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Tidiani Togola, CEO Tuwindi
A la UneExclusif

Tribune : « l’égalité aujourd’hui pour un avenir durable », comment y parvenir ?

by Sahel Tribune 10 mars 2022
written by Sahel Tribune 14 minutes read

À l’instar des autres pays membres des Nations Unies, notre pays, le Mali, a célébré le 08 mars de cette année 2022 dans un contexte particulier de crise politique et d’isolement par ses voisins et nombre de ses partenaires.

Le thème mondial de cette année « l’égalité aujourd’hui pour un avenir durable » plus que jamais rentre en droite ligne avec les préoccupations des braves femmes du Mali qui souffrent le martyr au quotidien et doivent aussi subir les conséquences directes de choix politiques de leadership, qui souvent, ne prennent pas assez en compte leurs attentes, leurs besoins !

L’année dernière, à la même période, j’insistais sur le rôle de premier plan que les femmes doivent jouer pour défendre leur cause et plus largement dans la vie publique.

L’égalité ne s’obtient que par un engagement indéfectible des femmes pour les femmes. Cet engagement sera la locomotive pour les autres acteurs qui, même souvent conscients de la nécessité d’un monde de visée égalitaire et d’équité, omettent d’agir comme tel.  L’essor de notre société s’est toujours fondé sur le rôle central que joue la femme. Nous nous devons de les accompagner et de les accepter.

Cela n’est point une chose facile, car nous devons bousculer certains de nos codes sociaux et culturels qui sont souvent des goulots d’étranglement aux droits de la femme, in fine, au respect de certains droits humains.

Respecter nos engagements légaux

Dans un contexte aussi complexe que le nôtre, comment parvenir à l’équité et l’égalité qui constituent, sans nul doute, un facteur majeur pour un avenir radieux et durable ?

Nous pouvons déjà commencer par respecter nos engagements légaux. Dans ce sens, la loi sur la prise en compte du genre doit être respectée. De sa promulgation à ce jour, les autorités successives peinent à mettre en œuvre la loi 052. Une loi qui, dans une logique de quota, permet d’accorder plus de places aux femmes dans l’administration publique et pour les postes électifs en leur allouant un quota de 30% des sièges. Cette loi a fait ses preuves en permettant d’avoir 42 femmes élues députées sur 147, soit 28,57%, lors des élections législatives de 2020.

Malheureusement, faute de son application générale, le gouvernement ne comptait que 22,22% de femmes ministres. Il faut noter que, dans la deuxième phase de transition au Mali, le taux de représentativité des femmes dans le Conseil National de la Transition est de 29,75% respectant pratiquement la loi sur le genre alors que celui du gouvernement de 25 membres est de 24,00% en déphasage avec la loi.

Une analyse générale de l’administration publique dans son ensemble est difficile faute de données fiables et actualisées. Une telle analyse nous aurait permis de montrer la part des femmes dans les postes de prise de décisions dans les services publics centraux et décentralisés.

Valoriser davantage le rôle des femmes

Le secteur privé devrait valoriser davantage le rôle des femmes au lieu de les réduire à un rôle publicitaire, les “chosifiant” par la même occasion ! Le défi de données fiables et actualisées se pose également dans le secteur privé formel et informel ! Dans ce dernier cas, nous pouvons présumer que l’économie informelle est fortement dominée par les femmes, mobilisées dans le petit commerce, les travaux domestiques, l’agriculture familiale et de plus en plus l’orpaillage.

La loi sur le genre devrait être revue afin de l’étendre au secteur privé et veiller à ce qu’elle prenne également en compte ce défi de données. Évidemment, il faut reconnaître les efforts déjà entrepris pour les statistiques sur les femmes et l’enfant, notamment à travers le Centre National de Documentation et d’Information sur la Femme et l’Enfant – CNDIFE – qui tente de produire régulièrement un annuaire statistique fortement dépendante des financements extérieurs et publié avec beaucoup de retard. À mon sens, le CNDIFE devrait être organisé et mieux doté en termes techniques et financiers pour qu’il conduise sa mission. Il faut une meilleure articulation avec les Cellules de Planification et de Statistiques des différents départements ministériels, l’Institut National de Statistique et le secteur privé. Le CNDIFE sera alors un pôle d’intelligence stratégique du genre pour le développement. 

Revoir le narratif religieux

Il est grand temps pour nous d’abandonner nos préjugés et valoriser les narratifs culturels et religieux en faveur de la Femme. À cet effet, une meilleure implication de nos gardiens de la culture, de l’histoire et les guides religieux devrait être assurée pour rappeler le rôle central des femmes au Mali et dans le combat panafricain contre l’injustice.

