Accueil » Blog » Politique » Mali : vers des élections en 2025 ?

Mali : vers des élections en 2025 ?

0 comments 1,1K views 3 minutes read

À la croisée des chemins, le Mali prépare une année décisive : avec un budget électoral record de 80,75 milliards FCFA pour 2025, le Président de la Transition, Assimi Goïta, trace les contours d’un retour à l’ordre constitutionnel, malgré les défis sécuritaires et politiques qui jalonnent cette voie.

Alors que les Maliens guettent avec impatience les signes d’un retour à l’ordre constitutionnel, le discours inaugural du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, lors du premier Conseil des ministres du gouvernement Abdoulaye Maïga, a donné des indications fortes sur l’avenir politique du pays. Si l’horizon reste flou, les orientations stratégiques dévoilées mettent en lumière des avancées vers des élections en 2025.

Une Transition tournée vers la légitimité institutionnelle

« L’objectif des autorités de la Transition est de doter notre pays d’institutions légitimes et fortes », a déclaré le chef de l’État, rappelant que les élections doivent mettre un terme à cette période transitoire. Cette priorité se reflète dans l’enveloppe budgétaire conséquente prévue pour les dépenses électorales dans le cadre du projet de Loi de finances 2025 : 80,75 milliards FCFA, soit environ 134,8 millions de dollars. Une hausse significative par rapport aux 117,9 millions de dollars alloués en 2024, traduisant la volonté des autorités de préparer sérieusement ce rendez-vous historique.

Cependant, le chemin reste semé d’embûches. L’insécurité persistante et les défis techniques avaient justifié le report de la présidentielle initialement prévue en février 2024, décision qui a exacerbé les tensions politiques et sociales. Pour de nombreux observateurs, la clé réside dans la mise en place de conditions fiables et transparentes pour des scrutins apaisés.

Une mobilisation stratégique des ressources

L’importance des élections est également visible dans la réduction prévue des dépenses électorales après 2025, à hauteur de 16,6 millions de dollars pour 2026 et 2027. Cette baisse anticipée témoigne d’une stratégie focalisée sur 2025 comme une année charnière, où tous les efforts doivent converger pour garantir des élections crédibles.

« Vous allez créer toutes les conditions nécessaires à l’organisation d’élections transparentes et apaisées », a exhorté Assimi Goïta à la nouvelle équipe gouvernementale, après un deuxième remaniement depuis son investiture le 7 juin 2021. Ce plaidoyer reflète la prise de conscience des attentes internationales et nationales concernant la fin de la Transition.

Les défis de la Transition

Cependant, des interrogations subsistent quant à la gestion concrète de cette phase décisive. Bien qu’aucun détail n’ait été donné sur l’utilisation précise des fonds alloués, leur ampleur soulève des attentes énormes dans un contexte où le climat sécuritaire et la logistique électorale représentent des défis majeurs.

Le report des élections en 2024 avait déjà suscité des critiques de divers acteurs politiques et de la société civile, qui craignent que la Transition ne s’éternise. Certains réclament une date claire pour la présidentielle afin de dissiper les incertitudes. 

Un avenir suspendu aux urnes

Le discours du Président Goïta ne s’est pas limité à l’aspect électoral. Il a également souligné les réformes économiques, sociales, et institutionnelles comme piliers pour préparer le Mali à sa nouvelle ère. De la défense nationale à l’amélioration des conditions de vie, les priorités sont alignées sur les aspirations des Maliens exprimées lors des Assises de la Refondation.

L’organisation d’élections en 2025 semble désormais inévitable pour consolider les acquis de la Transition et rétablir la légitimité politique. Toutefois, la route vers les urnes exige une planification rigoureuse et une gestion sécurisée des tensions existantes.

Entre incertitudes et promesses, l’année 2025 sera sans doute décisive pour l’avenir démocratique du Mali.

Oumarou Fomba 

Leave a Comment