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Auxiliaires d'élevage.
Actu

Mali : des auxiliaires d’élevage pour soutenir des communautés

by Mohamed Camara 21 juillet 2022
written by Mohamed Camara 3 minutes read

Au Nord et au Centre du Mali, la fuite des vétérinaires et des professionnels de la santé animale en raison de la crise sécuritaire et des aléas climatiques a créé un vide. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) travaille à appuyer ces régions en mettant à leur disposition des axillaires d’élevage.

Au Mali, 85 % de la population pratiquant l’élevage sont des agriculteurs. Cette activité procure de la nourriture et de l’économie à plus de 3 % de la population. Mais, le conflit et les effets secondaires du changement climatique rendent les éleveurs de plus en plus vulnérables. Aussi le manque de professionnels en santé animale provoque la circulation des maladies et des épizooties occasionnant des pertes de bétails. Une situation qui entraîne des crises alimentaires et nutritionnelles récurrentes, visant les populations et aggravant leur niveau de pauvreté.

Plus de 140 auxiliaires depuis 2013

Afin de soutenir ces communautés d’éleveurs, le CICR en partenariat avec le ministère du développement rural a adopté plusieurs initiatives d’appui parmi lesquels la santé animale à travers la vaccination, la formation et le recyclage des auxiliaires d’élevage, souligne le Comité international de la Croix-Rouge dans un communiqué.

« Depuis 2013, plus de 140 auxiliaires d’élevage venant du nord et du centre ont bénéficié d’une formation initiale et près de 143 ont pu bénéficier d’une formation de recyclage, mais aussi du kit de démarrage », a rappelé le CICR.

Dans le cadre d’un partenariat avec le ministère de l’élevage, près de 4 millions d’animaux ont été vaccinés en 5 mois. « Grâce à cette vaccination, nous avons contribué à préserver la principale source de revenus des éleveurs en réduisant les risques d’épidémies. », se réjouissait le CICR en avril 2022.  

Cohorte de 19 jeunes

Originaire de Taoudeni, âgée de 29 ans, Nana Fatouma fait partie des quatre jeunes dames de la cohorte de 19 jeunes auxiliaires d’élevage de cette année 2021-2022. Ils viennent principalement des régions de Mopti, Ménaka, Gao, Kidal, Tombouctou et Taoudeni.

Taoudeni, une localité située à 750 km au nord de Tombouctou. Cette région du grand Sahara est bouleversée par le conflit armé depuis des années, elle est également l’une des plus arides du Mali. Le départ timide des vétérinaires et les répercussions sur le bétail, a amené Nana à songer à l’appui d’une tierce aux éleveurs, afin de sauver leurs animaux. D’où sa décision de devenir auxiliaires d’élevage.

« J’ai appris l’existence de cet accompagnement du CICR grâce à une connaissance qui en avait bénéficié l’année passée. Intéressée, j’ai adhéré à la formation qui tombait à pic pour moi. », raconte Nana. Elle poursuit : « De retour chez moi, je vais servir ma communauté. Je conseille aux jeunes de s’intéresser à l’élevage, car nous ne pouvons pas nous passer des animaux. »

Initiation des 19 apprenants à Ségou

Durant quatre mois, le Centre de formation de l’École secondaire d’agro-pastoral de Ségou a abrité l’initiation de 19 apprenants aux connaissances de base sur l’anatomie des animaux, la parasitologie, la microbiologie, les maladies infectieuses, la pathologie médicale, l’alimentation des animaux, l’entrepreneuriat.

Cette formation a pris fin en juin 2022, en présence des autorités administratives, des corps professoraux et des médias. Les lauréats ont obtenu des attestations de participation, qui les permettront d’exercer leur profession avec un mandat bien spécifique. Également, ils ont reçu des kits composés de médicaments et de matériels vétérinaires d’une valeur de six cent mille francs CFA.

