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Bamako et Rabat changent d’échelle : 21 accords pour consolider un partenariat stratégique

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Réunie le 24 juillet à Bamako, la 4ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre les deux pays a débouché sur un train de mesures économiques : capacités électriques additionnelles, transfert de technologie solaire, fertilisants, modernisation hospitalière et bourses d’études, en amont d’un forum d’affaires réunissant les patronats des deux pays.

Vingt et un accords de coopération signés, un forum d’affaires réunissant les patronats des deux pays, et une série d’engagements chiffrés dans l’énergie, la santé et l’agriculture. La 4ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre le Mali et le Maroc, tenue le 24 juillet à Bamako, a débouché sur l’un des trains de mesures économiques les plus denses jamais actés entre les deux pays. Conduite côté malien par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et côté marocain par son homologue Nasser Bourita, la rencontre s’est conclue par un communiqué conjoint de vingt-neuf points, dont l’essentiel porte sur l’approfondissement du partenariat économique bilatéral.

Le Maroc au chevet du déficit énergétique malien

Le Mali, confronté depuis plusieurs mois à des délestages électriques récurrents, a obtenu du Royaume marocain un engagement concret. La fourniture, l’installation et la mise en service d’équipements électriques pour une capacité additionnelle de 20 mégawatts, dans une première phase. Rabat s’engage par ailleurs à appuyer le développement de nouvelles capacités de production solaire au Mali, à travers un transfert de compétences et de technologies, des missions d’évaluation devant être programmées prochainement pour arrêter un plan d’action précis.

Sur le volet agricole, le Maroc, grand exportateur mondial d’engrais phosphatés, a réitéré son engagement à accompagner la sécurité alimentaire malienne via la fourniture de fertilisants adaptés aux sols locaux. Dans le secteur de la santé, Rabat soutiendra la modernisation du plateau technique sanitaire malien, notamment les infrastructures hospitalières, l’hémodialyse et la radiothérapie, avec l’envoi de missions d’experts pour évaluer les sites retenus. Un partenariat en oncologie doit également être signé entre l’Hôpital du Mali et l’Institut national d’oncologie du Maroc.

Un forum d’affaires en amont de la signature de 21 accords

La dimension économique de cette session s’est incarnée dès la veille, le 23 juillet, avec la tenue d’un Forum des affaires Mali-Maroc coorganisé par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM). Les opérateurs économiques des deux pays y ont identifié de nouveaux domaines de coopération, avec un accent particulier mis sur la création de chaînes de valeur locales par la transformation des matières premières et l’amélioration de la productivité. Un thème qui recoupe les débats plus larges tenus récemment à l’ONU sur la valorisation locale des ressources africaines.

Les deux parties ont acté l’organisation d’une semaine économique du Mali au Maroc en octobre 2026, ainsi que le renforcement de la mise en relation d’affaires entre opérateurs des deux pays. Elles ont également salué l’initiative marocaine en faveur des pays les moins avancés d’Afrique, qui prévoit l’exonération totale des droits d’importation pour une liste de produits d’origine malienne. Un mécanisme commercial concret dont les entreprises maliennes pourront chercher à tirer parti.

Sur le plan académique, le Maroc porte à 300 le nombre de bourses annuelles offertes aux étudiants maliens, tandis que la partie malienne s’est félicitée de la suspension par Rabat de l’autorisation électronique de voyage (AEVM) pour les ressortissants maliens, une mesure de facilitation de la mobilité entre les deux pays.

Une convergence politique qui sert de socle à la relation économique

Ces annonces économiques s’inscrivent dans un climat politique que les deux parties ont pris soin de consolider en amont. Le Mali a réitéré son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et au plan d’autonomie proposé par Rabat, conformément à la résolution 2797 adoptée fin octobre 2025 par le Conseil de sécurité de l’ONU. Une position que le gouvernement malien avait officialisée dans une déclaration du 10 avril 2026. En retour, le Maroc a salué les efforts maliens pour lever la suspension du Mali et des autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) des instances de l’Union africaine, et a réaffirmé son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Mali. Les deux ministres ont par ailleurs condamné les attaques terroristes perpétrées au Mali le 25 avril, tout en dénonçant les soutiens étatiques étrangers dont bénéficient les groupes armés opérant dans la région.

La prochaine session de cette Commission mixte, la cinquième du genre, se tiendra au Maroc en 2028, à une date qui sera fixée par voie diplomatique.

Chiencoro Diarra

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