Dans le cadre de la relance des activités du Palais de la culture Amadou-Hampâté-Bâ, l’homme de théâtre Issa Coulibaly a animé, jeudi 27 août, une conférence sur le rôle de la scène dans la construction du « Maliden Kura », le projet de refondation identitaire porté par les autorités de la transition.
C’est un lieu emblématique de la vie culturelle malienne, longtemps mis en veille, que les autorités entendent aujourd’hui redynamiser. Le Palais de la culture Amadou-Hampâté-Bâ, à Bamako, a accueilli jeudi 27 août une conférence consacrée au « pouvoir du théâtre dans la construction du Maliden Kura », littéralement le « Mali nouveau », formule qui désigne le projet de refondation nationale porté par les autorités de la transition depuis 2020.
La conférence était animée par Issa Coulibaly, présenté par les organisateurs comme « ambassadeur du Kotèba », du nom de cette forme théâtrale traditionnelle bamanan mêlant chant, danse et satire sociale, popularisée à l’échelle nationale par la troupe du Kotèba national du Mali depuis sa création en 1969. Devant un public de professionnels et d’étudiants en art dramatique, l’artiste a plaidé pour un théâtre conçu comme outil de sensibilisation, de dénonciation des injustices et de transmission, du théâtre pédagogique en milieu scolaire au théâtre de sensibilisation communautaire.
« Former un jeune à la pratique du théâtre, c’est aussi contribuer à la construction d’un citoyen ; valoriser nos langues, notre histoire et notre identité culturelle, c’est donner à la culture toute son essence dans la construction du Maliden Kura», a affirmé M. Coulibaly, selon les propos rapportés par les organisateurs de la rencontre. La séance s’est conclue par une intervention du directeur national des arts et de la culture, Cheick Boukouta Karamoko Sissoko.
Former un jeune à la pratique du théâtre, c’est aussi contribuer à la construction d’un citoyen ; valoriser nos langues, notre histoire et notre identité culturelle, c’est donner à la culture toute son essence dans la construction du Maliden Kura
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les arts de la scène maliens, portés par une tradition théâtrale ancienne et reconnue dans la sous-région, peinent depuis plusieurs années à trouver des financements stables et des salles en état de fonctionner, sur fond de crise sécuritaire et de contraction des budgets culturels. La remobilisation d’un lieu comme le Palais de la culture, doté d’infrastructures qui avaient perdu de leur activité, s’ajoute à une série de mesures par lesquelles le ministère de la Culture entend faire de la production culturelle un pilier de la stratégie de refondation nationale affichée par la transition malienne.
A.D