Mohamed Camara

21 juillet 2022 0 comments
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Comite indépendant de suivi-évaluation
A la UnePolitique

Transition malienne : les membres du CINSERE-ANR installés dans leurs fonctions

by Chiencoro 20 juillet 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

La mise en place du Comité indépendant de suivi-évaluation des Assises nationales de la refondation (CINSERE-ANR) est désormais effective. Ses membres ont été installés dans leurs fonctions, ce mardi 19 juillet 2022, lors d’une cérémonie organisée à Koulouba.

Dans les termes de référence des Assises nationales de la refondation (ANR), tenues à Bamako, les 27, 28, 29 et 30 décembre 2021, Il est annoncé la mise en place d’un comité indépendant de suivi-évaluation des recommandations des ANR. Il s’agit du CINSERE-ANR, qui « reflètera la configuration des participants ». Il est mentionné dans ces TDR que les missions et les attributions de ce comité seraient définies. Sa mise en place a été annoncée lors du Conseil des ministres du 20 avril 2022.

Cette annonce a été suivie par un décret du 20 avril du chef de l’État portant création, organisation et fonctionnement du CINSERE-ANR, auprès du président de la transition, qui est aussi chargé de désigner par décret ses membres pour cinq (5) ans renouvelables une seule fois. Ce 19 juillet, il a procédé à l’installation des membres du ce comité indépendant. Dans sa composition, il est pluridisciplinaire : composé de juristes, d’experts, de planificateurs, d’anciens ministres et diplomates, ainsi que d’enseignants à la retraite.

Missions

Selon Me Amadou Tioulé Diarra, avocat et coordinateur général, à travers cette cérémonie d’installation, le président Goïta, vient de manifester l’intérêt qu’il portait non seulement aux travaux des Assises nationales de la refondation, mais aussi aux suites qu’il souhaiterait donner à ce grand dialogue, qui a réuni plusieurs Maliens, venus d’horizons divers et lointains. Il a rappelé que de toutes les questions débattues lors des Assises nationales, celle qui a le plus passionné et retenu l’attention des participants, apparue dans les principaux discours, est la question des fondements et de la légitimité culturelle du nouvel État. « Au moment où certains s’éloignent des valeurs africaines, les Assises nationales de la refondation » ont incité à la redécouverte des valeurs positives traditionnelles du Mali, a affirmé Me Diarra.  Ces valeurs positives traditionnelles sont, selon lui, le dialogue, la tolérance et  le « maya » — pouvant se traduire par l’essence de la personne humaine dans la tradition bamanan.

J’ai invité, ce matin, les membres du Comité indépendant de suivi-évaluation des Assises Nationales de la Refondation (ANR) à évaluer rigoureusement les actions qui seront menées par le Gouvernement dans le cadre de la refondation de l’État. pic.twitter.com/rQaG38tNEz

— Colonel Assimi GOITA (@GoitaAssimi) July 19, 2022

Dans son allocution, le président de la transition a tenu à rappeler leurs missions : collecter des informations, gérer les bases de données, suivre les indicateurs de résultat, produire et publier des rapports. « Chaque pas que nous franchissons constitue un pas décisif, car porteur d’un idéal commun de changement et de réalisation de notre destin en tant que peuple qui aspire à sa pleine souveraineté », a laissé entendre Assimi Goïta. Il a aussi rappelé que le gouvernement a adopté un cadre stratégique de la refondation et un plan d’action. « Ce document constitue désormais une référence pour l’action gouvernementale, articulé autour de cinq axes stratégiques en convergence avec le cadre stratégique pour la relance économique et le développement », a-t-il expliqué. Avant de leur rassurer de soutien effectif dans l’accomplissement de leurs missions, dont la réussite sera celle de la transition.

Chiencoro Diarra

20 juillet 2022 0 comments
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La population dOgossagou village de la region de Mopti au Mali
AnalysesExclusif

Tribune : la crise malienne, c’est aussi une crise de la pensée ou de la pensée appliquée ?

by Sahel Tribune 19 juillet 2022
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Chercheur à l’Observatoire sur la Prévention et la Gestion des Crises et Conflits au Sahel, Ibrahima Harane Diallo se demande dans cette tribune si la crise malienne n’est pas aussi une crise de la pensée ou de la pensée appliquée. Avant de lancer un plaidoyer auprès des décideurs et responsables politiques pour qu’ils prêtent plus d’attention au monde de la recherche, notamment, endogène.