À ce niveau, me vient à l’esprit une femme d’exception parmi tant d’autres. La sage-femme Aoua Keita, brillante militante politique, 1ère député femme au Mali et syndicaliste au temps des décolonisations ayant joué un rôle central pour le Mali d’aujourd’hui. Elle a combattu l’injustice coloniale et défendu vigoureusement les femmes à une époque où peu d’hommes osaient défendre leurs droits. Elle a créé un syndicat des femmes ouvrières à Bamako en 1956, incarnant le leadership des femmes. Elle participe à la création de l’Union des Femmes du Soudan (UFS), dont le but est de défendre les droits des femmes. L’UFS sert alors de fondement à la création en juillet 1959 à Bamako de l’Union des Femmes d’Afrique de l’Ouest (UFOA), une organisation panafricaine.

De même, le Mali contemporain regorge de figures féminines extraordinaires. La Professeure Assa Sidibé TRAORE est une pionnière du diabète au Mali, première endocrinologue et première femme agrégée de médecine malienne, elle forme des centaine de jeunes médecins hommes et femmes, et sauve des milliers de vies durant sa carrière.

Sa consœur, la Professeure Rokia SANOGO, Docteur en Pharmacie, PhD Pharmacognosie ?, première femme Maître de conférences agrégée et Professeure titulaire du CAMES en Pharmacie au Mali, valorise la pharmacopée et fait ainsi le trait d’union entre la médecine conventionnelle et la médecine traditionnelle, valorisant ainsi dans une démarche scientifique des savoirs ancestraux en matière de santé.

Ma très chère et adorable épouse, Feu TOGOLA Hawa SEMEGA, Journaliste, spécialiste en sciences de l’éducation et défenseure des droits des femmes, est une véritable pionnière dans le domaine de la presse en ligne au Mali et le développement de contenus innovants adaptés à la jeunesse.

On pourrait en citer à ne pas finir ! Hier et aujourd’hui, ces figures féminines montrent que nous devons changer de narratif, et prêter l’oreille aux femmes, les accepter comme leaders pour avancer.

Le narratif religieux devrait aussi être revu. En effet, la femme est souvent présentée comme être inférieur à l’homme, pire, comme celle qui est à la base du pécher originel ! Or bien d’histoires montrent à la fois le caractère sacré de la femme et toute sa place dans la construction de l’Homme et de la société.

Selon une tradition authentique rapportée par Al-Bukhârî el Muslim, un homme demanda au Prophète Muhammad PSL par quatre fois “Qui, parmi les gens a, en priorité, le droit que je sois un bon compagnon pour lui?   Ta mère, le Prophète répondit trois fois, et une seule fois, Ton père”.

A ce sujet, Al-Qurtubî affirme qu’un enfant doit avoir trois fois plus d’amour et de compassion pour sa mère que pour son père. La grossesse est une période douloureuse et les mères risquent leur vie à chaque instant. Cette douleur bienveillante persiste chez la femme sous plusieurs formes tout au long de l’enfance et de la vie de ce bel enfant devenu adulte.

L’Église catholique reconnaît une égale dignité de l’homme et de la femme. L’apôtre Paul de Tarse dans l’Épître aux Galates rappelle l’égalité fondamentale de tous les baptisés en ces termes : « Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave ni homme libre ; il n’y a ni masculin ni féminin ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. ».

Dans notre société, le fondement et la nature profonde de la personnalité d’un enfant sont donnés par la mère. En fait, les mères ont plus d’influence sur les enfants que les pères jusqu’à l’adolescence. Je conviens que la société physique et celle connectée, et l’école pourraient interférer sur ce processus d’une manière ou d’une autre.

Ce rôle central de la femme dans la vie de l’Homme et de sa société doit nous mener à mettre un point d’honneur sur l’éducation des filles. L’énergie transformatrice de la femme instruite et convenablement éduquée profite directement à la société. L’éducation des filles et leur maintien à l’école doivent être obligatoires. L’État devrait jouer un rôle de premier plan et être intransigeant à cet effet. Il serait fort utile de mettre en place une politique conduisant les filles à adopter les filières scientifiques et techniques répondant aux besoins du marché de l’emploi.

Accompagner et faciliter l’émergence de leaders politiques féminins

La politique de discrimination positive envers les femmes a intrinsèquement un désavantage pour elles. En effet, elle donne le sentiment qu’elles (les femmes) peuvent avoir un avantage sans le mériter. Voilà pourquoi, il est préférable d’éviter de telle politique et de définir une approche basée sur le mérite et une préférence pour la femme dans un quota minimum représentative et satisfaisant les qualifications de la position (poste électif ou nominatif).

