Pendant trois décennies, le Mali a connu une gouvernance qualifiée de chaotique par beaucoup de Maliens. D’où la déception des populations qui, à travers un soulèvement populaire, ont permis à des jeunes officiers patriotes d’être à la tête du pays, mettant ainsi fin au régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). C’était dans la nuit du 18 au 19 août 2020. Six ans après, la grande majorité des Maliens est satisfaite de la gestion du pays faite par le Président Assimi Goïta.
En effet, le Président de la transition a su conquérir la confiance du peuple à travers un système de gestion que l’on peut qualifier de démocratie directe. Ce système a consisté à demander l’avis du peuple sur chaque sujet. Tout a commencé par les Assises nationales de la Refondation, organisées immédiatement à la suite de la rectification de la trajectoire de la transition opérée le 24 mai 2021, qui a permis à Assimi Goïta d’accéder à la magistrature suprême. À la suite de ces assises, le dialogue intermalien a été organisé, tout comme les états généraux des différents secteurs de la vie de la nation.
Les recommandations issues de ces différents foras ont servi de boussole pour le Président Goïta. Autrement dit, ce sont ces recommandations qui guident sa gestion. De plus, afin d’obtenir des orientations spécifiques pour la résolution de certains problèmes concernant la vie de la nation, il consulte le peuple en organisant des concertations. C’est le cas, entre autres, de la situation des partis politiques.
Une gestion fondée sur les recommandations du peuple
Après la rectification de la trajectoire de la transition, le peuple malien a été consulté à travers les Assises nationales de la Refondation (ANR). Ces assises se sont tenues dans les communes, cercles et régions. La phase finale a eu lieu fin décembre 2021 à Bamako. À l’issue de ces travaux, plusieurs recommandations ont été formulées dans tous les domaines, avant que d’autres concertations sectorielles ne soient organisées. C’est ainsi qu’ont été tenus les états généraux sur l’éducation, la santé, la justice, les transports, la diaspora, la culture, la femme et l’enfant, entre autres.
À l’instar des Assises nationales de la Refondation, ces différents foras ont produit des recommandations. Ainsi, le Chef de l’État a bâti sa gestion sur la base de ces différentes recommandations. Pour s’assurer de la bonne mise en œuvre de ces recommandations, le Président Goïta a mis en place un comité de suivi qui fournit annuellement un rapport. Après quelques années de mise en œuvre, des résultats positifs ont été enregistrés.
Les bases du Mali Kura posées
Au terme de six ans, force est de constater que la souveraineté du Mali s’est renforcée à travers la reprise en main du destin du pays, malgré les crises sécuritaires, les sanctions et les pressions extérieures. Il y a eu aussi des réformes politiques comme l’adoption de la Constitution de 2023. En matière de sécurité, les forces armées sont montées en puissance avec l’acquisition de nouveaux équipements, l’intensification des opérations contre les groupes armés et le renforcement de la sécurité dans l’espace AES.
Sur le plan diplomatique, la priorité a été donnée à une coopération fondée sur le respect de la souveraineté et sur le développement de la Confédération des États du Sahel (AES). En termes d’économie, le secteur minier a été totalement réformé par l’adoption d’un nouveau code minier et d’une nouvelle loi sur le contenu local, dont la mise en œuvre a permis, entre autres, de renégocier les conventions avec les multinationales. Ces renégociations ont permis de recouvrer des centaines de milliards de F CFA, dont une partie a été redistribuée aux communes en vue de financer des projets locaux.
De plus, en vue d’amorcer un véritable développement du pays, des investissements ont été faits dans l’agriculture, l’éducation, la santé, les routes, l’énergie, le numérique, l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes. Au regard de ces bons résultats, les Maliens ont exprimé leur confiance aux autorités de la transition.
Plus de quatre Maliens sur cinq satisfaits de la gestion de la transition
C’est le résultat de «Mali-mètre», une enquête d’opinion organisée par la fondation allemande «Friedrich-Ebert-Stiftung» (FES). L’enquête de la FES, qui est à sa 17ᵉ édition, s’est déroulée du 10 au 24 avril 2026. Le traitement des données collectées a été finalisé en juillet 2026, et les résultats ont été publiés le 9 août 2026. Ils révèlent que plus de quatre personnes sur cinq sont satisfaites (53,3 % de très satisfaits et 35,2 % de plutôt satisfaits). Ce taux est particulièrement élevé dans les régions de Kayes (91,3 %), Koulikoro (92,6 %), Sikasso (96,2 %), Ségou (90,9 %) et Ménaka (98,9 %), où plus de neuf personnes sur dix expriment leur satisfaction à l’égard de la gestion de la transition.
Le niveau de confiance dans la gestion de la transition reste élevé sur la période 2022-2025, pour plus de neuf Malien·ne·s sur dix (88,5 %). Toutefois, on note un recul de 2,2 points de pourcentage (88,5 %) par rapport à l’année dernière (90,7 %).
Niveau de satisfaction du changement et de la composition du nouveau gouvernement : plus de sept Malien·ne·s sur dix sont satisfait·e·s du changement et de la composition du nouveau gouvernement (34,1 % de très satisfait et 38,9 % de très insatisfait).
Il faut indiquer que l’enquête a fait ressortir que, de tous les acteurs de la transition, le président concentre le plus fort taux de confiance, avec 72,1 %.
Sidi Modibo Coulibaly
