Le jeudi 14 novembre 2024, le Président de la Transition du Mali, le Général d’armée Assimi Goïta, a reçu officiellement le rapport annuel 2023 des mains de Samba Alhamdou Baby, Vérificateur général.
Comme un phare dans la nuit sombre de la gouvernance, le rapport annuel du Bureau du vérificateur général éclaire les failles et révèle les écueils cachés sous la surface des finances publiques. Il trace une route à suivre, où chaque ligne chiffrée et chaque page remplie devient une boussole, guidant les gestionnaires maliens à travers les eaux troubles de la mauvaise gestion. Dans cette traversée vers la transparence, les recommandations du rapport sont les étoiles fixes, rappelant que même les plus sombres déviations peuvent être corrigées, à condition d’oser regarder, sans détours, l’étendue des défis.
Une mission de contrôle pour renforcer la transparence
Dans son allocution, le Vérificateur général a rappelé les fondements législatifs qui encadrent sa mission. Selon la Loi n° 2021-069 du 23 décembre 2021, le Vérificateur général est mandaté pour contrôler « la régularité et la sincérité des opérations de recettes et de dépenses » des services publics. Il a souligné que ce rapport est une obligation légale, conformément à l’article 27 de cette loi, faisant du Président de la Transition le premier destinataire de ces conclusions annuelles.
Dans un discours empreint de reconnaissance, M. Samba Alhamdou Baby a salué la « promotion bien méritée » du Président Goïta au rang de Général d’Armée, ainsi que son « engagement pour la sécurité et la prospérité du Mali ». Il a également félicité le Président pour sa désignation à la tête de l’Alliance des États du Sahel (AES), une reconnaissance de ses efforts en faveur de la stabilité régionale et de la coopération entre le Mali, le Burkina Faso, et le Niger.
Les révélations du rapport 2023 : irrégularités et défis de gestion
Le rapport de 2023 met en lumière plusieurs irrégularités dans la gestion des fonds publics, réparties sur plus de 50 missions de vérification et d’évaluation menées dans des secteurs clés, dont le développement rural, l’éducation, la santé, et la sécurité sociale. Ces investigations ont révélé des dysfonctionnements « qui touchent directement au bien-être quotidien des Maliens », selon M. Samba Alhamdou Baby.
Les vérifications ont permis d’identifier 35 dossiers d’irrégularités financières et de conformité, qui ont été transmis à la Cour Suprême et au Procureur de la République du Pôle national économique et financier. « Ces dossiers couvrent une large gamme de secteurs, des établissements publics nationaux aux collectivités territoriales », a précisé le Vérificateur. Parmi les irrégularités relevées, on trouve des problèmes récurrents dans le contrôle interne, notamment « la non-tenue régulière des sessions des Conseils d’Administration » et des lacunes dans la gestion des fonds scolaires.
Un appel à la rigueur et à la responsabilité
Lors de la remise du rapport, le Vérificateur général a exhorté les gestionnaires publics à faire preuve de rigueur. Il a souligné la nécessité de respecter les procédures pour une meilleure gestion des ressources publiques, rappelant que des déficiences administratives mettent en péril « l’efficacité des actions publiques ».
Le rapport note également que seules 45 % des recommandations faites en 2022 ont été pleinement mises en œuvre en 2023, un taux inférieur aux attentes, ce qui appelle à un renforcement de l’application de ces recommandations pour un suivi plus rigoureux.
Les engagements du Président pour une gouvernance exemplaire
Dans son discours, le Président de la Transition a salué le travail du Vérificateur général et de son équipe pour leur contribution à « l’intégrité et la bonne gestion des affaires publiques ». Le Général Goïta a reconnu que le rapport souligne des « faiblesses » persistantes qui nécessitent des actions correctives. « Nous devons écouter ces avertissements pour tracer une nouvelle voie vers l’excellence dans la gestion publique, » a-t-il affirmé, en insistant sur l’importance de la transparence et de la responsabilité dans l’utilisation des fonds publics.
Il a réitéré la détermination de son gouvernement à combattre la corruption et la délinquance économique, qu’il considère comme des obstacles majeurs à la refondation du Mali. La lutte contre ces fléaux est, selon lui, « l’un des piliers de notre Transition », un engagement qui s’inscrit dans la stratégie nationale de redressement. Le Président de la transition a également encouragé la collaboration entre le Bureau du Vérificateur général, les autorités judiciaires, et les services de contrôle pour garantir le suivi des manquements relevés.
Vers un Mali transparent et responsable
La remise de ce rapport annuel est un rappel de l’engagement du gouvernement malien à instaurer une culture de transparence et de rigueur dans la gestion des finances publiques. La cérémonie de ce jeudi n’était pas seulement une formalité administrative ; elle reflétait une volonté politique de renforcer les institutions de contrôle pour un Mali plus juste et intègre. Le Président de la Transition a conclu son allocution en appelant chaque gestionnaire public à « agir avec intégrité et responsabilité » pour redonner confiance aux citoyens et renforcer l’État.
Chiencoro Diarra