Notre pays gagnerait à accompagner et faciliter l’émergence de leaders politiques féminins.

En général, les femmes sont plus susceptibles de prendre en compte leurs familles et leurs communautés dans un processus de prise de décision, ce qui est essentiel pour développer des politiques et solutions d’intérêt général.

Par expérience, la gestion des collectivités par les maires femmes pose moins de problèmes au cours des audits administratifs et financiers que celle des hommes qui, souvent, finissent aux Arrêts. Est-ce qu’une femme aurait une meilleure éthique dans la gestion qu’un homme ? On pourrait être tenté de répondre que nous avons eu un nombre de femmes maires presque négligeable par rapport aux hommes. Cet argument, en plus d’être gênant, car mettant en exergue cette injustice sociale par son caractère exclusif des femmes, ne se justifie pas. Il y a eu un cas assez illustratif en terre malienne où un maire fut poursuivi pour détournement et remplacé par une femme. Cette dernière pendant le temps qu’elle passa à la tête de la mairie a fait accroître les revenus de la commune et restaurer la confiance des partenaires dans sa mairie.

Il pourrait être intéressant de réveiller ce leadership politique chez les femmes dès le bas âge au niveau de l’enseignement fondamental, puis mettre en place un dispositif d’éducation civique et politique pour les enfants. Dans cette approche, les filles doivent être mises en confiance et doivent diriger par alternance avec les garçons. Ce qui en plus d’ancrer une culture démocratique, fera adopter une culture politique décomplexée et sensible au genre par les enfants.

Les partis politiques doivent s’investir davantage pour faire émerger les femmes dans les positions de décisions au sein des bureaux nationaux et présenter si possible un nombre égal de candidatures féminines et masculines. Cette approche égalitaire ne doit se faire que sur la base du mérite. En effet, il n’est pas acceptable de sacrifier le mérite pour le nombre. C’est pourquoi, il est nécessaire d’assurer une formation en leadership politique et de confier des responsabilités publiques formatrices aux femmes.

Depuis bientôt 17 mois, nous sommes dans une transition politique pour le moins tumultueuse. Cette phase de la vie de la nation malienne est placée sous le signe de la refondation. Donc l’occasion pour repartir sur de bonnes bases. Dans ce sens, les femmes doivent être impliquées dans la prise de décision de manière sincère. Dans tous les cas, elles se doivent de prendre la parole par elles-mêmes et faire en sorte que leurs préoccupations soient prises en considération.

Nous sommes au bon moment pour faire passer, et à juste titre, la loi sur les violations basées sur le genre. En effet, les femmes sont quotidiennement victimes de violences physiques et morales à la maison, au travail et dans la rue. Elles n’ont point de répit ! En plus d’être martyrisées au quotidien, quand les défenseurs des droits des femmes se tiennent à côté d’elles pour réclamer une telle loi, des acteurs religieux et coutumiers leur obstruent l’accès à ce droit élémentaire. Combien de femmes devront-elles perdre la vie, la dignité et l’honneur pour leur permettre de comprendre le bien-fondé d’une telle loi ? Quand est-ce que l’État va-t-il enfin s’assumer ? En tout état de cause, les femmes n’obtiendront leurs droits qu’en se tenant debout et lutter sans gêne ni faux fuyant. Le premier pilier d’une société est fondé sur les femmes, leur refuser un droit aussi élémentaire revient à fonder un château sur une dune de sable mouvant tout en espérant qu’il ne s’effondrera pas.

« L’autonomisation économique des femmes est indispensable »

L’autonomisation économique des femmes est indispensable si nous voulons arriver à l’égalité. En effet, la dépendance pourrait créer des rapports de domination et accroître les violences sexistes.

Nous devons donc faire confiance et investir dans les entreprises féminines de toutes tailles. Dans le contexte malien, un accent doit déjà être mis sur l’accompagnement des petits et moyens exploitants intervenant dans la chaîne de valeur agroalimentaire (production, transformation, commercialisation).

Nous devons accroître la participation des femmes à la gestion des ressources naturelles. Cela conduira à une gouvernance plus juste et plus inclusive des ressources.

