Macron, la bougeotte du désespéré (éditorial)

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Volubile cascadeur du verbe, impénitent phraseur, incorrigible bonimenteur, le Président accidentellement choisi en 2017 par les Français tels des désemparés tirant un lapin au déboulé, est en passe d’assommer son peuple, non sans descendre la France de sa position respectable dans le monde. Depuis deux mois, il parcourt le monde, l’Afrique à vrai dire, à la recherche d’une onction improbable pour lubrifier les ressorts économiques rouillés de son pays.

Le dispositif létal pour tenir en respect le Mali

Dans sa bougeotte du désespéré, maladie politique pour laquelle la médecine moderne n’a pas encore de remède, il n’a toujours pas compris que, pour réussir à redresser la barre pour une France en dégringolade depuis une vingtaine d’années, il lui faut un peu de politesse et d’humilité vis à vis de ses interlocuteurs. Mais non ! Il est incapable de dompter son hystérie infantile, il manque de qualité pour amortir son arrogance, mode oratoire et de discussion improductif, que l’on soit en politique ou en affaires. Fringant bonhomme dans sa tête, partout où il passe, il distille l’injure, la bave venimeuse. Ainsi, il insultera la femme africaine, la mère, la soeur, l’épouse, la fille. Ainsi aussi il jettera l’opprobre sur la nation patriote et révolutionnaire algérienne qui, à ses yeux, souffre de déficit mémorial grave, insulte gravissime que l’histoire ne peut pardonner. Il n’épargnera d’ailleurs pas aussi le Maroc et la Tunisie, pays du fier Maghreb.

Emmanuel Macron, il faut s’en souvenir, accède à la haute magistrature de la France après des décennies de malfaisance des partis politiques, de droite et de gauche, qui ont fait perdre à la France un immense prestige. Mais pas que. Souvenons-nous que dans la semaine même de sa prise de fonction en tant que président nouvellement élu, sa première grande initiative a été de se rendre à Gao (et non pas au Mali) où le sous-préfet français, Ibrahim Boubacar Keita, Président élu du Mali avec plus de 76% des suffrages exprimés, est allé l’accueillir. C’est parce que Gao abritait la principale garnison militaire française dans le monde après la France elle-même. C’est parce que justement cette base militaire française de Gao était le principal  dispositif létal pour tenir en respect le Mali et pour mettre sous séquestre tout  le Sahel.

L’affaire dite des sous-marins

Souvenons-nous, quand Macron arrivait à l’Élysée, la France ne respirait pas bien. En 2014, ce sont 63.444 sociétés et entreprises qui avaient déposé le bilan ou qui étaient en règlement judiciaire ou en liquidation de biens (Le Figaro). Ce n’est là que la partie visible de l’iceberg. D’où l’impérieuse nécessité  de se refaire au plus vite une santé de fer économique au Mali et dans le Sahel où des ressources insoupçonnées étaient détectées par la France. Cela ne pouvait être, évidemment, sans décimer les populations locales. Ainsi, il y a eu les massacres de Kolongo, Sobane Da, Indélimane, Bounty, etc. L’appétit carnassier d’Emmanuel Macron s’aiguisera plus qu’il ne le fallait quand l’Australie lui retire de la bouche 56 milliards d’euros dans l’affaire dite des sous-marins (contrat Naval Group). Or, en 2021 (Macron était président de la République depuis quatre ans), le déficit budgétaire français avait atteint 220 milliards d’euros , soit 47 milliards de plus que prévus.

Bref, la roue de l’histoire tourne. Emmanuel Macron est à la recherche de bouffées d’oxygène, mais il n’est pas béni par le ciel. Ses voyages en Afrique montrent une seule chose : il ment partout avec un aplomb extraordinaire, il s’essaye à la délation et au dénigrement contre la Russie, la Chine, la Turkiyë qui lui administrent des volées de bois vert. Son récent séjour en Algérie a fait dérober la terre sous ses pieds. Dans cette Algérie noble qu’il a hier insultée, il a été hué et conspué. Les hommes d’affaires qui l’accompagnent sont rentrés bredouilles : il n’y avait pas de contrats à signer à hauteur de milliards de francs CFA, l’Algérie n’utilise pas cette monnaie de singe. Mais ce n’est pas tout puisque Dieu ne dort pas. La France « réarticule » son dispositif criminel Barkhane au Niger où elle a fini de pomper en quelques années vers l’hexagone tout l’Uranium d’Imrarène, qui était la plus grande mine à ciel ouvert du monde de ce précieux produit.

Bienvenue à Barkhane au Niger pour une guerre sans merci contre le Mali ! Mais, au Niger, les Canadiens sont arrivés déjà, ils n’ont pas de supposés  mercenaires de Wagner. Ils vont pourtant investir, à travers leur compagnie « Global Atomic Corporation« , 121 milliards de FCFA à Dasa pour construire une mine de production d’uranium en 2023. Le 10 août dernier, « Somida » (Société des Mines de Dasa) dont 80% du capital sont détenus par la compagnie canadienne et 20% par le Niger, a été créée. Et qui dira à Macron ce que le Mali créera bientôt avec des partenaires qui respectent sa souveraineté ?

Amadou N’Fa Diallo

Source : journal Le National, n° 482 du mercredi, 31 août 2022.


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