Avant de trouver les pistes de réponse par rapport à la question posée, j’estime pertinent de procéder, préalablement, par une analyse sémantique ou conceptuelle pour permettre de mieux appréhender la nature du système conflictuel auquel le Mali fait face depuis 2012.

La qualification de la crise s’impose à partir du moment où, il a été constaté une inexactitude en matière du qualificatif utilisé dans certaines littératures décrivant la situation sécuritaire du Mali. Ce constat est le même en ce qui concerne les discours de certains intellectuels à travers des débats ou d’autres interventions publiques. C’est pourquoi j’estime qu’il est important dans un premier temps de corriger la confusion conceptuelle dans cet article qui se veut être une contribution à l’étude des conflits armés en Afrique francophone.

Pas de guerre au Mali

De prime abord, le Mali n’est pas en guerre. Il n’y a pas de guerre au Mali, mais plutôt un conflit armé. Ces deux terminologies sont différentes à plusieurs égards tant du point de vue de la nature des belligérants, c’est-à-dire les acteurs aux conflits que le mode opératoire utilisé par les parties aux conflits ou encore des considérations juridiques au regard, notamment, du droit international. Les conventions de Genève d’août 1949, l’article 3 commun aux conventions et leurs protocoles additionnels de juillet 1977[1], textes de référence mondiale, aujourd’hui, en milieu conflictuel eux-mêmes ont connu une évolution et une réadaptation régulière au cours de l’histoire pour être en phase avec les contextes conflictuels dans lesquels ils s’appliquent selon que le contexte soit celui de guerre ou encore des conflits armés.

On parle de guerre lorsque le champ conflictuel est animé par les forces armées et de défense des États indépendants. Ce type de conflictualité a opposé de nombreux pays dans la décennie 1990. Il s’agit, notamment, du conflit ayant opposé le Nigeria au Cameroun[2]. Quant à l’État du Mali, il a aussi connu une guerre l’ayant opposé à l’État du Burkina Faso à deux reprises d’ailleurs, en 1974 et en 1985[3]. Cependant, on parle de conflits armés lorsque la violence est portée par des groupes armés rivaux organisés sur un territoire national donné ou encore lorsque les affrontements opposent les éléments d’un groupe armé organisé aux éléments des forces de défense et de sécurité d’un État. La situation du Mali relève de ce dernier cas de figure qui est la situation opposant les forces de défense d’un État aux éléments d’un ou des groupes armés organisés.

Crise de la pensée ?

Cette équivoque ayant été levée, il est important de noter que, de l’avis de certains acteurs de l’espace public, la crise malienne est aussi une crise de la pensée[4] dans la mesure où il y aurait un déficit sérieux en matière de travaux scientifiques dans bien de domaines. D’autres vont très loin en estimant que la crise perdure ou n’a pas eu des réponses appropriées depuis 2012 parce qu’il y aurait un déficit de réflexion. Après un diagnostic rigoureux de la situation, il ressort que des nombreuses publications ou productions scientifiques ont été faites sur la crise. Des contributions majeures sur l’analyse de la situation sécuritaire du pays assorties des recommandations font flores. Le problème apparait comme n’existant pas, fondamentalement, au niveau des productions scientifiques. Il se trouve plutôt au niveau de la valorisation de l’expertise endogène, l’exploitation du savoir local en matière de gestion des crises.

En effet, la culture de la pensée appliquée est moins développée au Mali. Sous l’égide du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le Gouvernement du Mali a organisé en 2005 les États généraux de la sécurité. Des recommandations pertinentes sont issues de cette rencontre dont l’élaboration d’une politique nationale de sécurité adoptée depuis 2010, qui n’a pas encore son décret d’application. Le dossier serait toujours au ministère de la Sécurité et de la Protection civile[5]. Cette réalité est dans une certaine mesure celle des nombreux pays d’Afrique au Sud du Sahara. Certains observateurs mettent l’accent sur deux aspects pour l’expliquer. Il s’agit d’une part d’un système de complexe face aux productions locales et d’autre part d’un déficit de neutralité, de la distanciation critique des chercheurs.

