Une nouvelle poussée de chaleur a provoqué, ces derniers jours, le déclenchement de 58 incendies à travers le territoire algérien, contraignant les autorités à procéder à des évacuations préventives. Cet épisode, moins sévère que la vague meurtrière de juillet, confirme la fragilité durable du dispositif algérien de lutte contre les feux de forêt face à des étés de plus en plus chauds.
Le scénario, désormais familier pour les services algériens de la Protection civile, s’est reproduit cette semaine. Une nouvelle vague de chaleur a entraîné le déclenchement de 58 incendies à travers le pays, selon un bilan relayé par l’agence Anadolu, contraignant les autorités à procéder à des évacuations préventives de populations dans plusieurs zones exposées. Si l’ampleur de cet épisode reste, à ce stade, sans commune mesure avec la vague d’incendies exceptionnelle qui avait frappé le pays en juillet, il illustre la récurrence, tout au long de l’été 2026, des départs de feu liés aux pics de chaleur qui se succèdent sur le nord du pays.
Un été 2026 déjà marqué par des incendies historiques
Depuis le 8 juillet, l’Algérie a en effet traversé l’un des épisodes d’incendies les plus éprouvants de son histoire récente, avec un bilan cumulé ayant dépassé, fin juillet, les 1 900 départs de feu recensés par la Direction générale de la Protection civile, entre feux de forêt, de maquis et de broussailles d’une part, et feux de récoltes, d’arbres fruitiers et de palmiers d’autre part. Cette vague avait coûté la vie à six personnes et provoqué l’hospitalisation de plus d’une centaine d’autres, les wilayas de Béjaïa, Skikda, El Tarf, Bouira, Guelma et Annaba ayant concentré les foyers les plus actifs, avec des températures ayant localement atteint 48 à 49 degrés.
Les autorités algériennes avaient alors mobilisé des moyens exceptionnels, jusqu’à 19 000 pompiers, 700 camions-citernes, une douzaine de bombardiers d’eau et plusieurs hélicoptères lors des pics les plus intenses, et généralisé le recours aux évacuations préventives de familles dès qu’un front de flammes se rapprochait de zones habitées, une stratégie que les autorités présentent comme le principal facteur ayant permis de contenir le bilan humain malgré des conditions météorologiques jugées plus défavorables que lors des étés précédents.
Un coût économique et agricole qui s’accumule
Au-delà du bilan humain, la répétition de ces épisodes tout au long de l’été pèse sur l’économie agricole des régions concernées, une part significative des incendies recensés touchant directement les récoltes, les vergers et les palmeraies plutôt que les seules forêts. Pour un pays qui a fait de la diversification agricole l’un des axes de sa stratégie de réduction de la dépendance aux hydrocarbures, la multiplication de ces sinistres, conjuguée à la sécheresse qui touche une partie du territoire, ajoute une pression supplémentaire sur une saison agricole déjà fragilisée par les conditions climatiques.
La succession des vagues de chaleur laisse par ailleurs présager une fin d’été sous vigilance prolongée pour les services de secours, qui restent mobilisés sur l’ensemble du territoire national.
Chiencoro Diarra






