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Mali : « L’art, arme de résilience », une nouvelle étape de la politique culturelle de l’AES

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Le Mali fait de la culture un levier de résilience et de rayonnement régional. Le Conseil des ministres a annoncé la tournée des lauréats de la Biennale artistique de Tombouctou 2025 et la création du premier Marché national de l’art contemporain. Placée sous le thème « L’art, arme de résilience des peuples de l’AES », cette nouvelle manifestation inscrit explicitement la création artistique dans la construction d’un imaginaire culturel commun au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a informé vendredi le Conseil des ministres de deux initiatives culturelles appelées à rythmer la fin de « l’année de l’éducation et de la culture », qui couvre la période 2026-2027 au Mali. La première, la tournée des lauréats de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou 2025, doit se dérouler de septembre à novembre dans les régions de Bougouni, Koulikoro, Ségou et dans le district de Bamako. Cette première étape concernera les disciplines de l’orchestre moderne, du théâtre et du solo de chant, offrant aux artistes primés à Tombouctou une plateforme de diffusion de leurs œuvres et de rencontre avec de nouveaux publics.

Organisée du 18 au 28 décembre 2025 à Tombouctou, ville symbolique surnommée la « cité des 333 saints », cette Biennale avait marqué les esprits en devenant la première édition de la compétition culturelle nationale organisée dans le nord du pays depuis 1963. Vingt délégations régionales s’y étaient affrontées dans cinq disciplines artistiques ; la région de Bougouni en était sortie vainqueure devant Dioïla et Tombouctou elle-même, tandis qu’un prix spécial du président de la Transition avait été attribué à l’orchestre régional de Kidal. Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, avait alors salué un « symbole de résilience, d’unité nationale et de renaissance culturelle », clôturant en apothéose l’« année de la Culture » décrétée pour 2025.

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symbole de résilience, d’unité nationale et de renaissance culturelle

Un marché de l’art placé sous le signe de la résilience confédérale

La seconde annonce présentée au Conseil des ministres porte sur la création de la première édition du Marché national de l’art contemporain, prévue du 26 novembre au 5 décembre à Bamako. L’intitulé retenu pour cette manifestation inédite ne doit rien au hasard : « L’art, arme de résilience des peuples de l’AES » associe explicitement la promotion des industries culturelles et créatives maliennes à la construction d’un imaginaire commun avec les deux autres États de l’Alliance des États du Sahel, le Burkina Faso et le Niger, réunis avec le Mali au sein de la confédération née de leur rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Réunissant artistes, galeristes, collectionneurs et professionnels de la culture autour d’expositions et de rencontres professionnelles, cet événement doit, selon le communiqué du Conseil des ministres, renforcer la visibilité des artistes maliens et contribuer au rayonnement du patrimoine artistique national sur les scènes régionale et internationale. Une ambition qui s’inscrit dans la continuité de la politique de structuration du secteur culturel engagée par le ministère depuis plusieurs mois, entre corps des médiateurs culturels Danbé Kolosibaw et outils de cartographie du patrimoine national.

Une programmation pensée en écho aux Rencontres de Bamako

Ce nouveau marché de l’art se tiendra en marge d’un rendez-vous autrement plus ancien et internationalement établi : la 15ᵉ édition des Rencontres de Bamako, Biennale africaine de la photographie, prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027. Fondée en 1994, cette manifestation biennale, qui a notamment révélé au monde les photographes maliens Seydou Keïta et Malick Sidibé, constitue le principal rendez-vous international consacré à la photographie africaine contemporaine. Sa 15ᵉ édition, placée sous le thème « Refabulation(s) » et confiée à la commissaire Armelle Dakouo, première femme francophone africaine à diriger artistiquement l’événement, doit réunir 49 artistes sélectionnés parmi plusieurs centaines de candidatures venues du continent et de sa diaspora.

En faisant coïncider le lancement de son propre marché de l’art avec la tenue de cette biennale internationale déjà installée dans le calendrier culturel du continent, le Mali cherche visiblement à adosser sa nouvelle initiative à la notoriété acquise de longue date par les Rencontres de Bamako, tout en profitant de l’afflux de professionnels internationaux attendus pour l’occasion. Une stratégie qui illustre, plus largement, la manière dont les autorités maliennes entendent transformer leur politique culturelle en outil de diplomatie et de projection régionale, dans le droit fil de l’« année de l’éducation et de la culture » 2026-2027 décrétée par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta.

Oumarou Fomba 

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