D’avril à juin, l’Antenne régionale de l’Office central des stupéfiants de Kayes, sous la conduite du commissaire de police Abdoul Aziz Dembélé, a multiplié les opérations contre les trafiquants de Tramadol, de Kusch et de médicaments contrefaits qui prospèrent le long de cette région frontalière avec le Sénégal et la Mauritanie.
Sadiola, Kénièba, Diboli, Kayes-ville : en l’espace de deux mois, l’Antenne régionale de l’Office central des stupéfiants (OCS) de Kayes a multiplié les coups de filet contre les réseaux de trafic de drogues et de médicaments contrefaits qui prospèrent dans cette région frontalière de l’ouest malien. Une série d’opérations menées sous la conduite du commissaire de police Abdoul Aziz Dembélé, chef d’antenne adjoint de l’OCS de Kayes, qui dessine le portrait d’un service en ordre de bataille permanent face à des trafics tenaces.
Une région sous surveillance constante
Le tableau de chasse s’est constitué opération après opération. Le 21 avril, une double intervention à Sadiola permettait déjà l’interpellation de quatre suspects (S.D, S.T, B.D et B.N, âgés de 20 à 30 ans) en possession de comprimés de Tramadol et de plus de 400 000 francs CFA en numéraire, présumés issus de la revente. Le 5 mai, changement de registre à Kayes Khasso. Trois jeunes hommes étaient interpellés en possession d’appareils à chicha et de pipes, en infraction avec l’arrêté interministériel de 2022 interdisant narguilés et dispositifs similaires sur le territoire national. Preuve que la vigilance de l’antenne ne se limite pas aux seuls stupéfiants.

Le 13 juin, à Diboli, localité frontalière du Sénégal, deux trafiquants présumés étaient cueillis avec un arsenal de comprimés de Tramadol et surtout d’impressionnantes quantités de produits pharmaceutiques contrefaits (61 puis 21 kilogrammes saisis en une seule journée), signe que la contrebande de faux médicaments constitue désormais un volet à part entière de l’activité criminelle dans la zone. Trois jours plus tard, le 16 juin, une nouvelle double opération à Sadiola se soldait par la fuite d’un suspect. Lequel abandonnait sur place plus de 850 comprimés de Tramadol et 3,5 kilogrammes de médicaments contrefaits, et l’interpellation de deux autres individus porteurs de près de 800 comprimés supplémentaires.
Jusqu’à sept interpellations en un seul week-end
Le rythme s’est encore accéléré les 19 et 20 juin, avec trois opérations distinctes menées à Diallah, dans le quartier Liberté de Kayes et à Sadiola. Sept personnes interpellées en deux jours, pour une même filière de revente de comprimés de Tramadol et de Kusch, cette préparation à base de tabac et d’additifs prisée dans la région. Le point d’orgue de cette séquence est survenu le 25 juin, à Kénièba, ville minière proche de la frontière sénégalaise.
Deux opérations distinctes, à Tintiba puis à Kénièba-ville, ont permis la saisie de plus de 5 500 comprimés de Tramadol au total, de près d’un millier de sachets de Kusch, d’un kilogramme de Kusch en boule, de doses de « Christopher » et de « Mirage Serpent », ainsi que d’un pistolet artisanal, même si les deux principaux suspects, prévenus de l’arrivée des enquêteurs, sont parvenus à prendre la fuite avant leur interpellation.
Une lutte inscrite dans la durée
Prises isolément, chacune de ces opérations pourrait sembler anecdotique au regard de l’ampleur du trafic transfrontalier qui traverse la région de Kayes, carrefour routier vers le Sénégal et la Mauritanie. Mises bout à bout, elles dessinent un travail de fond mené sans relâche par l’antenne locale de l’OCS. Plus d’une douzaine de suspects interpellés, plusieurs fugitifs activement recherchés, et des dizaines de kilogrammes de produits stupéfiants ou pharmaceutiques contrefaits soustraits à la revente en l’espace de deux mois à peine.
L’accumulation de renseignements « dignes de foi » ayant permis chacune de ces descentes témoigne par ailleurs d’un maillage du renseignement de proximité que l’antenne de Kayes semble être parvenue à construire avec les populations locales. Un facteur déterminant dans une région où les réseaux criminels profitent traditionnellement de la porosité des frontières pour s’implanter durablement.
A.D







