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Mali : le gouvernement table sur 6,5 % de croissance et 4 382 milliards FCFA d’investissements par an

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Réuni le 10 juin sous la présidence du général Assimi Goïta, le Conseil des ministres a adopté le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029. Le gouvernement malien mise sur une croissance moyenne de 6,5 % et une hausse progressive des recettes fiscales pour financer ses ambitions de développement à l’horizon 2063.

Le gouvernement malien affine sa trajectoire économique pour les années à venir. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 10 juin au palais de Koulouba, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, chef de l’État et président de la Transition, l’exécutif a examiné le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2027-2029.

Ce document constitue désormais une étape incontournable de la préparation budgétaire, conformément à la nouvelle loi organique relative aux lois de finances adoptée en août 2025. Il doit servir de cadre de référence à l’élaboration des futurs budgets annuels et orienter les choix économiques de l’État sur un horizon de trois ans.

Une croissance soutenue malgré les défis

Les autorités maliennes affichent des perspectives relativement optimistes. Le document repose sur une hypothèse de croissance économique réelle moyenne de 6,5 % entre 2027 et 2029.

Un niveau de progression qui placerait le Mali parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, dans un contexte pourtant marqué par les incertitudes sécuritaires, les effets du changement climatique et les tensions sur les marchés internationaux.

Selon le gouvernement, cette trajectoire devrait être soutenue par la poursuite des investissements publics, le développement des infrastructures, la modernisation de l’agriculture, l’exploitation des ressources minières ainsi que la mise en œuvre progressive des réformes économiques engagées depuis plusieurs années.

L’enjeu crucial des recettes fiscales

Pour financer cette ambition, Bamako entend également renforcer ses capacités de mobilisation des ressources internes.

Le gouvernement prévoit ainsi une augmentation progressive du taux de pression fiscale, qui passerait de 13,9 % du produit intérieur brut en 2027 à 14,7 % en 2028 puis à 15,1 % en 2029, soit une moyenne de 14,6 % sur la période.

Cet objectif demeure toutefois inférieur au seuil de 20 % recommandé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), mais il traduit la volonté des autorités d’élargir l’assiette fiscale et d’améliorer le recouvrement des recettes publiques.

Le gouvernement estime que cette progression dépendra largement de l’amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays ainsi que de la poursuite des réformes administratives et fiscales en cours.

Plus de 4 300 milliards de FCFA par an pour les priorités nationales

Le coût moyen annuel des actions publiques prévues sur la période 2027-2029 est évalué à 4 382,9 milliards de francs CFA.

Cette enveloppe doit permettre de financer les priorités fixées par les autorités de la Transition dans le cadre de la Vision nationale « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).

Parmi les secteurs prioritaires figurent les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation, la santé ainsi que la sécurité, domaine qui continue de mobiliser une part importante des ressources publiques en raison de la persistance des menaces armées dans plusieurs zones du pays.

Une feuille de route pour le Mali de l’après-transition

Au-delà des chiffres, ce document budgétaire constitue également un instrument politique. Il traduit la volonté des autorités de la Transition de projeter l’action publique dans le long terme et de préparer les bases économiques du projet de refondation porté par le général Assimi Goïta.

Dans un contexte où le Mali cherche à renforcer sa souveraineté économique tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, la capacité de l’État à mobiliser davantage de ressources domestiques sera déterminante.

Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle doit désormais être soumis au débat d’orientation budgétaire devant le Conseil national de Transition avant l’élaboration du projet de loi de finances pour l’année 2027.

Un exercice qui permettra de mesurer la crédibilité des projections gouvernementales et la capacité de Bamako à concilier ambitions de développement, impératifs sécuritaires et soutenabilité budgétaire.

Oumarou Fomba 


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