Illustration par le cas Wade

On se rappelle encore du cas Wade. Lors de la crise politique au Sénégal, liée notamment à la question de la légalité de la candidature du président Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de 2012, de nombreuses réflexions produites par des universitaires et chercheurs sénégalais étaient disponibles. Le constat : Abdoulaye Wade ou le camp présidentiel les considérait, tout simplement, comme étant des analyses d’adversaires politiques ou idéologiques. Dans le même sillage, le président Wade avait, par conséquent, fait recours aux avis d’un collège d’experts des pays étrangers invités à Dakar dont le brillant avocat et homme politique Me Mountaga Tall du Mali[6]. Cette méfiance des tenants du pouvoir envers le savoir appliqué pose en même temps toute la problématique de la distanciation axiologique ou de la neutralité des productions.

En définitive, la crise malienne est aussi plus une crise de la pensée appliquée qu’une crise de la pensée et surtout dans la mesure où, généralement, le premier aspect conditionne, toutefois, le deuxième. Le paradigme actuel du développement est que l’avenir appartient aux seules sociétés de savoir. Autrement dit, toute société qui ne s’investit pas dans la science est appelée à disparaitre. Les responsables politiques doivent davantage prendre les dispositions pour non, seulement, prêter plus d’attention au monde de la recherche, notamment, endogène, mais aussi doter les structures de recherche publiques comme privées des moyens adéquats pour qu’elles soient en mesure de faire des productions de qualité afin de mieux servir les problématiques sécuritaires, économiques ou stratégiques qui se posent avec acuité à nos sociétés politiques.


  • Ibrahima Harane Diallo est Journaliste-Politologue, Chercheur à l’Observatoire sur la Prévention et la Gestion des Crises et Conflits au Sahel. Adresse e-mail : diaharane1987@gmail.com.

[1] Ces conventions englobent le droit dans la guerre, différent du droit à la guerre, selon Élisabeth Sogoba, CICR-Mali lors d’une séance de diffusion à l’Université Bazo, Sotuba, juin 2022.

[2] La guerre pour le contrôle de la péninsule de Bakassi, en 1993. Cette guerre a été résolue sur la base d’un arrêt de la Cour internationale de justice en 2022.

[3] Guerre de la bande d’Agacher, aussi appelée guerre de Noel.

[4] Moussa Mara, 8 aout 2019, la tribune.

[5] Konaté Mariame Sidibé, synthèse des études sur les défis locaux en matière de sécurité dans les régions de Kayes, Mopti et Gao, CERM, 2021.

[6] Mountaga Tall est également un acteur majeur du mouvement démocratique. Un mouvement politique ayant été à la base de l’avènement de la démocratie au Mali en 1991-1992.

19 juillet 2022 3 comments
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Remise d'insignes et de certificats aux chefs de quartier
ActuPolitique

Reconnaissance : des insignes et certificats remis à des chefs coutumiers de Bamako

by Chiencoro 18 juillet 2022
written by Chiencoro 2 minutes read

Dans la journée du lundi 18 juillet, le Centre international de conférence de Bamako (CICB)  a servi de cadre au lancement de la remise des insignes et des certificats aux autorités coutumières pour revaloriser le statut. Reconnaissance.

C’est le 11 novembre 2021 que le président de la transition avait annoncé la revalorisation des légitimités traditionnelles et coutumières. Notamment les chefs de fraction, de village et de quartier, conformément à l’Arrêté déterminant les modalités de leur nomination indiquant qu’ils « sont autorisés, dans l’exercice de leurs fonctions officielles, à hisser dans la cour de leur domicile l’emblème national et à porter un insigne distinctif ».

