Démocratie au Mali : impliquer le peuple dans la gestion du pouvoir

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Dans la gestion du pouvoir et la bonne gouvernance, il est important d’associer le peuple. Au Mali, les autorités actuelles de la transition semblent l’avoir compris. Opinion.

De faits historiques démontrent à suffisance que l’organisation d’une société ainsi que sa gestion n’incombent pas à un clan ni à un particulier. Mais à l’ensemble des contractants. Tous ceux qui ont tenté de faire le contraire ont échoué dans la mise en œuvre de leurs projets.

L’ambition de travailler en synergie

Cette tentation de gouverner dans le déni du peuple ou de ses représentants était forte au Mali au cours des premières heures qui ont suivi la chute du régime IBK. Mais les putschistes se sont vite rendu compte de l’évidence qu’on ne peut pas gouverner un peuple sans pour autant l’impliquer dans la gestion de la cité.

Les changements apportés à l’architecture de l’exécutif, l’accalmie du front social, bien que toujours fragile, et l’assurance que donnent les autorités politiques sur le respect des engagements donnent l’impression que les autorités transitoires sont résolues à gouverner différemment à leurs prédécesseurs.

N’eût été la seconde intervention d’Assimi Goïta, nul ne saurait ce que le Mali allait devenir. Des dissensions allaient vite éclater et mettre le pays en ruine. Le feuilleton qui a conduit à déposer Bah N’Daw et Moctar Ouane en est une illustration parfaite. Alors qu’il était sur le point de perdre le contrôle du pouvoir, Assimi Goita a montré que lui et ses collaborateurs en sont les véritables détenteurs.

Les activités visibles du chef de l’exécutif et ses délégués ainsi que l’annonce de la levée de toutes les restrictions, qui avaient été imposées aux premiers responsables de la transition, laissent croire que les autorités actuelles ont l’ambition de travailler en synergie avec tous les Maliens, ayant le souci de la patrie.

Juger en aval

Au regard des faits perceptibles, bien que minimes, et des discours de bonne intention, le peuple malien ne devrait-il pas juger les acteurs de la transition en fonction de ce qu’ils pourraient faire au terme du temps imparti ? Les assurances que le Premier ministre a données ne sont-elles pas suffisantes pour croire qu’il est de bonne foi ? Les interpellations en cours par la justice, de présumés coupables de malversation financière ne sont-elles pas des gages de la fin de l’impunité ?

Les polémiques autour de la prorogation de la transition ne devraient-elles pas être mises de côté pour se consacrer aux voies et moyens permettant de poser les bases d’un nouveau Mali ?

Sans jeter de l’anathème sur ceux qui demandent le respect des engagements sur la durée de la transition ou ceux qui dénoncent des vices de procédure dans les interpellations en cours dans les affaires de malversations, il faudrait quand-même dire que la plupart de ces gens sont ceux qui nous ont mis dans cette situation difficile.

Allons-nous continuer d’invoquer Dieu et nous cacher derrière les religieux pour espérer qu’ils nous aident à résoudre nos problèmes ou revoir ensemble les tares de notre démocratie, nos règles de droit et le fonctionnement de nos institutions ? Tant qu’on ne fait pas usage de ce qui fait de nous des humains, nous allons continuer à être dépouillés et asservis. Nous allons toujours envier le modèle de société des autres.

Mikailou Cissé

Mikailou Cissé
Mikailou Cissé
Mikailou Cissé est professeur de philosophie de niveau secondaire au Mali. Après des études de Master à l'Ecole Normale supérieure (ENSUP) de Bamako, quelques mois de stage à Phileingora lui ont suffi pour faire de l'écriture sa passion. Mikailou produit des articles d'analyse sur la politique et la société.

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