Réunis à Ouagadougou, les chefs d’état-major de la Confédération des États du Sahel ont franchi une nouvelle étape dans la structuration de leur outil militaire commun. L’objectif : porter à 15 000 hommes la force conjointe pour lutter contre les groupes armés dans la région.
Après une première phase opérationnelle limitée, la montée en puissance de la force conjointe marque un tournant stratégique dans la réponse sécuritaire sahélienne.
Une montée en puissance assumée
La Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, entend franchir un cap décisif dans sa stratégie sécuritaire. Selon des informations relayées par le média Burkina24, les effectifs de la Force unifiée devraient atteindre 15 000 soldats.
Cette montée en puissance est au cœur des discussions de la première réunion ordinaire du Comité des chefs d’état-major de la Confédération (CCEMC), organisée les 16 et 17 avril à Ouagadougou. L’objectif affiché de sécuriser un espace sahélien en proie à une instabilité chronique et intensifier la lutte contre les groupes armés.
Une architecture militaire en construction
Au-delà de l’annonce des effectifs, les responsables militaires planchent sur les fondations opérationnelles de cette force conjointe. Plusieurs documents structurants sont à l’étude, notamment le règlement de service en campagne, les règles d’engagement et les modalités de financement.
Pour le chef d’état-major burkinabè, le général Moussa Diallo, l’enjeu de cette rencontre est d’acter les propositions élaborées par les experts afin de rendre la force pleinement opérationnelle. Une fois validés, ces dispositifs doivent permettre le déploiement effectif des troupes sur le terrain.
Une force déjà engagée sur le terrain
Créée en mars 2024 par les trois pays du « trio sahélien », la force unifiée n’en est pas à ses débuts. Dès avril de la même année, elle avait mené sa première opération conjointe dans les zones frontalières, ciblant des bases logistiques et des groupes armés.
Fin janvier 2026, le général de brigade Daouda Traoré, commandant de la force, avait présenté un état des lieux des préparatifs au président de la transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta. À cette date, environ 6 000 hommes étaient déjà mobilisés.
Le passage à 15 000 soldats traduit donc une volonté d’élargir l’empreinte opérationnelle et d’accroître la capacité de projection de cette coalition régionale.
Une réponse sahélienne à une menace persistante
Depuis plus d’une décennie, la région du Sahel est confrontée à une expansion des groupes terroristes affiliés à État islamique et à Al-Qaïda. Initialement concentrés dans le nord du Mali après l’insurrection de 2012, ces groupes ont progressivement étendu leur influence au Burkina Faso et au Niger.
Face à cette menace transfrontalière, les États de l’AES ont fait le choix d’une réponse coordonnée, rompant avec les dispositifs internationaux antérieurs et misant sur une souveraineté sécuritaire renforcée.
La montée en puissance de la force unifiée s’inscrit dans une logique plus large de réappropriation des enjeux sécuritaires par les États sahéliens. En mutualisant leurs moyens militaires, le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à bâtir une réponse autonome face à une crise devenue structurelle.
Chiencoro Diarra
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