Le Conseil des ministres a approuvé le 3 juin deux marchés de construction d’un montant total de près de 7,8 milliards de francs CFA à Ségou et à Badougou Nafadji, dans la région de Koulikoro. Un investissement dans la qualité de l’éducation, au cœur du projet de refondation nationale.
Deux chantiers scolaires, deux régions différentes, un même objectif : réformer par le haut l’enseignement secondaire malien. Le Conseil des ministres réuni le mercredi 3 juin 2026 à Koulouba, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, a approuvé deux décrets portant sur la construction de lycées d’excellence, l’un à Ségou et l’autre à Badougou Nafadji, dans le cercle de Kati, région de Koulikoro.
Un délai d’exécution fixé à neuf mois
Le marché relatif au Lycée d’Excellence de Ségou est attribué au Groupement d’Entreprises PRO BTP-CHECEC pour un montant de 4 milliards 369 millions 469 mille 894 francs CFA, toutes taxes comprises. Celui de Badougou Nafadji revient à la Société Soudanaise de Construction et de Promotion Immobilière et de Commerce (SSCPIC) pour 3 milliards 394 millions 125 mille 328 francs CFA. Au total, ce sont donc près de 7,8 milliards de francs CFA — soit environ 12 millions d’euros — que l’État malien engage pour ces deux établissements, avec un délai d’exécution fixé à neuf mois pour chacun.
La notion de « lycée d’excellence » renvoie à un modèle d’établissement secondaire conçu pour concentrer les meilleurs élèves et les doter d’un cadre pédagogique et d’infrastructures de qualité supérieure. Dans le contexte malien, où le système éducatif a été fragilisé par des années d’instabilité, de grèves répétées et de fermetures d’établissements liées aux crises sécuritaires dans le nord et le centre du pays, l’annonce de ces deux chantiers constitue un signal politique autant qu’éducatif.
Volonté de rééquilibrage géographique de l’offre éducative
Ségou est un centre historique et économique du pays. Badougou Nafadji, dans le cercle de Kati — ville-garnison à quelques kilomètres de Bamako, siège du camp Soundiata — représente une zone de densité démographique croissante, liée à l’étalement urbain de la capitale. Implanter un lycée d’excellence dans chacune de ces deux localités témoigne d’une volonté de rééquilibrage géographique de l’offre éducative de qualité, jusqu’ici concentrée dans le district de Bamako.
Ces investissements s’inscrivent dans le cadre plus large du projet de refondation nationale porté par les autorités de Transition, qui ont fait de la formation d’une élite intellectuelle et technique nationale — illustrée également par la création récente du Centre d’intelligence artificielle et de robotique, ou par l’introduction de modules de formation en énergie solaire dans l’enseignement supérieur — l’un des axes de leur politique éducative. Les délais d’exécution de neuf mois fixés par les marchés laissent entrevoir des livraisons prévues pour le premier trimestre 2027, à temps pour la rentrée scolaire suivante.
Oumarou Fomba
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