Aux dires d’Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation : « Les symboles tendant à valoriser les chefs de village, de fraction et de quartier dans l’exercice de leur fonction sont conformes aux dispositions statutaires applicables à ces autorités locales. »

Porteur d’espoir

La décision du chef de l’État avait été confortée par une communication du Conseil des ministres du 15 juin 2022. Celle-ci précise : « Les cérémonies de remises de ces insignes et certificats aux chefs de village, de fraction et de quartier seront organisées sur l’ensemble du territoire suivant un chronogramme détaillé ».

Ce 18 juillet, le Centre international de conférence de Bamako (CICB) a accueilli le lancement de cet événement dit « historique ». Au total, 60 chefs de quartier du district de Bamako ont reçu leur certificat, leur insigne, ainsi qu’un drapeau national à faire flotter au-dessus de leur maison, des mains du président de la transition.

Pour Mme Djiré Mariam Diallo, maire de la commune III du district de Bamako, ce geste est porteur d’espoir et traduit l’intérêt des autorités maliennes pour les légitimités traditionnelles et coutumières. Lesquelles, poursuit-elle, occupent une place importante dans la stabilisation et la paix dans le pays.

Dans toutes les régions

De son côté, Assimi Goïta a expliqué que cette cérémonie, dont l’un des objectifs est la valorisation des légitimités traditionnelles et coutumières, « entre dans le cadre de la refondation de notre État ».

Dans son intervention, l’actuel homme fort de Bamako  a déclaré  qu’en tant que relais de l’administration, elles aident l’État non seulement dans la gestion des affaires publiques, mais aussi dans la cohésion sociale, la stabilité et le vivre ensemble. « Dans le cadre de la prévention et de la gestion des conflits dans nos différentes localités, ils interviennent beaucoup », a-t-il souligné.

Pour finir, il a voulu rassurer que ces activités vont se poursuivre dans toutes les régions. Elles seront effectuées sous la houlette des gouverneurs, des préfets et des sous-préfets.

Chiencoro Diarra

18 juillet 2022 0 comments
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Abdoulaye Diop et Robert Dussey
A la UnePolitique

Mali : la médiation du Togo demandée dans l’affaire de 49 soldats ivoiriens arrêtés

by Sahel Tribune 18 juillet 2022
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Ce lundi 18 juillet, le ministre togolais des Affaires étrangères et de l’intégration régionale, Robert Dussey, était en visite de travail et d’amitié au Mali. Il était question des soldats ivoiriens arrêtés par Bamako.

Arrêtés et interpellés à leur descente d’avion à l’aéroport international de Bamako, les 49 soldats ivoiriens se trouvent toujours entre les mains des autorités maliennes. Celles-ci, pour rappel, les ont considérés comme des « mercenaires », envoyés pour déstabiliser le pouvoir de transition en cours dans ce pays.

Pour éviter une éventuelle escalade des tensions entre les parties concernées, la facilitation de Faure Gnassingbé, président du Togo, a été demandée. « Le président de la transition a souhaité que le Togo mène une mission de bons offices entre les parties concernées », a indiqué le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. C’était au cours d’un point de presse, tenu dans son département, à Koulouba, ce lundi 18 juillet.

Esprit de fraternité

« Je voudrais vous confirmer la disponibilité du président [du Togo] d’aider et d’user de ces bons offices pour résoudre définitivement ce problème entre nos deux pays », a voulu rassurer le ministre Robert Dussey au cours du même point de presse. « Pour le Togo et le président [togolais], la paix au Mali [et] en Côte d’Ivoire, c’est la paix dans toute la région et dans notre pays, le Togo », a-t-il ajouté.

Cette rencontre des deux ministres avec la presse, est intervenue après une audience que leur a accordée le président de la transition, Assimi Goïta, autour de ces questions bilatérales d’intérêt commun et sous-régional. Le chef de l’État malien s’est dit ouvert au « dialogue et disposé à œuvrer, conformément à l’esprit de fraternité et d’excellentes relations entre le Mali et la Côte d’Ivoire, à un dénouement heureux de cette situation, y compris par voie diplomatique, dans le strict respect de la souveraineté du Mali ».

