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Afrique : que cache le pré-rapport secret remis à Macron sur la présence militaire française ?

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La présence militaire française en Afrique, héritage d’un passé colonial persistant, est-elle encore légitime ou n’est-elle qu’une tentative de domination déguisée sous un faux partenariat ? Explication.

L’heure est venue de poser la question frontale : la France doit-elle maintenir ses bases militaires en Afrique ? On pourrait répondre sans hésitation : non ! Pourtant, le gouvernement français, à travers les décisions de ses dirigeants, semble déterminé à prolonger cette présence militaire qui, loin d’apporter stabilité et prospérité, réaffirme un passé de domination et d’interférence.

Une mission déguisée sous le couvert de partenariat

Cette interrogation cruciale a été confiée récemment à Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d’État, désigné par le président Emmanuel Macron en tant qu’« envoyé personnel pour l’Afrique », par un média occidental. Pourquoi ce énième rapport sur la question, en réalité ? Un moyen commode pour la France de légitimer une présence devenue de plus en plus impopulaire auprès des populations africaines, dont la souveraineté et les choix politiques ne sont que trop souvent ignorés.

Dans un pré-rapport remis à Macron, avant le Conseil de défense du 23 octobre, Bockel énonce des conclusions, bien qu’encore secrètes, sur des pays comme le Sénégal, le Gabon et le Tchad voire du sahel. Derrière ces « conclusions », que l’on devine enrobées de langage diplomatique, se cachent des réalités bien plus sombres. Ni le Tchad, où près de mille soldats français sont encore stationnés, ni le Gabon, ni la Côte d’Ivoire ne semblent défavorables à cette présence militaire sur leur territoire respectif.

L’échec cuisant de l’opération Barkhane au Sahel

Ces bases militaires françaises, qui vont soi-disant être « mutualisées » et « concrétisées » d’ici peu, sont avant tout un moyen pour Paris de conserver une influence géostratégique en Afrique. À l’heure où d’autres puissances, notamment la Russie, la Chine et la Turquie, s’étendent sur le continent avec une approche bien différente, la France se débat pour préserver une hégémonie militaire qui devient chaque jour plus obsolète et problématique.

Prenons l’exemple du Sahel, où l’opération Barkhane vient de connaître un échec cuisant. Loin de stabiliser la région, cette opération militaire a créé un ressentiment profond contre la France, perçue comme une force étrangère qui s’immisce dans des conflits locaux sans apporter de réelles solutions. Et pourtant, malgré ce constat d’échec, Bockel affirme que « l’histoire de la France au Sahel n’est pas terminée ». Que cela signifie-t-il ? La France compte-t-elle vraiment se réinventer, ou veut-elle simplement s’accrocher à une présence qui, au fil des ans, devient indéfendable ?

La montée du ressentiment : le rejet d’une présence imposée

Les faits sont là : les populations africaines, de plus en plus éveillées aux enjeux de leur propre souveraineté, ne veulent plus de cette mainmise militaire française. Les gouvernements des pays concernés sont eux-mêmes souvent tiraillés entre leur dépendance financière et militaire envers Paris et les aspirations de leur peuple. Au lieu d’écouter ces voix et de permettre une réelle autonomie de décision, la France impose ses choix. Elle présente cette « assistance militaire » comme un soutien, mais il est évident qu’il s’agit avant tout de maintenir une influence sur les ressources, les politiques et la sécurité de ces États. C’est une manière de rappeler que, même après les indépendances, l’Afrique reste sous le joug français.

La France devrait enfin respecter les aspirations de ses anciens territoires et se retirer dignement, au lieu de chercher de nouveaux prétextes pour justifier sa présence militaire. Les gouvernements africains, eux, doivent pouvoir exercer leur souveraineté sans redouter les conséquences d’une remise en question de cette alliance militaire. Il est temps que la France assume son passé colonial et cesse de prolonger cette ère de domination par des bases militaires imposées, sans respect pour la volonté des peuples africains.

Une présence sans soldats ni bases militaires imposées

La France, qui se vante d’être une « patrie des droits de l’homme », devrait comprendre que maintenir des bases militaires contre la volonté des populations locales est une violation flagrante de la souveraineté africaine. Au lieu de nourrir un fantasme de grandeur géopolitique, Paris ferait mieux de se concentrer sur une coopération économique et culturelle, sur un partenariat réellement équilibré et respectueux, sans soldats ni bases militaires imposées.

Alassane Diarra 

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