Au Mali, le soutien des autorités coutumières et traditionnelles à la transition

Au Mali, le soutien des autorités coutumières et traditionnelles à la transition
Les autorités traditionnelles, coutumières et religieuses du Mali. ©Présidence du Mali

Dans la salle des Banquets de Koulouba, le Président intérimaire Col. Assimi Goïta a rencontré, ce vendredi 12 novembre, les autorités traditionnelles, coutumières et religieuses du Mali. Au cours de leurs échanges, portés sur les défis et enjeux socio-politiques auxquels le pays est confronté, les deux parties accordent leur voix pour une transition prolongée.

Estimant être « longtemps mis de côté » dans les prises de décision de gouvernance, les chefs traditionnels et coutumiers des 19 régions du Mali et du district de Bamako ont félicité le Colonel Assimi Goïta et son Premier ministre Choguel Maïga d’avoir organisé cette rencontre avec eux. « Du jamais vu dans notre pays », ont-ils salué l’initiative.

Pour rappel, au cours du mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, édition 2021, le chef de village de Bafoulabé (Kayes) a exprimé son indignation face à leur mise à l’écart dans la gestion du problème de l’esclavage par ascendance qui sévit dans la première région depuis quelque temps. C’est pourquoi au cours de cette rencontre, les représentants locaux ont exhorté le chef de l’État à toujours les concerter pour une meilleure résolution des problèmes du Mali.

Nécessité absolue ?

À l’unanimité, ils ont exprimé leur volonté de voir la durée de la Transition prolonger, jusqu’à l’apaisement du climat social, politique et sécuritaire dans le Mali. Cette revendication devient, selon El Hadji Djibril Diarra, patriarche des familles fondatrices de Koulikoro, une nécessité absolue du moment où elle vient de la majorité du peuple malien. « La démocratie, c’est la loi de la majorité. Nous qui sommes présents ici aujourd’hui, nous sommes la majorité et nous demandons la prolongation de la transition », a-t-il déclaré.

Aussi, faut-il rappeler que des voix se lèvent depuis quelques mois pour demander une prolongation de la transition. On se souvient de la grande mobilisation du mouvement anti-politique française « Yerewolo debout sur les remparts », à la place de l’indépendance de Bamako, vendredi 29 octobre 2021. Une manifestation qui a mobilisé des milliers de Maliens pour réclamer cette prolongation.

Les autorités coutumières et traditionnelles, présentes à Koulouba, ont lancé un appel pressant aux Maliens à se donner la main pour la réussite de la transition, quelle qu’en soit sa durée. Car « le Mali avait dérouté, mais le Président de la transition et son équipe sont en train de le remettre sur les rails », a soutenu Zantigui Diakité, chef de la délégation de Bougouni qui estime cela important pour éviter aux Maliens de se « tromper de choix » de nouveau, lors des prochaines échéances électorales.

Deux poids, deux mesures

Le Chef de l’État a salué la présence de ces légitimités traditionnelles, coutumières et religieuses aux côtés des autorités de la transition. « Votre engagement au quotidien est une chance énorme pour l’équilibre social qui est un facteur déterminant au sein de toute collectivité », a déclaré le président de la Transition. Il a exhorté ces autorités à poursuivre leur dynamique de soutien à « l’État en général et à la transition en particulier ».

Le Président Goïta a réconforté les chefs de village en s’engageant à leur octroyer, dans un avenir très proche, en plus d’un macaron, un drapeau que chacun fera flotter « en un endroit visible de sa maison, de préférence à la porte d’entrée ou au milieu de la cour ».

D’ores et déjà, le Premier ministre ainsi que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ont fait savoir un éventuel report des élections du mois de février en raison de certains défis auxquels le pays fait face. Mais la Communauté internationale exige toujours le respect du calendrier électoral. Des sanctions visent déjà les autorités maliennes de la transition. À cela, s’ajoute la position de certains partis et regroupements politiques qui restent encore opposés à la prolongation de la transition.

La rédaction

Sahel Tribune

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