Le Mali poursuit ses démarches en faveur de la restitution de son patrimoine culturel. Ce jeudi 15 octobre 2026, une conférence de presse s’est tenue dans la salle Fodé-Kouyaté du Centre international de conférences de Bamako (CICB). Présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, elle a réuni des membres de la Commission de restitution et des acteurs culturels autour des enjeux liés au retour des biens culturels et à la revitalisation du Musée national du Mali.
La restitution de ces biens soulève plusieurs questions relatives à la connaissance de l’histoire nationale et à la préservation du patrimoine. Selon le directeur du Musée national du Mali, Dr Daouda Konaté, certains objets ont quitté le territoire national sans autorisation, tandis que d’autres ont été volés ou emportés sous la contrainte. La Commission est notamment chargée d’examiner ces différentes situations afin de déterminer les démarches à entreprendre pour obtenir leur retour.
Des démarches historiques, juridiques et diplomatiques
Les recherches historiques occupent une place essentielle dans ce processus. Elles doivent permettre d’établir l’origine des objets concernés et de retracer les circonstances de leur départ du Mali. À ces investigations s’ajoutent des analyses juridiques et des démarches diplomatiques. Les règles applicables variant d’un pays à l’autre, chaque dossier nécessite un examen approfondi ainsi que des échanges avec les interlocuteurs concernés, afin de déterminer les voies les plus appropriées à la restitution.
Au cours de la conférence, la question du retour de 223 biens culturels a également été abordée. Une correspondance a été adressée aux autorités concernées en vue de leur restitution au Mali. Cette initiative s’inscrit dans la vision de Son Excellence le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, qui fait de la souveraineté culturelle et de la valorisation du patrimoine historique national des enjeux importants de la refondation.
La souveraineté culturelle au cœur de la refondation
Pour Mamou Daffé, ce chantier participe au processus de refondation du pays. Le ministre a souligné la nécessité de promouvoir les cultures endogènes et de préserver les richesses culturelles du Mali. Au-delà du retour matériel des objets, la restitution pose la question de leur conservation et de leur transmission aux générations futures. Le Musée national est ainsi appelé à jouer pleinement son rôle dans la sauvegarde, la conservation et la valorisation de ce patrimoine.
Le ministre a également précisé que cette démarche ne devait pas être perçue comme une rupture avec les autres pays. Le Mali entend privilégier le dialogue, consolider les relations existantes et nouer de nouveaux partenariats avec les grands musées du monde. Cette approche vise à maintenir les échanges autour des biens concernés et à favoriser la coopération internationale en matière de préservation du patrimoine culturel.
Le Musée national se prépare à accueillir les biens
Les échanges avec les interlocuteurs concernés doivent se poursuivre à partir du mois de novembre. Cette nouvelle étape devrait permettre de faire progresser les dossiers, en tenant compte des recherches historiques, des exigences juridiques et des démarches diplomatiques. La poursuite de ces discussions constitue un volet essentiel du processus engagé par les autorités culturelles maliennes.
Parallèlement, le Musée national du Mali doit se préparer à accueillir les objets dans des conditions adaptées à leur conservation. La mise en place de dispositifs appropriés sera déterminante pour assurer leur protection dans la durée. À travers cette démarche, les autorités culturelles entendent contribuer à la sauvegarde du patrimoine national, à la transmission de l’histoire et à la valorisation des cultures maliennes.
Ibrahim Kalifa Djitteye
