Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a présenté aux professionnels du secteur le programme du mois de septembre, qui doit s’achever par une édition spéciale du Salon international du tourisme, en octobre.
La salle de conférence du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, à Bamako, a accueilli, mercredi 26 août, les principales fédérations professionnelles de l’hôtellerie et du tourisme malien. Le ministre Mamou Daffé leur a présenté le programme du « Mois du tourisme », qui doit se dérouler tout au long du mois de septembre à travers le pays, avant de culminer, en octobre, avec une édition spéciale du Salon international du tourisme (SITOUR).
L’initiative s’articule autour de la Journée mondiale du tourisme, célébrée chaque année le 27 septembre à l’initiative de l’Organisation mondiale du tourisme, agence des Nations unies. Le ministère y voit l’occasion de mettre en avant le tourisme domestique, avec des excursions organisées dans plusieurs régions du pays, notamment à Koulikoro et à Bougouni, dans le cadre d’un programme baptisé « Les Maliens visitent le Mali ». Des conférences thématiques et des hommages à des figures historiques du secteur touristique national complètent le dispositif.
Le choix de miser sur la clientèle intérieure n’est pas anodin. Le tourisme malien, longtemps porté par les sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco (la vieille ville de Djenné, Tombouctou, le pays dogon et la falaise de Bandiagara, le tombeau des Askia à Gao), a été l’un des secteurs économiques les plus durement frappés par la crise ouverte en 2012 dans le nord du pays. Avant cette date, le tourisme figurait parmi les trois premières sources de recettes en devises du Mali, avec près de 170 000 visiteurs étrangers accueillis en 2011, selon des données rapportées à l’époque par la radio publique américaine NPR. L’occupation du Nord par des groupes armés, puis la persistance de l’insécurité dans plusieurs régions, ont fait chuter ce chiffre à quelques milliers de visiteurs dès l’année suivante, provoquant la fermeture de nombreux hôtels, restaurants et agences de voyages, notamment autour de Mopti, Djenné et Tombouctou.
Treize ans plus tard, la fréquentation touristique internationale reste très en deçà de son niveau d’avant-crise, en dépit d’une accalmie relative dans certaines régions du pays. C’est dans ce contexte que le ministère mise sur le tourisme interne et sur un partenariat renforcé avec le secteur privé pour maintenir en activité les professionnels de la filière, en attendant un éventuel retour de la clientèle internationale.
Selon un communiqué du ministère, les représentants des faitières du tourisme et de l’hôtellerie ont accueilli favorablement l’initiative et se sont dits prêts à y contribuer. M. Daffé a, pour sa part, salué la « résilience » des professionnels du secteur depuis le début de la crise sécuritaire, et les a appelés à se mobiliser pour la réussite du Mois du tourisme, présenté par le ministère comme une étape vers la relance de la destination Mali.
A.D