Selon un rapport de OHCHR, 55% des progrès réalisés en matière de sécurité alimentaire dans les pays en développement au cours des dernières décennies peuvent être attribués à des programmes qui favorisent l’autonomisation des femmes. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les agricultrices pourraient augmenter leurs rendements agricoles de 20 à 30 % si elles avaient un accès égal aux ressources productives. Cela fournirait suffisamment de nourriture pour empêcher 100 à 150 millions de personnes de souffrir de la faim et réduire la faim dans le monde de 12 à 17 %.

Il faut également accompagner les femmes dans leur processus de transition vers le digital. En effet, ce processus est incontournable pour toute entreprise. Il passe par le renforcement de compétences et la dotation en ressources digitales – équipement, logiciel etc.

La réussite dans les affaires relève d’un savoir-faire technique métier chevronné, de la confiance des investisseurs, d’une motivation et d’un moral à toute épreuve. Voilà pourquoi, il faut mettre en place un cadre d’assistance technique et financière pour l’entreprenariat féminin qui va définir et mettre en œuvre une stratégie pour accompagner techniquement et financièrement des femmes à exprimer leur potentiel entrepreneurial dans tous les secteurs économique – primaire, secondaire et tertiaire.

Dans une perspective de développement durable, Il faut passer d’un modèle économique basé sur l’épuisement à un modèle régénératif et circulaire. Les femmes peuvent jouer un rôle moteur dans cette transition.

Santé reproductive et sexuelle

La santé reproductive et sexuelle, et la santé de la mère et de l’enfant doivent être au cœur de nos préoccupations.

Chaque femme devrait avoir une bonne santé sexuelle et reproductive. Elle devrait pouvoir planifier ses grossesses, vivre ce moment en toute sécurité et donner vie en toute quiétude. Pour ce faire, il est nécessaire de mettre à la disposition des femmes dans un langage qui leur est accessible en fonction de leurs milieux, des informations précises sur les maladies sexuellement transmissibles, les méthodes de contraception, la reproduction. Elles doivent pouvoir choisir des méthodes contraceptives adaptées, sûres, efficaces, abordables.

Il est crucial que les femmes aient accès à des services qui peuvent les aider à avoir une grossesse optimale, un accouchement sécurisé et un bébé en bonne santé.

C’est affreux de constater que des femmes perdent la vie au cours de la grossesse ou encore en couche au Mali.

L’État devrait mettre en place un système d’audit des cas de décès maternel et infantile pour garantir que le médecin et le système dans lequel il opère ne commettent pas l’irréparable. En effet, la vie est sacrée, aucune erreur médicale ne devrait être acceptable et doit être sanctionnée à la hauteur de la faute selon la loi en vigueur.

Il va sans dire, que l’État doit réunir toutes les conditions pour garantir que les établissements de santé soient correctement dotés en ressources humaines et matérielles, assurant un plateau technique de haute qualité. Les praticiens médicaux doivent suivre régulièrement des formations continues. Un système de certification annuelle des établissements de santé devrait être mis en place pour autoriser la pratique de soins obstétriques par un établissement de santé.

Nous avons assez rêvé le monde égalitaire et d’équité, hommes et femmes, nous devons nous réveiller pour le réaliser de manière collégiale.

Tidiani Togola, CEO Tuwindi

10 mars 2022 0 comments
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Coordination Civilo-militaire
Sécurité

Situation humanitaire dans le Liptako Gourma : la coordination civilo-militaire, un impératif

by Sahel Tribune 10 mars 2022
written by Sahel Tribune 3 minutes read

En vue de renforcer la résilience des communautés et la sécurité humaine dans les pays du Sahel central, le bureau du haut-commissariat aux droits de l’homme en Afrique de l’Ouest (HCDH), le bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et la Coordination Civilo-militaire de l’action humanitaire de l’ONU (UN-CMCoord) ont organisé à Bamako, du 7 au 10 mars, une formation de renforcement des capacités sur la coordination civilo-militaire de plusieurs acteurs sur le terrain.

Les pays du Sahel central (Mali, Niger et Burkina Faso) ont en commun un climat de violences, lié à la crise sécuritaire, touchant à la fois les civils et les acteurs humanitaires. Un contexte qui a conduit au moins 410 000 personnes à se réfugier dans des pays voisins, selon l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

La coordination civilo-militaire au coeur d'une formation
La coordination civilo-militaire au coeur d’une formation à Bamako. ©Ocha Mali.

En raison de « l’interconnexion de la crise liée à l’accès humanitaire qui touche les pays du Sahel central, et dans le cadre du projet “ Liptako-Gourma ” », des réponses adaptées doivent être trouvées.