Deux visites en un mois

Mali : Robert Dussey a rencontré les autorités maliennes pour les féliciter de la levée des sanctions de la #CEDEAO.
Le #Togo toujours aux côtés du peuple malien. Bravo @GouvMali @rdussey @DiplomatieTogo pic.twitter.com/EKFEBn4A9d

— Afro News (@afrocandoit) July 8, 2022

Depuis le déclenchement de la crise malienne avec la Cédéao, le Togo s’est toujours porté aux côtés du Mali. Cette visite est la seconde du ministre togolais en l’espace d’un mois. Au début de ce mois de juillet, il avait été reçu par l’actuel chef de l’État, ainsi que son homologue des Affaires étrangères. Au cours  de cette visite, le ministre Robert Dussey estimait que la lutte du « peuple » et du gouvernement malien est une lutte juste. D’où son soutien aux autorités maliennes.

Selon ses propos, il s’agit d’une lutte non seulement pour le Mali, mais aussi pour tout le continent africain. Robert Dussey avait saisi la même occasion pour féliciter le chef de l’État malien « pour sa vision pacifiste et sa détermination à conduire la transition à bon port ».

Réactiver le GST-Mali

Échanges féconds avec le MAÉ du Togo ⁦@rdussey⁩ sur les avancées de la Transition & sommes convenus en consultation avec ⁦l’UA de⁩ tenir en Septembre à Lomé la réunion du Groupe de Soutien à la Transition pour mobiliser la communauté Intle. ⁦@_AfricanUnion⁩ pic.twitter.com/jdr5FbWybh

— Amb. Abdoulaye Diop (@AbdoulayeDiop8) July 7, 2022

Avec son homologue malien, lors de la première visite, ils ont « souligné la nécessité de réactiver le Groupe de Soutien à la Transition au Mali (GST-Mali) après la levée des sanctions, en vue de mobiliser à nouveau les acteurs régionaux et internationaux, notamment les partenaires techniques et financiers, autour du processus de Transition ».

C’est dans ce cadre que « les deux parties, en concertation avec l’Union africaine, ont décidé de tenir la prochaine réunion du Groupe de Soutien à la Transition au Mali (GST-Mali) dans la première quinzaine du mois de septembre de l’année 2022 à Lomé ». Toujours pour rappel, pour la levée des sanctions, Faure Gnassingbé a joué un rôle salué par Bamako.

La rédaction

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Inondations au Niger
ActuSécurité

Dioïla : une forte pluie fait des dégâts matériels

by Bakary FOMBA 18 juillet 2022
written by Bakary FOMBA 1 minutes read

Au Mali, la saison pluvieuse constitue un grand risque pour les zones où on bouche les voies de l’eau, et où les constructions sont faites en majeures parties en banco, notamment dans les villages.

Dans la matinée du dimanche 17 juillet 2022, de fortes pluies (104 mm) se sont abattues sur Dioïla, dans la capitale du Baniko. Suite à ces précipitations, d’importants dégâts matériels ont été causés dans les villages de Nematoulaye et Tiendobougou, notamment l’effondrement des maisons. Mais aucune perte en vies humaines n’a été signalée lors de cet événement malheureux.

Suite à cet incident, les éléments de la protection civile, les policiers du commissariat de la ville de Dioila, ainsi que le directeur régional de l’urbanisme se sont immédiatement mobilisés pour porter main forte aux familles sinistrées, indique sur sa page Facebook, Daniel Fomba, correspondant de l’ORTM à Dioïla.

Selon ses précisions, le gouverneur de Dioila, Abdallah Faskoye, s’est également rendu sur le lieu de l’incident, afin de soutenir les populations attristées et, surtout, apporter la compassion des plus hautes autorités du pays. C’est ainsi qu’avant de retourner à Dioila, « il a prodigué des conseils de sécurité et insisté à ce que les habitants s’éloignent des maison en banco durant quelques jours ».

Cependant, les causes de cet incident restent à définir par les autorités compétentes de Dioïla.

