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Sous le signe du général Sangaré : la nouvelle génération d’officiers prête à défendre le Mali

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Sur les rives paisibles du fleuve Niger, Koulikoro a vibré ce vendredi 28 novembre 2025 au rythme du pas cadencé des troupes et des hymnes militaires. Le Président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïtachef Suprême des Armées, a présidé la cérémonie de baptême de la 47ᵉ promotion de l’École Militaire Interarmes (EMIA)

Composée de 343 jeunes officiers, cette promotion, baptisée « général de Brigade Pangassy Sangaré », symbolise la relève d’une armée malienne en pleine refondation. Entre discipline, loyauté et patriotisme, ces nouveaux officiers incarnent la promesse d’un Mali debout, souverain et maître de son destin.

Cette cérémonie de baptême de la 47ème promotion de l’EMIA a été sobre, empreinte de fierté et d’émotion, qui scelle l’entrée dans la vie active de 343 jeunes officiers, désormais prêts à servir la Nation, le drapeau et la souveraineté du Mali.

Une cérémonie d’unité et de continuité

Entouré du Premier ministre, du Président du Conseil National de Transition, du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, des chefs militaires, diplomates et partenaires étrangers, le général Assimi Goïta a tenu à donner un ton solennel à cet événement symbolique.

Car à Koulikoro, berceau de la formation militaire malienne, le baptême d’une promotion n’est pas qu’une cérémonie protocolaire. C’est une transmission de flambeau, un serment collectif d’honneur, de discipline et de sacrifice.

Les 343 officiers de cette cuvée 2025, issus du cycle normal et du cycle spécial, incarnent à la fois la relève et la diversité du corps militaire. Le cycle normal regroupe 325 officiers, dont 34 femmes, venus de neuf pays africains — un signe de l’aura régionale et de la vocation panafricaine de l’école.

Le cycle spécial, lui, compte 18 médecins militaires, un corps d’élite indispensable dans les opérations modernes. Fait marquant : le major du cycle normal, le sous-lieutenant Idrissa Tiama, a obtenu la moyenne exceptionnelle de 16,60/20, symbole de la rigueur et de l’excellence que l’institution cultive depuis sa création.

La refondation de l’outil militaire repose sur l’humain

Dans un entretien accordé à la presse au terme de la cérémonie, le Chef de l’État a d’abord tenu à rendre grâce à Allah, le Tout-Puissant, pour avoir permis une nouvelle fois de célébrer la marche irréversible de l’armée malienne, « symbole de souveraineté et de dignité nationale ». Il a salué avec fierté la remise des épaulettes aux 343 jeunes officiers, marquant, selon lui, non pas la fin d’un parcours, mais le début d’une mission : celle de servir la nation avec loyauté et abnégation.

Poursuivant son propos, le Chef Suprême des Armées a rappelé que cette promotion s’inscrit pleinement dans la vision stratégique de la Transition, celle d’édifier une armée moderne, robuste et capable de faire face à des menaces de plus en plus complexes. Il a exprimé sa reconnaissance au peuple malien, qu’il a qualifié de « résilient et lucide », pour son soutien indéfectible aux réformes entreprises dans le secteur de la défense. Selon lui, la refondation de l’outil militaire repose avant tout sur l’humain : « bien recruter, bien former, et assurer le bien-être du soldat et de sa famille ».

Feu Général de Brigade Pangassy Sangaré, un officier modèle

Le Président Goïta a ensuite insisté sur la nécessité d’un équilibre entre formation, équipements et mission, trois piliers indispensables pour renforcer la puissance et la cohésion des Forces Armées. Dans un contexte marqué par la recomposition géopolitique mondiale et la persistance de la menace terroriste, il a souligné que le Mali n’avait d’autre choix que de s’adapter en permanence. Pour lui, la montée en puissance de l’armée ne se limite pas à la défense territoriale, mais s’étend désormais à la protection des intérêts économiques et stratégiques du pays. « Face aux groupes armés terroristes et à leurs sponsors étrangers, nous devons construire une armée digne de ce nom, capable de défendre la patrie sous toutes ses formes », a-t-il affirmé.

S’adressant enfin aux jeunes officiers de la 47ᵉ promotion « Feu Général de Brigade Pangassy Sangaré », le Président de la Transition a exprimé toute sa fierté et ses attentes. Il les a exhortés à suivre l’exemple de leur parrain, « un officier modèle, ayant gravi tous les échelons jusqu’au poste de Chef d’État-major Général des Armées ». « Vous devez être à la hauteur de cet héritage : faire preuve de leadership, d’engagement et de professionnalisme », leur a-t-il lancé. Pour le Général Goïta, la valeur d’une armée se mesure à la qualité morale et humaine de ses soldats. Il a appelé ces jeunes chefs à poursuivre leur formation, à cultiver la discipline et à protéger leurs subordonnés : « Sans esprit d’équipe et sens du sacrifice, aucune victoire n’est possible ».

Et de conclure dans un ton solennel : « Face à la complexité des menaces et aux défis sécuritaires, notre armée doit rester unie, déterminée et digne. Le courage, la foi et la persévérance sont nos meilleures armes. C’est par elles que nous préserverons la souveraineté et la dignité du Mali. »

Un enseignement rigoureux pour une armée moderne

L’EMIA, fidèle à sa réputation, a offert à cette promotion une formation complète et exigeante, alliant instruction tactique, aguerrissement commando, maniement d’armes, leadership et droit international humanitaire. Les jeunes officiers ont également suivi des modules spécialisés en génie militaire, transmissions, santé, hydrocarbures, communication stratégique, et même en coopération militaire Sud-Sud, à travers un module de formation dispensé en Ouganda.

Le Chef d’État-major général des Armées, le Général Oumar Diarra, a tenu à rappeler que « l’excellence militaire ne se mesure pas seulement aux armes, mais à la rigueur morale et au sens du devoir ». Il a exhorté les nouveaux officiers à devenir des leaders de terrain, capables de « comprendre, assumer et transmettre la mission » tout en « préservant la cohésion et la dignité de leurs troupes ».

Une armée en reconstruction et une jeunesse en marche

La 47ᵉ promotion est aussi la dernière à suivre le cycle de formation de deux ans. Dès la prochaine promotion, l’EMIA reviendra à un cursus de trois ans, signe d’une volonté de renforcer la technicité, la réflexion stratégique et la formation civique des futurs officiers. Un changement qui s’inscrit dans la vision de modernisation portée par le Chef de l’État : celle d’une armée plus professionnelle, plus autonome et plus enracinée dans les valeurs nationales.

Alors que les jeunes officiers reprenaient en chœur leur chant de promotion, la cour de l’école vibrait d’un sentiment rare — un mélange de fierté, de gravité et d’espérance. Car à Koulikoro, ce jour-là, le Mali ne célébrait pas seulement une promotion militaire, mais une promesse : celle d’une jeunesse armée pour la paix, formée pour le service et prête à défendre la dignité nationale jusqu’au sacrifice ultime.

Chiencoro Diarra 

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