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Niger : au moins 21 morts dans la collision de deux autocars près de Madaoua

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Deux bus assurant la liaison Maradi-Madaoua se sont violemment percutés vendredi soir dans la région de Tahoua, dans le sud-ouest du Niger. Un accident meurtrier, parmi les plus graves de l’année dans le pays, qui relance le débat sur la sécurité d’un réseau routier où les drames de ce type se multiplient.

Le bilan est provisoire, mais déjà lourd. Un accident survenu vendredi 7 août sur l’axe Maradi-Madaoua, dans la région de Tahoua, au sud-ouest du Niger, a fait au moins 21 morts et 37 blessés, selon un bilan communiqué par l’Agence nigérienne de presse (ANP) et relayé par l’agence Anadolu. Deux autocars de transport de voyageurs, exploités par les compagnies SONITRAV et STM, sont entrés en collision frontale à hauteur du village de Doukou Doukou, à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Madaoua.

Selon le récit du commandant de la brigade de gendarmerie de Madaoua, cité par l’ANP, le choc a été d’une violence rare. Les deux véhicules ont dérapé sur plusieurs dizaines de mètres après l’impact, 170 mètres pour le bus de la STM, 96 mètres pour celui de la SONITRAV, dont le chauffeur est mort sur le coup. Les corps des victimes ont été transférés à l’hôpital de district de Madaoua, tandis que les blessés les plus graves ont été évacués vers Maradi. Le gouverneur de la région de Tahoua, le colonel-major Souleymane Amadou Moussa, s’est rendu sur place pour présenter les condoléances des autorités aux familles endeuillées.

Une enquête de gendarmerie a été ouverte pour établir les circonstances exactes du drame. Selon plusieurs sources locales, le bus de la SONITRAV, en provenance de Maradi, transportait notamment des militaires qui revenaient d’une formation au Centre d’instruction d’Aroungouza, dans la région de Zinder, et se dirigeaient vers Niamey.

Un mal endémique sur les routes nigériennes

Le drame de Doukou Doukou survient alors que les autorités nigériennes multiplient depuis plusieurs mois les campagnes de sensibilisation contre l’insécurité routière, un fléau récurrent dans cet immense pays sahélien. Selon l’Agence nigérienne de la sécurité routière, le Niger a recensé plus de 7 100 accidents de la circulation en 2025, qui ont causé environ 1 245 morts et près de 4 400 blessés graves. Parmi les causes récurrentes identifiées par les autorités figurent l’excès de vitesse, le non-respect de la signalisation, la conduite en état d’ivresse et la somnolence au volant.

Ce constat dépasse largement les frontières du Niger. Selon le dernier rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde de l’Organisation mondiale de la santé, l’Afrique subsaharienne affiche le taux de mortalité routière le plus élevé au monde. Près de trois fois supérieur à la moyenne européenne, en raison notamment d’un parc automobile vétuste, d’infrastructures routières souvent dégradées et d’un contrôle insuffisant du respect du code de la route sur de longs axes interurbains.

Au Sahel, ces drames routiers touchent régulièrement les grands axes reliant les principales villes, comme le documentait Sahel Tribune à propos de la route nationale reliant Bamako à Ségou, au Mali, où les collisions meurtrières sont également devenues récurrentes ces dernières années. Une hantise partagée par les usagers de la route dans plusieurs pays de la région, où les longs trajets en autocar demeurent, faute d’alternative, le principal moyen de transport interurbain pour des millions de voyageurs.

Chiencoro Diarra 

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