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Mali : plus de 64 millions de litres de carburant réceptionnés en 11 jours

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Le ministre de l’Industrie et du Commerce a présidé ce 11 juin la 24e réunion de concertation sur les hydrocarbures. En onze jours, plus de 64 millions de litres de produits pétroliers ont été réceptionnés sur le territoire. Un signal de stabilité dans un contexte énergétique mondial sous tension.

Dans un pays enclavé comme le Mali, l’approvisionnement en carburant n’est jamais une évidence. Chaque citerne qui entre sur le territoire représente une chaîne logistique longue, complexe et exposée — aux aléas des routes, aux tensions sécuritaires de certains corridors, et aux fluctuations des marchés mondiaux. C’est précisément pour piloter cette chaîne avec rigueur que le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé ce jeudi 11 juin la 24e réunion de concertation sur les hydrocarbures, en présence des représentants de l’État et des acteurs privés du secteur pétrolier.

Les données présentées à l’ouverture des travaux par le Directeur général en charge du Commerce dressent un tableau rassurant pour les onze premiers jours de juin. Entre le 1er et le 7 juin, 664 citernes ont été réceptionnées, représentant un volume de 31,03 millions de litres. Entre le 8 et le 11 juin — soit seulement quatre jours —, ce sont 711 citernes supplémentaires et 32,98 millions de litres qui ont été acheminés. Au total, ce sont plus de 64 millions de litres de produits pétroliers qui ont afflué en moins de deux semaines, attestant d’une organisation logistique qui tourne à plein régime.

Un convoi type : essence, gasoil, gaz et kérosène

Le détail du convoi réceptionné le 9 juin illustre la diversité des produits concernés. Sur les 711 citernes de la période du 8 au 11 juin, la composition est la suivante : 303 citernes d’essence, 361 citernes de gasoil, 40 citernes de fuel lourd, 2 citernes de gaz butane et 5 citernes de Jet A1 destinées à l’aviation. Un approvisionnement équilibré qui couvre les besoins du transport routier, de l’industrie, des ménages — via le gaz de cuisine — et du secteur aérien.

PRODUITUSAGE PRINCIPALCITERNES
   
GasoilTransport routier, groupes électrogènes361
EssenceVéhicules légers, motos303
Fuel lourdIndustrie, production électrique40
Jet A1Aviation civile5
Gaz butaneMénages, restauration2

Escortes, surveillance et lutte contre la fraude

Au-delà de la photographie quantitative, la réunion a permis d’aborder les conditions dans lesquelles cet approvisionnement se déroule. Le dispositif d’escorte des convois — mis en place pour sécuriser le transport des produits pétroliers sur des axes parfois exposés — a fait l’objet d’un point spécifique. Les participants ont passé en revue les opérations récentes et les ajustements nécessaires pour garantir un acheminement régulier vers les différents centres de consommation du pays, y compris les plus éloignés.

La question de la fraude a également occupé une part significative des débats. Le ministre Diallo a réaffirmé la détermination des autorités à renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance sur l’ensemble de la filière, de l’importation à la distribution finale. Les fraudes dans le secteur des hydrocarbures — qu’il s’agisse de détournement de volumes, de sous-déclarations ou de contrebande — représentent une double menace : pour les recettes de l’État d’abord, pour les consommateurs ensuite, exposés à des produits de qualité incertaine.

Il s’agit donc de maintenir une vigilance constante pour préserver la stabilité de l’approvisionnement national, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques.

La structure des prix au cœur des prochains travaux

L’une des questions les plus sensibles — et qui reviendra à la 25e réunion — est celle de la structure des prix des hydrocarbures. Le ministre a invité les parties prenantes à formuler, d’ici la prochaine session, des propositions concrètes visant à mieux maîtriser les coûts tout en préservant les équilibres économiques du secteur. Une formulation qui laisse ouverte la question d’une éventuelle révision des prix à la pompe, dans un contexte où les marchés mondiaux restent volatils.

Sur ce point, le ministre a tenu à contextualiser les défis : les tensions géopolitiques persistantes — au Moyen-Orient notamment — continuent de peser sur les marchés énergétiques mondiaux et sur les coûts d’approvisionnement. Pour un pays importateur net comme le Mali, sans accès direct à la mer, ces fluctuations se répercutent avec un décalage et une ampleur parfois supérieurs à ce que subissent les pays côtiers, en raison des coûts de transit et de logistique qui s’ajoutent aux prix CAF.

En organisant avec régularité ces réunions de concertation — la 24e édition confirme une pratique bien installée —, les autorités maliennes démontrent leur souci de piloter en temps réel un secteur dont la moindre défaillance aurait des conséquences immédiates sur l’ensemble de l’économie nationale : transports, agriculture, industrie, santé. Un pilotage discret, technique, loin des projecteurs, mais dont dépend au quotidien la vie de millions de Maliens.

A.D


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