Le ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile a publié ce 4 juin un communiqué officiel proposant des récompenses financières à quiconque fournirait des informations permettant l’arrestation ou la neutralisation de sept individus accusés d’implication dans des actes terroristes. En tête de liste : Iyad Ag Ghaly, chef historique du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM).
C’est une démarche inédite par son ampleur dans le dispositif sécuritaire malien. Le général de division Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, a signé ce 4 juin un communiqué annonçant l’instauration d’un programme de récompenses financières destiné à obtenir des renseignements sur six individus activement recherchés par les services de sécurité du pays.
Selon le texte officiel, lu sur la télévision nationale (ORTM), ces personnes sont suspectées d’avoir participé à « la planification, l’organisation et l’exécution d’actes terroristes ayant porté atteinte à la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national ». Le gouvernement appelle la population à « faire preuve de vigilance » et à transmettre toute information utile aux Forces armées et de sécurité.
Iyad Ag Ghaly en tête, à 2 milliards FCFA
La prime la plus élevée — 2 milliards de francs CFA, soit environ 3 millions d’euros — est offerte pour Iyad Ag Ghaly, dit Abou al-Fadel, figure fondatrice d’Ansar Dine et chef du JNIM, la principale coalition djihadiste active au Sahel et affiliée à Al-Qaïda. Son nom figurait déjà sur les listes de sanctions de l’ONU et du Trésor américain.
Viennent ensuite Hamadoun Hassan Sangaré/Barry, dit Amadou Kouffa ou Môbbô — chef de la Katiba Macina au Sahel central —, et Abdoulaye Mamoudou Bakaye Diallo, alias Jouleybib de Nampala ou Sidi, tous deux répertoriés à 1,5 milliard FCFA. Alghabass Ag Intalla, ancienne figure de la rébellion touarègue reconvertie dans les réseaux armés, est recherché pour 1 milliard FCFA.
Trois autres individus sont visés à 500 millions FCFA chacun : Sedane Ag Hita, qui opère sous plusieurs alias dont Outhman Al Ansari et Al Qayrawani ; Bilal Ag Acherif ; et Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi, dont le nom à consonance algérienne suggère une dimension transnationale au réseau ciblé.
| INDIVIDU RECHERCHÉ | ALIAS | RÉCOMPENSE |
| Iyad Ag Ghaly | Abou al-Fadel | 2 000 000 000 FCFA |
| Hamadoun Hassan Sangaré/Barry | Amadou Kouffa / Môbbô | 1 500 000 000 FCFA |
| Abdoulaye M. B. Diallo | Jouleybib de Nampala / Sidi | 1 500 000 000 FCFA |
| Alghabass Ag Intalla | — | 1 000 000 000 FCFA |
| Sedane Ag Hita | Outhman Al Ansari / Al Qayrawani | 500 000 000 FCFA |
| Bilal Ag Acherif | — | 500 000 000 FCFA |
| Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi | — | 500 000 000 FCFA |
Ce type de programme de récompenses est une pratique bien établie dans la lutte antiterroriste internationale. Les États-Unis ont depuis longtemps recours à leur programme « Rewards for Justice » pour traquer les chefs djihadistes, et plusieurs pays africains ont mis en place des mécanismes similaires. Pour Bamako, il s’agit d’un signal fort adressé tant à la population — mobilisée comme relais de renseignement — qu’aux partenaires régionaux et internationaux.
La rédaction
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