Sahel : venue en héroïne, la France traverse une période de turbulence

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Au Sahel, le départ des forces militaires françaises est de plus en plus demandé par des populations. Les manifestations s’intensifient.

Dans plusieurs pays sahéliens, les remous autour de la présence des forces armées françaises rappellent les années d’indépendance. Après la création des forces armées nationales, le départ de l’armée colonialiste a été la dernière étape conduisant aux indépendances des années 1960.

Au Mali, le départ du dernier soldat du colon remonte au 20 janvier 1961, laquelle date est arrêtée depuis comme jour de la fête de l’armée malienne.

Dans ce pays sahélien, en proie à une crise multidimensionnelle, où les forces armées françaises sont présentes depuis 2013, la France est au cœur d’une véritable bourrasque. Les populations expriment de plus en plus leur ras-le-bol contre la présence de ces forces sur leur territoire.

Manifestations sporadiques

Sollicitée en 2013, par un régime de transition, en vue de stopper l’avancée des groupes armés terroristes vers le sud, la France aurait échoué dans sa mission — aux yeux de certains maliens. À partir de 2015, l’insécurité s’est étendue vers le centre du pays avant de remonter plus vers le sud. Avec son lot de morts et de déplacés internes et externes ainsi que de réfugiés.

Pire, des rapports d’experts épinglent cette « armée » de bavures, bien que des autorités françaises nient leur responsabilité. Les civils sont les plus grandes victimes de ces exactions attribuées aux forces armées françaises.

Au Burkina Faso ainsi qu’au Niger aussi, le statu quo reste quasiment le même. Malgré la présence militaire française, les forces armées nationales de ces pays aussi bien que les civils continuent à payer un lourd tribut. L’insécurité ne connaît point de rémission.

D’où des manifestations sporadiques pour demander le départ de ces forces que certains accusent des forces d’exploitation des richesses de leurs pays, qui sont confrontés à des crises sécuritaire et politique.

Période de turbulence

Après la crise diplomatique entre la France et le Mali, contre lequel les pays de l’Union européenne, à la suite de la Cédéao, adoptent des sanctions interdisant aux autorités transitoires de voyager et gelant également leurs avoirs, le Burkina Faso est entré dans la danse au cours de la semaine écoulée.

Un convoi de la Force Barkhane avait été empêché de rallier le Niger à travers le pays des « hommes intègres », où les populations sont vent debout contre la présence française sur leur sol. Une situation qui survient après la tuerie d’Inata, le dimanche 14 novembre 2021. Une tuerie précédée par bien d’autres à un moment où la France abandonne certaines de ses positions au nord du Mali en vue de se concentrer davantage sur la zone des trois frontières.

Ces demandes de départ de la France rappelle les mauvais souvenirs des années d’indépendance. Le pays des Lumières traverse sans doute une période de turbulence au Sahel.

Chiencoro

Chiencoro
Chiencorohttps://saheltribune.com
Chiencoro a plusieurs années d'expérience dans la presse écrite et le blogging au Mali. Il est présentement journaliste-reporter à Sahel Tribune.

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