Home Actu Sortie de la 45e promotion de l’ÉMIA : la place du centre d’instruction Boubacar Sada Sy dans la reconstruction de l’armée malienne 

Sortie de la 45e promotion de l’ÉMIA : la place du centre d’instruction Boubacar Sada Sy dans la reconstruction de l’armée malienne 

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Le vendredi 1er septembre 2023, le Centre d’Instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro a abrité la cérémonie de sortie de la 45e promotion de l’École Militaire interarmes (ÉMIA) de Koulikoro. Ce Centre occupe une place considérable dans la montée en puissance de l’armée malienne. 

Présidé par le président de la transition, le Colonel Assimi Goïta, cette cérémonie consacrée au baptême et à la remise des attributs de la 45e Promotion de l’ÉMIA, a enregistré la présence de plusieurs hautes personnalités du pays, notamment le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga et le président du Conseil national de la transition (CNT), le Colonel Malick Diaw. Ces nouveaux officiers viennent ainsi renforcer les rangs des Forces de défenses et de sécurité du Mali.

Un effectif total de 235 personnels

La 45e promotion de l’ÉMIA a été baptisée feu Général d’Armée Moussa Traoré. Il s’agit d’une « reconnaissance du mérite », qui reste l’une des « valeurs cardinales au sein des Forces armées de Défense et de Sécurité », a indiqué le général de division Oumar Diarra, chef d’État-major général des armées.

Les nouveaux éléments ont un effectif total de 235 ayant suivi une formation d’une durée de 2 ans. Il s’agit de 51 personnels féminins tous maliens et 19 venant de 8 pays africains : à savoir 1 du Cameroun, 2 de la Guinée Conakry, 4 de la Mauritanie, 2 du Niger, 1 de la République Démocratique du Congo, 2 du Sénégal, 4 du Tchad et 3 du Togo.

Le major de la promotion est le Sous-lieutenant Mama Sanogo du Mali, avec une moyenne générale de 16,354/20.

Officiers 45ème promotion de l'EMIA
Défilé des Officiers de la 45ème promotion de l’EMIA. Présidence du Mali.

Selon les précisions du Lieutenant Chaka Sidibé, Officier des transmissions du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, qui assurait le rôle de maitre de cérémonie de cette activité, le « majorat à l’École Militaire Inter Armes nécessite une certaine constance, beaucoup d’assiduité, de la détermination et une bonne capacité à trouver un équilibre entre les activités extrascolaires, académique et purement militaire ».

Cet évènement a été marqué par la remise des sabres et des épaulettes aux nouveaux promus, qui ont prêté serment devant le drapeau national et le chef suprême des Armées. Ils se sont notamment engagés à servir la patrie avec loyauté, dévouement et honneur.

Adulé

Selon le Colonel Issa Kaloga, Commandant du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, ce Centre a pour mission « d’apporter aux Forces Armées Maliennes, un appoint permanent en termes de formation et de perfectionnement d’Officiers de valeur, dans un monde où les missions confiées aux armées sont de plus en plus complexes ». À ses dires, ce haut lieu de l’instruction militaire « forme non seulement des chefs sur le plan militaire, mais aussi des bâtisseurs de la Nation tout en bâtissant sa réputation vers une institution de Leadership ». Surtout lorsque le centre est « adulé ces derniers temps avec une forte demande au recrutement national et international compte tenu de la qualité de l’instruction dispensée aux élèves et stagiaires ».

Le CIBSSK donne aux élèves des connaissances techniques et tactiques qui les rendent aptes à commander dans un cadre interarmées, en temps de paix comme en situation d’engagement dans les opérations de coercition ou de maitrise de la violence. Ses objectifs consistent à développer la culture d’initiative, par laquelle le jeune chef anticipe les décisions, provoque et n’hésite jamais à les prendre à son niveau. Tout en développant le gout du risque, par la pratique régulière du sport et par le biais des stages d’aguerrissement générant un stress prolongé proche du stress du combat, ce Centre permet de développer le sens de l’honneur, de la dignité et du sacrifice vis-à-vis de la Nation. Toute chose qui vise à autonomiser le jeune Officier dans la prise en compte de son propre travail de culture personnelle pour acquérir une culture générale indispensable à tout jeune cadre de la Nation.

Une brève histoire 

Pour atteindre ce but, indique le Colonel Kaloga, le cycle de formation des Élèves Officiers d’Active obéit à des principes qui consistent à donner les réflexes de comportement sur le plan de la rigueur et de la discipline. Il s’agit aussi de développer les qualités morales, physiques, humaines et intellectuelles nécessaires à tout Officier par « l’École de l’Action » qui a pour objectif de préparer le jeune Officier à l’exercice du commandement et de donner une compétence professionnelle de base dans les domaines physique, sportif, technique et tactique afin de le préparer au rôle du Chef du temps de paix, de crise ou de guerre. Ces principes consistent tout de même à acquérir une connaissance professionnelle de base lui permettant d’être apte à commander une (01) section d’Infanterie motorisée ; d’aborder un cycle d’instruction spécialisée ou une École d’Application ; d’obtenir les bases d’une culture de défense et civique par « l’École de Réflexion ».

L’école militaire interarmes a été créée le 1er octobre 1962. Elle était installée dans l’ancienne école des Enfants de Troupe, actuel Prytanée Militaire de Kati, jusqu’en 1980. À cette période, 8 promotions avaient été formées. Depuis le 1er octobre 1980, l’école a été transférée à Koulikoro sur les berges du fleuve Niger, à proximité du Nianan Kulu, site chargé d’histoire.

L’école fut ouverte au reste du continent africain en 1993. Elle a formé depuis cette date des élèves officiers venus de 12 pays amis, notamment le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, le Gabon, la Guinée-Conakry, la Mauritanie, le Niger, la République centrafricaine, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Tchad, le Togo et la République Démocratique du Congo.

Bakary Fomba

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