Un mois après le retour des ambassadeurs, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb a invité son homologue malien à effectuer une visite de travail à Alger. Un nouveau pas dans la normalisation entre les deux pays, après la crise ouverte par la destruction d’un drone malien en 2025.
Le rapprochement entre Bamako et Alger continue de prendre forme. Selon le site TSA Algérie, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb s’est entretenu par téléphone, dimanche 9 août, avec son homologue malien, le général de division Abdoulaye Maïga, sur instruction du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Un échange à l’issue duquel Alger a officiellement invité le chef du gouvernement malien à effectuer une visite de travail en Algérie.
Un dégel entamé depuis le retour des ambassadeurs
Cette invitation prolonge une dynamique de normalisation engagée depuis plusieurs semaines. Selon le communiqué des services du Premier ministre algérien cité par TSA, les deux dirigeants ont réaffirmé leur « attachement aux liens de fraternité, de solidarité et de bon voisinage qui unissent les deux peuples frères », et exprimé la volonté commune de « dynamiser les relations bilatérales et de revitaliser la coopération dans divers domaines ». Ils ont également évoqué des « questions internationales et régionales d’intérêt commun », affirmant leur volonté de faire du Sahel « un espace de coopération, d’échanges et de développement partagé, dans un cadre de sécurité et de stabilité ».
attachement aux liens de fraternité, de solidarité et de bon voisinage qui unissent les deux peuples frères
Le geste s’inscrit dans la continuité du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, acté par le retour à leurs postes respectifs des ambassadeurs le 10 juillet dernier. Un épisode que Sahel Tribune évoquait déjà comme l’un des signes d’un dégel plus large entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et ses voisins régionaux.
Une crise née de la destruction d’un drone malien
Les relations entre les deux pays voisins avaient traversé une période de fortes turbulences après que les forces aériennes algériennes eurent abattu un drone militaire malien qu’elles accusaient d’avoir pénétré leur espace aérien, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, près de Tinzaouatène. Mécontent, Bamako avait rappelé son ambassadeur à Alger, avant qu’Alger ne prenne une décision réciproque. Le Mali et le Burkina Faso, alliés au sein de l’AES, avaient également fermé leur espace aérien aux avions algériens. L’épisode avait provoqué une passe d’armes verbale prolongée entre les deux capitales, jusque devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, avait par la suite insisté sur le fait que ce dégel s’opérait aux conditions posées par Bamako, rappelant que « le Mali n’est pas assis en train d’attendre que d’autres viennent régler ses problèmes », tout en réaffirmant l’attachement du Mali au respect de sa souveraineté.
le Mali n’est pas assis en train d’attendre que d’autres viennent régler ses problèmes
Une diplomatie malienne multipolaire
Cette invitation adressée au Premier ministre malien intervient alors que Bamako multiplie les partenariats sur plusieurs fronts diplomatiques distincts. Quelques semaines plus tôt, le Mali avait notamment consolidé son partenariat stratégique avec le Maroc, à travers la signature de vingt et un accords de coopération. La reprise du dialogue avec l’Algérie, chef de file historique de la médiation régionale au Sahel avant la dénonciation par Bamako de l’accord d’Alger en 2024, confirme la volonté malienne de stabiliser ses relations avec l’ensemble de ses voisins, sans renoncer aux principes de souveraineté défendus depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de la Transition.
Ni Bamako ni Alger n’ont pour l’heure communiqué de date précise pour cette visite de travail du Premier ministre malien en Algérie.
Foula D. Massé