Renforcer la résilience des communautés

Des organisations humanitaires, notamment le Bureau du Haut-commissariat aux droits de l’homme en Afrique de l’Ouest (HCDH), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et la Coordination Civilo-militaire de l’action humanitaire de l’ONU, s’y sont engagées à travers des « formations diplômantes » sur la coordination civilo-militaire. Des formations respectivement au Mali, du 7 au 10 mars 2022 ; au Niger, du 14 au 18 mars 2022, puis au Burkina Faso.

Ainsi, ces organisations entendent renforcer les capacités des acteurs, mécanismes et structures sur le terrain face aux défis existants dans le domaine de la coordination civilo-militaire. Elles jugent important que tous les acteurs soient dotés d’une « connaissance et d’un langage communs de la coordination civilo-militaire ».

Formation sur la Coordination civilo-militaire
Formation sur la Coordination civilo-militaire. ©Ocha Mali.

Selon le représentant régional du HCDH en Afrique de l’Ouest, Andrea Ori, « l’objectif global de ce programme conjoint est de renforcer la résilience des communautés et la sécurité humaine face aux chocs environnementaux et climatiques, les menaces au Sahel, particulièrement au niveau des frontières ».

Préserver la distinction des humanitaires et civils

Pour assurer la continuité des actions humanitaires, ces organisations exhortent à préserver la distinction des humanitaires vis-à-vis des acteurs armés et celle des civils vis-à-vis des combattants. Une distinction qu’elles jugent « indispensable pour préserver leur neutralité et le renforcement de l’action humanitaire auprès des communautés ».

Depuis 2020, les Nations Unies — à travers huit agences y compris le HCDH et en partenariat avec l’Autorité du Liptako-Gourma (ALG) — mettent en œuvre un programme qu’elles ont élaboré, dénommé « Programme Régional Conjoint d’Appui à la mise en œuvre des Activités de Coopération Transfrontalière dans la région du Liptako Gourma », a précisé Julien Attakla-Ayinon, chef ad interim de la division des droits de l’homme et protection de la Minusma. C’était lors de la session d’ouverture de la formation destinée aux acteurs militaires et civils y compris les autorités locales et organisations de la société civile au Mali, le 7 mars dernier.

La rédaction

10 mars 2022 0 comments
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Campagne de sensibilisation sur les missions de la CVJR
Sécurité

Campagne sur les missions de CVJR : plus de 5 millions des Maliens sensibilisés

by Sahel Tribune 9 mars 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Dans l’après-midi du samedi 06 mars 2022, la Fondation Tuwindi a tenu, au Parc National de Bamako, la cérémonie de clôture de sa campagne de sensibilisation sur les missions de la Commission Vérité Justice et Réconciliation. Brèves.

Ce soir-là, ils étaient des centaines de jeunes venus répondre à l’invitation de la Fondation Tuwindi. C’était pour la clôture des activités de sa campagne de sensibilisation sur la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) et ses missions. Au cours de laquelle cérémonie, les jeunes ont assisté à plusieurs prestations musicales et artistiques comme le sketch et le slam.

Campagne de Tuwindi sur la CVJR
Campagne de Tuwindi sur la CVJR au Parc national, le 5 mars 2022. ©Sagaidou Bilal/Sahel Tribune.

Selon les propos du directeur exécutif de Tuwindi, Tidiani Togola, cette campagne de sensibilisation, organisée en partenariat avec la CVRJ, le PNUD, l’Unicef et d’autres partenaires, a atteint plus de 5 millions de Maliens — grâce notamment à l’accompagnement des acteurs médiatiques. Selon lui, cette activité est partie du constat qu’  « il y a beaucoup de Maliens, notamment les jeunes, qui ne connaissent pas la CVJR et qui ne savent pas c’est quoi ses missions ».

Pour le commissaire Oumar Hasseye Touré, commissaire à la CVJR, l’appui de la jeunesse est un atout pour eux. C’est pourquoi elle doit être impliquée dans tous les processus de la Commission.

Pour plus d’informations sur la CVJR, vous pouvez visiter le site ici.

La rédaction

9 mars 2022 0 comments
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Des plastiques
A la UneClimat et environnement

Assemblée de l’ONU pour l’environnement, une « résolution historique » contre la pollution plastique

by Chiencoro 9 mars 2022
written by Chiencoro 4 minutes read

La pollution par les plastiques a des impacts réels sur les êtres, notamment les humains. Lors de la deuxième partie de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, le 2 mars 2022, une « résolution historique » a été votée. Elle vise à mettre fin à la pollution plastique.

