Le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly a réuni maires et agents municipaux du District de Bamako et de Kati pour exiger la généralisation stricte des paiements digitaux dans les centres d’état civil. Un tour de vis présenté comme un impératif de transparence, à trente jours de la remise de rapports obligatoires.
Le ton était donné dès l’ouverture de la réunion. Devant les maires, les agents chargés d’expédier les affaires courantes des communes du District de Bamako et de la commune urbaine de Kati, ainsi que les principaux acteurs de l’état civil, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, a fait passer un message dénué d’ambiguïté : la digitalisation des paiements n’est plus une option, mais une exigence de gouvernance. Aucun écart aux règles ne sera toléré.
Une réforme placée sous le sceau de la transparence
La rencontre, consacrée à la mise en œuvre des paiements digitaux dans les centres d’état civil et à la modernisation des marchés, s’inscrit dans une réforme portée, selon le ministre, sous le leadership du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. L’objectif affiché tient en trois points : sécuriser les recettes publiques, garantir une gestion transparente des fonds et mettre fin aux pratiques qui fragilisent les finances des collectivités territoriales.
Sur le terrain, les chiffres sont là pour étayer le discours. Entre juillet 2024 et mai 2026, le dispositif de paiement digital a généré près de 200 millions de francs CFA au profit des collectivités territoriales. Un résultat salué par le ministre, mais qui, selon lui, ne doit pas occulter les insuffisances persistantes constatées dans plusieurs centres.
Trente jours pour un rapport détaillé
C’est là que le ton se durcit. Les responsables des collectivités territoriales ont désormais un mois pour transmettre un rapport détaillé sur le fonctionnement du dispositif dans chaque centre d’état civil. Ce document devra faire état des difficultés rencontrées, des mesures correctives déjà engagées, des besoins en équipements ainsi que des propositions d’amélioration.
Le ministre a par ailleurs exigé la désignation de points focaux chargés de suivre les paiements digitaux et de faire remonter régulièrement les informations techniques et financières. Dans la foulée, il a chargé la Direction nationale de l’état civil, en coordination avec les gouverneurs concernés, d’organiser des missions périodiques d’appui et de contrôle, afin de s’assurer du respect strict des orientations données.
Le marché El Hadji Dossolo Traoré, autre chantier prioritaire
Au-delà de l’état civil, le ministre a également abordé le dossier de la modernisation des marchés, appelant les collectivités territoriales à accélérer la formalisation de leurs engagements pour accompagner la reconstruction du marché El Hadji Dossolo Traoré. Un chantier présenté comme devant renforcer durablement la sécurité des infrastructures marchandes et soutenir le développement économique local.
En fixant des délais précis, en exigeant des rapports de situation et en annonçant des missions de suivi régulières, le général Issa Ousmane Coulibaly a clairement renvoyé les responsables des collectivités territoriales à leurs responsabilités. Un signal de fermeté qui traduit, selon le gouvernement, sa volonté de faire de la transparence et de la traçabilité des recettes publiques des principes désormais non négociables.
A.D
