Un audit révèle des dysfonctionnements majeurs dans la gestion des subventions allouées aux établissements privés d’enseignement secondaire à Bamako et Kati. Ce rapport annuel 2023 du BVG met en évidence les fraudes administratives et financières au sein de ces établissements.
Un audit approfondi sur la gestion des subventions de l’État accordées aux établissements privés d’enseignement secondaire général, technique et professionnel dans le District de Bamako et le chef-lieu de cercle de Kati a mis en évidence de graves dysfonctionnements. Ces subventions, couvrant les années scolaires de 2017-2018 à 2021-2022, visaient à soutenir des élèves orientés par l’État, mais leur gestion révèle de nombreuses irrégularités administratives et financières.
Des failles administratives révélatrices
Le rapport souligne un défaut majeur dans l’immatriculation des établissements privés par la Cellule de Planification et de Statistique du secteur de l’Éducation. Selon l’audit du bureau du vérificateur général, aucun des établissements examinés n’a été dûment immatriculé malgré l’obtention d’arrêtés d’ouverture. Cette anomalie administrative a permis à des établissements non conformes aux critères d’éligibilité d’être retenus pour accueillir des élèves orientés par l’État et recevoir des subventions. Parmi les 32 établissements audités, révèle l’équipe de vérification du BVG, 19 d’entre eux, soit 59 %, ne répondaient pas aux critères exigés. Cela inclut l’absence de documents tels que les licences de fonctionnement ou encore l’inadéquation des infrastructures.
Le rapport met également en avant le fait que certains établissements fonctionnent avec des arrêtés d’ouverture obtenus de manière irrégulière. Cette situation reflète un système où le contrôle et la régulation sont insuffisants, ouvrant la porte à des abus significatifs.
Des irrégularités financières alarmantes
Les défaillances administratives s’accompagnent de fraudes financières majeures. Le rapport mentionne un montant impressionnant de 18,957 milliards de FCFA octroyés irrégulièrement sous forme de demi-bourses et pensions alimentaires en violation des textes réglementaires. En outre, 412,86 millions de FCFA ont été versés à des établissements dont les arrêtés d’ouverture étaient frauduleux. Des subventions ont également été allouées pour des élèves fictifs ou ayant achevé leur scolarité, engendrant une perte financière importante pour l’État.
Ces anomalies témoignent d’un manque flagrant de vérification dans le processus d’attribution des subventions. Le rapport souligne notamment l’absence de suivi des bénéficiaires, un contrôle minimal des pièces justificatives fournies par les établissements et une coordination insuffisante entre les services compétents.
Recommandations pour une gestion rigoureuse
Face à ces manquements, le rapport propose des recommandations fermes. Parmi elles, la nécessité de systématiser l’immatriculation des établissements avant toute orientation d’élèves ou octroi de subventions, ainsi que l’exigence stricte du respect des critères d’éligibilité pour les établissements. En outre, des mécanismes de contrôle renforcés sont proposés pour assurer une vérification rigoureuse des documents fournis par les bénéficiaires et une traçabilité des fonds alloués.
Des actions judiciaires ont également été initiées contre les acteurs impliqués dans ces fraudes. Ces mesures traduisent une volonté des autorités d’instaurer une culture de gouvernance transparente et rigoureuse dans la gestion des ressources publiques.
Alassane Diarra

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