Mettre en place un accord mondial juridiquement contraignant d’ici la fin de 2024, telle est l’ambition des Nations unies qui vient d’établir un comité intergouvernemental de négociation (CIN), à l’issue de son Assemblée pour l’environnement. Dont la deuxième partie de la cinquième session a débuté lundi, à Nairobi (Kenya). Une session placée sous le thème « Renforcer les actions en faveur de la nature pour atteindre les objectifs de développement durable » et qui a enregistré la participation des ministres de l’Environnement et d’autres représentants de 175 nations.

Une « résolution historique »

Le comité mis en place, après l’approbation d’une résolution historique visant à mettre fin à la pollution du plastique et élaborer un accord international juridiquement contraignant, devra travailler à achever un projet d’accord mondial juridiquement contraignant d’ici la fin de 2024.

Ce combat contre le plastique passe par diverses alternatives : traiter le cycle de vie complet des plastiques, concevoir des produits et des matériaux réutilisables et recyclables, et la nécessité d’une collaboration internationale renforcée pour faciliter l’accès aux technologies, renforcer des capacités et la coopération scientifique et technique.

L’approbation de cette résolution historique « marque le triomphe de la planète Terre sur les plastiques à usage unique. Il s’agit de l’accord multilatéral sur l’environnement le plus important depuis l’Accord de Paris (sur le climat) », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. « Il s’agit d’une police d’assurance pour cette génération et les suivantes, qui pourront vivre avec le plastique sans être condamnées par lui », a-t-elle ajouté.

Des « produits les plus durables que nous, les humains »

Selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), entre 1950 et 2019, la production de plastique a explosé, passant de 2 millions de tonnes à 460 millions de tonnes « générant 353 millions de tonnes de déchets dont moins de 10 % sont actuellement recyclées et 22 % sont abandonnées dans des décharges sauvages, brûlées à ciel ouvert ou rejetées dans l’environnement ».

Les Nations unies estiment qu’à ce rythme, d’ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre associées à la production, à l’utilisation et à l’élimination des plastiques représenteraient 15 % des émissions autorisées (1,5° Celsius).

Une situation qui fait dire au ministre norvégien du Climat et de l’Environnement, Espen Barth Eide, que « la pollution plastique est devenue une épidémie à part entière ». Avant de poursuivre : « Paradoxalement, les plastiques sont parmi les produits les plus durables que nous, les humains, ayons fabriqués – et souvent, nous les jetons tout simplement ».

Dans un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’ONG Azul en mars 2021, il est indiqué que la pollution par les plastiques touche de manière disproportionnée les communautés marginalisées et celles vivant à proximité des sites de production et de traitement des déchets plastiques. « La pollution par les plastiques est une question de justice sociale », a affirmé la co-autrice du rapport, fondatrice et directrice générale d’Azul, Marce Gutiérrez-Graudiņš, qui souligne également que « les efforts actuels de gestion et de réduction de la pollution par les plastiques sont insuffisants pour résoudre l’ensemble des problèmes qu’elle entraîne ».

« Entrer dans une économie circulaire »

La production et la pollution du plastique menacent pourtant tous les êtres, notamment les hommes. Des spécialistes expliquent que l’exposition aux plastiques peut avoir des impacts sur la santé humaine, surtout lorsqu’elle affecte la fertilité, l’activité hormonale, métabolique et neurologique. Outre cela, la combustion à l’air libre des plastiques contribue à la pollution atmosphérique, explique-t-on.

La pollution du plastique n’est toutefois pas un problème irrémédiable. Le ministre norvégien explique que le plastique est un produit qui peut être utilisé à l’infini, « si nous le faisons entrer dans une économie circulaire ». Selon les Nations unies, « le passage à une économie circulaire peut réduire de plus de 80 % le volume de plastique entrant dans les océans d’ici à 2040, réduire de 55 % la production de plastique vierge, faire économiser 70 milliards de dollars aux gouvernements d’ici à 2040, réduire de 25 % les émissions de gaz à effet de serre et créer 700 000 emplois supplémentaires, principalement dans les pays du Sud ».

Chiencoro Diarra

9 mars 2022 0 comments
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Dialogue politique en Côte d'Ivoire
Politique

Côte d’Ivoire : un consensus trouvé sur plusieurs points du dialogue politique

by Bakary FOMBA 9 mars 2022
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Près de cinq mois après l’ouverture officielle de la 5e phase du Dialogue politique ivoirien, la session s’est refermée, vendredi 4 mars 2022. Cette fois-ci, avec un consensus auquel la politique ivoirienne n’est pas habituée.

