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Mali : comment les autorités sécurisent l’approvisionnement en hydrocarbures malgré les tensions mondiales

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Le ministre de l’Industrie et du Commerce présidait ce jeudi sa 25e réunion de suivi des hydrocarbures. Une régularité qui dit l’attention constante portée par les autorités maliennes à l’un des enjeux les plus sensibles pour l’économie nationale et la vie quotidienne des Maliens : garantir, semaine après semaine, que les stations-service soient approvisionnées sur l’ensemble du territoire.

Vingt-cinq réunions. En moins d’un an, le ministère malien de l’Industrie et du Commerce a tenu vingt-cinq sessions de suivi consacrées exclusivement à l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Ce jeudi 18 juin 2026, le ministre Moussa Alassane Diallo présidait la dernière en date, en présence des représentants des services techniques et des acteurs du secteur pétrolier. Un rythme hebdomadaire qui pourrait sembler banal, mais qui traduit en réalité une gouvernance sectorielle d’une précision peu commune pour un pays enclavé au cœur du Sahel, où chaque citerne compte.

Pour le Mali, la question de l’approvisionnement en carburant n’est pas un sujet technocratique parmi d’autres. C’est une question de souveraineté économique quotidienne. Le pays importe l’intégralité de ses produits pétroliers par voie terrestre depuis les ports de Dakar, d’Abidjan et de Lomé, à travers des corridors de plusieurs centaines de kilomètres. La moindre tension logistique, la moindre hausse brutale des prix mondiaux, se répercutent directement sur les pompes à essence de Bamako, de Kayes, de Gao ou de Sikasso.

Un contexte international sous tension

La 25e réunion s’est tenue dans un contexte international toujours difficile. Les marchés énergétiques mondiaux restent marqués par une volatilité persistante — effets combinés des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, des décisions de l’OPEP+ sur les niveaux de production, et des incertitudes pesant sur la demande mondiale. Pour un pays importateur net comme le Mali, ces fluctuations se traduisent par des variations de coûts qui mettent sous pression aussi bien les opérateurs de la filière que les ménages consommateurs.

Face à cette réalité, les participants ont passé en revue la situation du ravitaillement des stations-service et les dispositifs en place pour assurer la continuité de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire national. Le ministre Diallo a insisté sur la nécessité d’accélérer les réflexions engagées pour formuler des propositions concrètes susceptibles d’améliorer l’efficacité du dispositif actuel, tout en préservant les équilibres économiques du secteur et en protégeant les intérêts des consommateurs.

La fraude, serpent de mer du secteur pétrolier

Comme lors des sessions précédentes, la lutte contre la fraude a occupé une part significative des échanges. Dans le secteur des hydrocarbures, les pratiques frauduleuses — sous-déclarations de volumes, contrebande depuis les pays voisins, adultération des carburants, détournement de produits subventionnés — représentent une double menace pour l’économie nationale. Elles privent l’État de recettes fiscales et douanières, et exposent les consommateurs à des carburants de qualité incertaine susceptibles d’endommager les moteurs. Le renforcement des mécanismes de contrôle et de surveillance est donc une priorité récurrente des travaux du comité de suivi.

En instaurant ce rythme de concertation hebdomadaire avec les opérateurs du secteur, le ministère de l’Industrie et du Commerce a construit un outil de pilotage en temps quasi-réel d’une filière critique. Vingt-cinq sessions en moins d’un an : c’est le prix d’une gouvernance énergétique sérieuse dans un pays enclavé, à 1 500 kilomètres de la mer, dans un contexte mondial qui ne laisse guère de place à l’improvisation.

A.D


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