Mali-Guinée : Goïta et Doumbouya regardent dans la même direction

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Animés par un élan panafricaniste, les présidents maliens et guinéens de la transition travaillent à redynamiser les relations entre leurs pays. Les deux chefs d’État regardent dans la même direction.

« Le Mali et la Guinée sont deux poumons dans un même corps », avait déclaré Ahmed Sékou Touré, père de l’indépendance guinéenne et premier président de la Guinée indépendante. Un passage qui témoigne de la vitalité des relations de bons voisinages qui ont toujours existé entre ces deux États.  

Depuis leur arrivée au pouvoir, à travers des coups d’État, les présidents Goïta et Doumbouya travaillent à redynamiser cette relation historique, dans « l’intérêt de leurs peuples ».

L’élan panafricaniste  

« Avant la CEDEAO, l’Union africaine, les Nations Unies, il y a ce qu’on appelle le voisinage immédiat. La Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal sont des pays à voisinage immédiat », a expliqué Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération internationale, de l’intégration africaine et des Guinéens de l’Étranger. Et de rassurer en ajoutant : « Les deux présidents veulent redynamiser, dépoussiérer ces relations et les mettre au service de nos peuples ».

Le 4 août 2022, au palais Mohammed V de la Guinée, cinq ministres maliens avaient pris part au Conseil des ministres, présidé par le colonel Mamady Doumbouya. Une session qui était placée sous le signe du renforcement de l’axe de coopération guinéo-malienne.

Les deux colonels à la tête de ces pays sont animés par cet élan panafricaniste. « Nos deux chefs d’État se situent dans l’héritage historique de l’engagement panafricain qui a été tissé entre nos deux pays », a précisé Addoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, lors d’une visite de son homologue guinéen au Mali, le 7 septembre, au palais de Koulouba.

Domaines de coopération

Si depuis 2012, des contingents guinéens participent aux côtés des militaires maliens dans la lutte contre le terrorisme, il convient de souligner aujourd’hui que la coopération entre les deux pays dans le domaine sécuritaire se renforce davantage. Ils se donnent la main en vue de mieux contrôler leurs frontières.

Les colonels Goïta et Doumbouya ainsi que les gouvernements maliens et guinéens ont donc la responsabilité de donner un contenu économique concret aux échanges entre ces deux peuples afin de permettre d’avoir des projets structurants, exhorte M. Diop.

Le diplomate guinéen rassure que d’ores et déjà il y a un immense chemin sur lequel les deux pays peuvent s’engager : les routes, les chemins de fer, les voies aériennes et même le transport fluvial.

Parmi les pays membres de la Cédéao, la Guinée était le seul à refuser de fermer ses frontières avec le Mali, lorsque celui-ci subissait les sanctions de cette organisation ouest-africaine.

Grâce à la vision de ces deux soldats, la Guinée et le Mali se réveillent et mettent en œuvre la volonté des pères des indépendances.

Chiencoro Diarra

Chiencoro
Chiencorohttps://saheltribune.com
Chiencoro a plusieurs années d'expérience dans la presse écrite et le blogging au Mali. Il est présentement journaliste-reporter à Sahel Tribune.

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