Home A la Une Du baobab sacré de Dioïla à la « Venise malienne » : le Mois du tourisme à la découverte du patrimoine national

Du baobab sacré de Dioïla à la « Venise malienne » : le Mois du tourisme à la découverte du patrimoine national

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Du bois sacré de Dioïla aux eaux du Bani à Mopti, en passant par l’exposition d’Abdoulaye Konaté au Musée national de Bamako, le Mois du tourisme multiplie les initiatives pour faire redécouvrir le patrimoine malien. Organisée du 1er au 30 septembre 2026, cette campagne entend promouvoir le tourisme interne comme levier d’économie locale, de valorisation culturelle et de renforcement du patriotisme.

Organisé du 1er au 30 septembre sous le thème « Le tourisme interne, vecteur de promotion de l’économie locale et de renforcement du patriotisme », le Mois du tourisme au Mali, porté par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a connu, à quelques jours d’intervalle, plusieurs temps forts organisés aux quatre coins du pays, de Dioïla à Mopti en passant par le Musée national de Bamako. Tous répondant au même mot d’ordre : faire (re)découvrir le Mali par les Maliens.

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Le tourisme interne, vecteur de promotion de l’économie locale et de renforcement du patriotisme

À Dioïla, un bois sacré et un pont bâti à la main

Dans le centre du pays, le général de division Kèba Sangaré, gouverneur de la région de Dioïla, a conduit une délégation à la découverte de plusieurs sites historiques et culturels de la ville. Le parcours a mené les visiteurs jusqu’au Monument de la paix, au Finfin Tou, un bois sacré, ainsi qu’au Massiraba, un baobab lui aussi considéré comme sacré par les communautés locales. La délégation a également visité les Guɛrɛguɛ-diguɛ, d’anciennes caches de survie utilisées par les populations dans des périodes troublées de leur histoire, avant de rejoindre le premier pont de Dioïla, ouvrage construit grâce à la mobilisation de la main-d’œuvre locale.

Mois du tourisme au Mali à la découverte du patrimoine de Dioïla et Mopti
A Dioïla, le Mois du tourisme invite à redécouvrir les richesses culturelles et historiques du Mali.©Ministère de la Culture.

Guidée par les explications du guide touristique Balla Fané et du directeur régional du Tourisme, Broulaye Traoré, la délégation a pu mesurer combien ce patrimoine, souvent méconnu au-delà de la région elle-même, continue de porter la mémoire et les valeurs culturelles transmises de génération en génération à Dioïla.

À Mopti, une immersion au cœur de la « Venise malienne »

Le même jour, jeudi 10 septembre, c’est la région de Mopti qui a organisé sa propre visite touristique, conduite par le général de brigade Daouda Dembélé, gouverneur de la région, en présence de plusieurs autorités locales. Cette immersion au cœur du patrimoine de la ville surnommée la « Venise malienne » s’est déroulée à travers une balade fluviale sur le Bani et une visite du centre de formation professionnelle en poterie Kada-Ali-Kanitao, qui met en valeur le savoir-faire et le patrimoine artisanal local.

Mois du tourisme au Mali à la découverte du patrimoine de Dioïla et Mopti
A Mopti, le Mois du tourisme invite à redécouvrir les richesses culturelles et historiques du Mali.©Ministère de la Culture.

Les témoignages des professionnels du secteur recueillis sur place, notamment des opérateurs hôteliers et des guides touristiques, ont permis de mettre en lumière la résilience des acteurs locaux et l’importance du tourisme comme levier de développement économique, de création d’opportunités et de cohésion sociale, dans une région durement éprouvée par plus d’une décennie de crise sécuritaire. À travers cette initiative, Mopti illustre pleinement l’ambition du Mois du tourisme : encourager les Maliens à découvrir leur propre pays et à contribuer, par leurs visites, au développement de l’économie locale.

Au Musée national, des diplomates face aux « signes » d’Abdoulaye Konaté

À Bamako, c’est un tout autre rendez-vous culturel qu’a présidé, le même jour, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, en conduisant une délégation de diplomates étrangers en poste au Mali au Musée national, pour y découvrir l’exposition « L’Âme des signes », consacrée à l’artiste plasticien Abdoulaye Konaté. Ouverte au public depuis le 1er septembre et visible jusqu’au 30, l’exposition réunit 37 œuvres textiles, sélectionnées parmi la cinquantaine de pièces rassemblées par l’artiste pour l’occasion. Il s’agit des compositions caractéristiques de son travail, fait de bandes de tissus teintées, découpées et superposées, où se mêlent couleurs, formes géométriques, signes traditionnels et écritures africaines.

Mois du tourisme au Mali à la découverte du patrimoine de Dioïla et Mopti
A l’occasion du Mois du tourisme, les ambassadeurs redécouvrent les richesses culturelles et historiques du Mali.©Ministère de la Culture.

Né en 1953 à Diré, dans le nord du Mali, Abdoulaye Konaté s’est formé à l’Institut national des arts de Bamako puis à La Havane, avant de diriger successivement le service des expositions du Musée national, le Palais de la culture de Bamako et le Conservatoire des arts et métiers multimédias. Officier de l’Ordre national du Mali, chevalier des Arts et des Lettres de la République française et lauréat du prix Léopold Sédar Senghor de la biennale Dak’Art, il compte parmi les artistes africains les plus exposés au monde, avec des œuvres conservées au Metropolitan Museum de New York comme au Centre Pompidou. « L’Âme des signes » marque, selon plusieurs médias maliens, son retour au Musée national trente-cinq ans après sa dernière exposition dans ces murs.

Le Mali Kura en toile de fond

Ces différentes visites s’inscrivent, selon les communiqués du ministère, dans la vision portée par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, qui place la valorisation des richesses nationales, la promotion du tourisme interne et le renforcement du patriotisme au cœur de l’action en faveur du « Mali Kura », le « Mali nouveau » revendiqué par les autorités depuis 2021.

Le ministre Mamou Daffé a adressé ses félicitations aux gouverneurs Kèba Sangaré et Daouda Dembélé, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs régionaux du tourisme, de la culture et de l’artisanat mobilisés à Dioïla comme à Mopti, saluant des initiatives qui contribuent, selon lui, à la valorisation du patrimoine historique et culturel du pays, dans un contexte où le secteur touristique malien reste durement affecté par la crise sécuritaire persistante dans plusieurs régions.

Chiencoro Diarra 

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