Bakary Fomba

18 juillet 2022 0 comments
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Mahmoud Dicko
ActuPolitique

Mali : l’influent Imam Mahmoud Dicko livre des messages d’apaisement

by Mohamed Camara 16 juillet 2022
written by Mohamed Camara 3 minutes read

En hommage aux victimes du 10, 11, 12 juillet 2020, la CMAS de l’influent Imam Mahmoud Dicko a organisé, ce samedi 16 juillet à Badalabougou, une journée de lecture du Coran couplée d’un point de presse.

Les images sombres de la manifestation du 10, 11 et 12 juillet 2020, organisée par le mouvement hétéroclite M5-RFP, sont toujours dans les mémoires populaires des Maliens. Autrefois « autorité morale » de ce vaste mouvement, Imam Mahmoud DICKO a convié ce samedi 16 juillet l’ensemble de ses fidèles à une journée d’hommage aux victimes de cette manifestation appelant à la « désobéissance civile » contre le défunt régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta.

Sous les balles présumées des forces de l’ordre, une vingtaine de jeunes y ont sombré, plus d’une centaine de blessés, à en croire certains responsables du mouvement. Officiellement, le dossier est désormais dans les mains des autorités judiciaires du pays. « C’est un devoir pour moi, aujourd’hui, de rendre un hommage à ces jeunes qui ont été des boucliers volontaires pour sauver ma vie. J’ai une dette envers eux jusqu’à ma mort », a déclaré Imam Mahmoud DICKO.

Tout est parti d’un appel retentissant du mouvement du 05 juin, qui a été à la base de la chute du régime IBK, à la désobéissance civile et pacifique afin de contraindre feu Ibrahim Boubacar Keita à la démission. Selon certains proches de l’Imam, « cette manière de faire ne plaisait pas à l’Imam à l’époque ». Or, ce jour-là, tous les ténors du mouvement étaient au rendez-vous au Boulevard de l’indépendance, épicentre des manifestations à Bamako.

Responsabilité partagée

Pendant trois jours, la capitale malienne a vécu un bras de fer presque total entre les manifestants et les forces de l’ordre. Les administrations étatiques et les lieux publics furent pris d’assaut par les manifestants, brûlés, saccagés et dépouillés de leurs objets.

Ensuite, la résidence et la mosquée de l’Imam à Badalabougou furent la cible d’une attaque des « forces de l’ordre » pendant deux jours. Pour protéger l’autorité morale du mouvement hétéroclite, des jeunes manifestants se sont portés volontiers. Certains y ont perdu la vie.

Depuis ce jour, aucune lumière n’a été émise sur cette affaire qui a défrayé toutes les chroniques, sauf une enquête de la Minusma publiée en septembre 2020. Cette enquête partage les responsabilités entre les organisateurs et l’État malien. Jusqu’à présent les familles des victimes attendent avec impatience l’issu sur cette affaire.

Messages d’apaisement

Nonobstant ses réserves sur la conduite de la phase 2 de la transition, l’influent Imam Mahmoud Dicko appelle toujours à l’union autour du Mali. « Nous avons fait la révolution, le parachèvement, la rectification et il reste le redressement qui se fera avec l’ensemble du peuple malien. Ce redressement ne se fera pas avec un individu ou groupe d’individus, mais avec tout le peuple malien. Il nous faut un minimum de consensus », a déclaré Imam Mahmoud Dicko lors du point de presse cet après-midi.

Pour lui, la refondation doit prendre en compte les valeurs fondamentales du pays. « Il faut qu’on implique tout le monde dans cette voie du Mali-Kura [Mali nouveau, qui] n’est pas possible sans perpétuer l’histoire, conseille-t-il. Personne ne se souvient plus du premier président démocratiquement élu du Mali. »

Par ailleurs, Imam Dicko s’est également exprimé sur le sujet d’actualité concernant l’arrestation des 49 soldats ivoiriens. Pour lui, il faut laisser « les autorités des deux pays frères et voisins gérer cette situation » Il poursuit : « Evitons d’envenimer le débat avec des messages haineux. Ne les mettez pas de pression. »

Mohamed Camara

16 juillet 2022 0 comments
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