Pour renforcer la paix et la cohésion sociale en Côte d’Ivoire, la 5e phase du Dialogue politique avait été lancée le 16 décembre 2021 entre le gouvernement ivoirien et des partis et regroupements politiques ainsi que des organisations de la société civile. Près de cinq mois après, les travaux de cette session ont pris fin le 4 mars dernier. Avec à la clé plusieurs recommandations destinées à préparer un climat sociopolitique apaisé dans le pays en vue des prochaines échéances électorales de 2023 et 2025.

Assainir l’environnement sociopolitique

Au-delà des élections locales de 2023, quatre longues années séparent la Côte d’Ivoire d’une élection présidentielle, prévue pour octobre 2025.

En effet, les périodes électorales sont généralement tendues dans ce pays et débouchent parfois sur des violences.

Pour assainir l’environnement sociopolitique en vue des prochaines échéances électorales, la reprise du dialogue politique avait été initiée le 16 décembre dernier par les autorités ivoiriennes. Toute chose, pour éviter des crises pré ou postélectorales.

À l’issue de ces pourparlers qui visent à préserver la paix sociale et renforcer la démocratie dans ce pays côtier de la région ouest-africaine, les parties prenantes ont formulé des recommandations allant dans le sens de réconcilier et semer la graine de la paix entre Ivoiriens.

Consensus autour de l’essentiel

Pour la première fois, le Gouvernement ivoirien et les participants du Dialogue politique trouvent un consensus sur des points essentiels.

Contrairement aux précédents Dialogues politiques menés par les défunts Premiers ministres Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bagayoko, boycottés ou interrompus par l’opposition, la 5e phase du Dialogue politique est débouchée à un consensus entre l’opposition ivoirienne et les autorités au pouvoir.

En effet, la clôture des travaux de la 5e phase du Dialogue politique a été marquée par la signature d’un rapport final par l’ensemble des parties prenantes au processus. Il s’agit des représentants du gouvernement, 21 partis politiques et 26 organisations de la société civile. Jamais un tel résultat satisfaisant n’était obtenu depuis l’ouverture de la première phase du Dialogue politique dans ce pays en janvier 2019, avec le défunt Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

Avec ces avancées notables, l’espoir est permis pour une paix durable dans ce pays longtemps déchiré par des conflits postélectoraux.

« Cette cinquième phase du dialogue politique est un beau succès pour les Ivoiriens, de par son ampleur et du nombre de participants, de par l’étendue et le champ des sujets abordés », s’est réjoui le Premier ministre, Partrick Achi.

Au cours de ces discussions, les leaders politiques ivoiriens ont manifesté leur volonté quant à la nécessité d’un « paiement plus régulier des subventions aux partis politiques ». Aussi, les participants à ce processus se sont entendus sur le besoin de réexaminer le mécanisme de financement des candidats et du remboursement des frais de campagne à la présidentielle.

Ce n’est pas tout. La question des réparations et indemnisations des victimes politiques de 2020, ou encore la transmission au cabinet du Premier ministre, de la liste des personnalités politiques dont les comptes seraient encore gelés depuis 2011.

Au-delà de toutes ces recommandations, les partis se sont entendus sur la nécessité de réaménager la Commission électorale indépendante (CEI) où les pro-Gbagbo ne siègent pas. Mais également, de réfléchir au découpage électoral.

Cependant, ces échanges n’ont pas permis aux acteurs politiques ivoiriens de s’entendre sur toutes les recommandations retenues au cours de ce processus. Par conséquent, aucun accord n’a été trouvé entre les participants sur la situation juridique de Laurent Gbagbo, sous le coup d’une condamnation de 20 ans de prison, par la justice ivoirienne ainsi que la question de la limitation de l’âge des candidats à la présidentielle. Mais également la situation des leaders politiques en exil, comme Guillaume Soro et Charles Blé Goudé.

Bakary Fomba

9 mars 2022 0 comments
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Femme africaine
Actu

Femmes et droits économiques en Afrique de l’Ouest : le Benin enregistre des nettes avancées

by Chiencoro 8 mars 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

En Afrique de l’Ouest, le Bénin est le pays qui enregistre des nettes avancées dans le domaine des droits économiques des femmes, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale.

Malgré les effets disproportionnés de la pandémie de la Covid-19, le Bénin a réussi, au cours de l’année écoulée, plusieurs réformes visant à améliorer la situation de la femme. Le rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2022 de la Banque mondiale souligne que ce pays « a supprimé les restrictions à l’emploi des femmes dans le secteur de la construction, de sorte qu’elles peuvent désormais occuper tous les emplois au même titre que les hommes ».

