vendredi, 31 juillet 2026
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Mines au Mali : un programme présidentiel de bourses pour préparer l’avenir du secteur extractif

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Après avoir réformé son Code minier et créé un Commissariat dédié à la gouvernance du secteur, les autorités maliennes de transition ouvrent un nouveau chantier. Celui du capital humain. Un programme présidentiel de bourses vient d’être lancé pour former une nouvelle génération de cadres du secteur extractif.

Le Mali entend décidément jouer sa carte minière sur tous les tableaux. Après avoir revu en profondeur son cadre juridique en 2023 puis mis en place, cette année, un commissariat dédié au pilotage stratégique du secteur, les autorités de la transition s’attaquent désormais à un maillon jusqu’ici moins mis en avant : la formation des futurs cadres appelés à faire vivre cette réforme sur le terrain.

Le Secrétariat général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a officialisé, fin juillet, le lancement du Programme présidentiel de bourses d’études dans le secteur minier du Mali (PPBEM). Un appel à candidatures pour la première cohorte de bénéficiaires est ouvert jusqu’au 7 août, avec un dispositif en deux volets : dix bourses réservées aux néo-bacheliers de la session de juin 2026, et vingt bourses destinées aux titulaires d’un DUT ou d’une licence dans un domaine scientifique, technique, économique ou juridique en lien avec les mines.

Un filtre académique exigeant

Le programme ne s’adresse pas à n’importe quel profil. Pour les bacheliers, il faut avoir décroché la mention Bien avec l’anglais en première langue vivante, et ne pas dépasser 21 ans au 31 décembre 2026. Pour les diplômés du supérieur, la barre est fixée à une moyenne générale d’au moins 12/20 sur l’ensemble du cursus. Les dossiers, à déposer via un formulaire en ligne, devront réunir un ensemble de pièces classiques de l’administration malienne (casier judiciaire, certificat de nationalité, relevés de notes certifiés) mais aussi, pour les candidats aux diplômes supérieurs, les attestations correspondant à leur parcours.

La sélection se fera en deux temps : un concours écrit le 18 août pour les diplômés, puis un oral commun à tous les candidats le 27 août, complété d’une visite médicale et d’une contre-visite pour les présélectionnés.

Combler le déficit de compétences locales

Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une stratégie assumée par les autorités maliennes de la transition depuis l’adoption du nouveau Code minier de 2023, qui a notamment porté la participation de l’État et des intérêts privés maliens dans les projets miniers à 35 %, contre 20 % auparavant. Dans la foulée de cette réforme, les autorités ont créé le Commissariat chargé des Activités minières (CCAM), présenté comme l’instrument de coordination et d’appui stratégique du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, pour la mise en œuvre de la politique minière nationale. Placé sous la responsabilité du commissaire Hilaire Bébian Diarra, le CCAM a tenu sa première session de comité technique début juin, avec pour mandat de renforcer la cohérence de l’action publique dans le secteur, d’assurer le suivi de la politique minière et d’éclairer les décisions stratégiques du chef de l’État sur les questions liées aux ressources du sous-sol.

En misant désormais sur la formation d’ingénieurs, de techniciens et de juristes maliens spécialisés dans l’extractif, le gouvernement affiche l’ambition de ne plus seulement réformer les règles du jeu minier, mais de doter le pays des compétences nécessaires pour les faire appliquer sur le long terme, et réduire, à terme, la dépendance à l’expertise étrangère dans un secteur qui reste l’un des principaux piliers de l’économie nationale.

Chiencoro Diarra 

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