulièrement retenu l’attention. Cet officier avait été l’un des visages les plus visibles du coup d’État du 5 septembre 2021, au cours duquel des militaires dirigés par le colonel Mamadi Doumbouya avaient renversé le président Alpha Condé. Des images le montrant au volant d’un véhicule transportant l’ancien chef de l’État, la tête ceinte d’amulettes traditionnelles, avaient alors largement circulé sur les réseaux sociaux.
Cinq ans après la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), cette vague de radiations marque l’une des mesures disciplinaires les plus importantes prises au sein de l’institution militaire guinéenne. Elle intervient alors que les autorités de la transition affirment régulièrement vouloir renforcer la discipline et le respect de la hiérarchie au sein des forces de défense et de sécurité, dans un contexte de réorganisation de l’appareil sécuritaire engagée depuis le coup d’Etat.
Sahel Tribune suit depuis plusieurs mois la reconfiguration des forces de sécurité guinéennes et les tensions autour de la gestion de l’après-coup. Le site avait notamment consacré plusieurs articles au rôle joué par les unités des forces spéciales dans la consolidation du pouvoir du CNRD.
Le changement du 5 septembre 2021, mené par des unités des forces spéciales, avait mis fin à onze années de pouvoir d’Alpha Condé, dont le troisième mandat controversé avait suscité une vive contestation. Jeune Afrique avait alors relaté en détail le déroulé des événements, marqués par des tirs nourris aux abords du palais présidentiel de Sékhoutouréya.
Les autorités guinéennes n’ont pas précisé si d’autres mesures, disciplinaires ou judiciaires, pourraient viser les militaires radiés, ni si le commandant Lamah entend contester cette décision. Sa radiation, intervenant cinq ans jour pour jour après les événements qui l’avaient fait connaître du grand public, est perçue par plusieurs observateurs locaux comme un signal supplémentaire de la marginalisation progressive de certaines figures de la première heure du CNRD.
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