Outre cela, afin de permettre à chaque fille au Bénin de contribuer à son développement et à celui de sa communauté, le gouvernement béninois travaille d’arrache-pied pour « l’accélération de l’éducation des filles ». Ce qui a valu l’idée d’un forum en 2021.

Réforme complète du Code civil

Selon le ministre béninois des Affaires sociales et de la Microfinance, Madame Véronique TOGNIFODÉ MEWANOU, l’éducation des filles est un plier essentiel du développement d’une nation. « La fille éduquée est la femme de demain qui participera fortement à l’éducation des jeunes filles », a-t-elle déclaré en prélude au forum national, qui se tiendra du 10 au 11 mars 2022, pour l’accélération de l’éducation des filles au Bénin.

Toutes ces initiatives placent le Bénin parmi les pays qui enregistrent des améliorations en termes de condition de vie des femmes. Les plus fortes améliorations, au cours de 2021, en Afrique surtout, ont été enregistrées en Afrique du Nord et en d’Afrique subsaharienne, selon la Banque mondiale. Des régions qui restent à la traîne, malgré tout, par rapport aux autres régions du monde.

Selon le nouveau rapport de la banque mondiale, c’est le Gabon qui est très en avance sur les autres pays de ces deux régions. « Le Gabon se distingue par une réforme complète de son code civil et la promulgation d’une loi visant à éliminer la violence à l’égard des femmes », souligne-t-on dans un communiqué de la Banque mondiale.

« Il faut se réunir pour discuter »

La plupart des réformes dans les différentes régions du monde ont surtout concerné la protection contre le harcèlement sexuel au travail, l’interdiction des discriminations fondées sur le sexe, l’augmentation des congés payés pour les nouveaux parents et la suppression des restrictions professionnelles ciblant les femmes.

« Les femmes ne peuvent pas atteindre une égalité au travail si elles ne sont pas sur un pied d’égalité à la maison, observe Carmen Reinhart, vice-présidente principale et économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale. Cela signifie qu’il faut uniformiser les règles du jeu et faire en sorte que le fait d’avoir des enfants ne se traduise pas par l’exclusion des femmes d’une pleine participation à l’économie et par des freins à la réalisation de leurs espoirs et de leurs ambitions », rapporte la banque mondiale dans son communiqué.

De son côté, la représentante résidente de l’ONUSIDA au Bénin, Madame Margarete MOLNAR, a estimé qu’« Il faut se réunir pour discuter, pour trouver des solutions afin de faire de l’éducation une porte d’entrée pour adresser certaines questions liées à la santé et au développement des jeunes filles », rapporte le gouvernement béninois.

Chiencoro Diarra

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Campus de Badalabougou
ExclusifOpinion

08 Mars — Souffrance : un poème sur la situation des campusiennes au Mali

by Sahel Tribune 8 mars 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Les campusiennes souffrent.

Oui,

Nous souffrons.

Loin des parents,

Nostalgiques de Maman et Papa,

Des frères et sœurs, des ami(e)s,

Nous souffrons sur les cités universitaires.

Contraintes de vivre sur les campus pour remédier aux problèmes de logement et de mobilité,

Nous sommes perçues telles des libertines.

Ces jeunes filles ambitieuses que nous sommes,

Venues nous abreuver à la source du savoir

Et apporter, à l’avenir, notre pierre à l’édifice national,

Nous souffrons.

Triste est cette vie de martyre que nous menons au quotidien loin de l’ambiance familiale.

Nous souffrons,

Nous souffrons de l’absence de soutiens moral, matériel et financier.

Avec des parents disposant de très peu de moyens,

Des trousseaux et bourses qui ne tombent qu’au crépuscule de l’année universitaire,

Nous nous voyons confrontées à des mésaventures,

Mettant en cause notre dignité.

Nous souffrons,

Oui les campaniennes souffrent.

Les activités génératrices de revenus que nous menons pour survivre nous épuisent.

Impossible d’y renoncer puisqu’elles demeurent notre seul moyen de remédier à la faim, qui nous paraît plus redoutable que la Covid-19.

Nous souffrons,

Oui les campusiennes souffrent.

Nous allons mal à cause des étiquettes qui nous sont collées sans cesse.

Nous en souffrons profondément.

Mais nous ne baissons pas les bras.

Aucun obstacle ne nous détournera de l’objectif.

Nous sommes des guerrières,

Nous sommes persuadées que de jours meilleurs nous attendent.

Nous nous battrons pour y arriver.

Assitan Ouattara, étudiante à l’Institut des Hautes Études en Management de Bamako.

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