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Mme Mirjana Spoljaric, présidente du CICR
ActuSécurité

Situation humanitaire au sahel: retour sur la visite de la présidente du CICR au Mali

by Cheickna Coulibaly 1 novembre 2022
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

Fraichement nommée à la présidence du Comité international de la Croix rouge (CICR), il y a quelques semaines, Mme Mirjana Spoljaric Egger a effectué sa toute première mission, du 22 au 26 octobre, au Mali. À la fin de sa visite dans la région de Gao, la présidente du CICR a partagé ses impressions, le 26 octobre dernier, dans les locaux de l’organisation à Bamako. L’occasion pour les hommes de médias de s’imprégner de la situation humanitaire au Sahel.

Nommée présidente du Comité international de la Croix rouge, le 1er octobre 2022, Mme Mirjana Spoljaric Egger a effectué sa toute première visite au Mali pour prendre la température de la situation humanitaire au Sahel. Elle a, au cours de cette visite de 4 jours au Mali, rencontré les autorités locales et nationales et aussi les collègues de la croix rouge malienne. Elle a également participé à l’inauguration d’une nouvelle maternité construite et équipée par le CICR au sein de l’hôpital de Gao. De retour à Bamako, elle s’est entretenue avec des médias.

Selon la nouvelle présidente du CICR, ces 4 jours passés à l’intérieur du Mali, précisément à Gao, lui ont permis de se faire une idée du mandat et du travail effectué par son service dans les régions du Sahel. « J’ai commencé ma mission à Gao parce que cette région reflète la dure réalité dans tout le sahel. Je voulais apprendre le plus vite possible. Et c’est pour cela principalement que j’ai choisi le Mali pour ma première mission », indique-t-elle.

La situation des déplacés

Mme Mirjana Spoljaric Egger a souligné son inquiétude par rapport à la situation des déplacés dans le Sahel. Dans les régions du sahel, on dénombre 4,5 millions de déplacés, dont 10 % au Mali, a-t-elle indiqué.

Cette visite a été marquée par une série d’entretiens avec des groupes de déplacés qui ont exposé leurs quotidiens en tant que déplacés à la nouvelle patronne du CICR. « La grande partie de cette population vit de l’agriculture et de l’élevage. J’ai été confronté à des personnes qui ont dû quitter leur terre. Ils ont perdu leurs bétails, ils ont perdu la possibilité de générer des ressources dont ils ont besoin pour survivre. Donc il se retrouve des fois même […] sans accès à l’eau, sans nourriture, sans école pour les enfants, sans aucune occupation », a déploré Mme Mirjana Spoljaric Egger.

Une situation particulièrement difficile pour les femmes, qui se trouvent dans des endroits, sans aucune protection. Avec la sécheresse, l’impact du changement climatique, et la malnutrition, « la situation de ces populations ne peut que s’aggraver », déplore la présidente du CICR.

Malgré l’implication de quelques organisations humanitaires, comme le CICR et aussi la population locale, la situation de ces populations reste précaire. 

Antoine Grand, chef de la délégation du CICR au Mali, a expliqué la coordination des efforts en vue de venir en aide aux déplacés. « Dès qu’il y a de nouveaux déplacements, on cherche à vouloir assister ces personnes déplacées avec ce dont ils ont besoin principalement. On le fait en coordination avec les autres acteurs humanitaires […] », a-t-il défendu.

Rencontres avec des autorités maliennes

Les rencontres avec les autorités maliennes de la transition étaient l’un des objectifs de cette visite. La présidente du CICR s’est dite satisfaite de ces rencontres qu’elle trouve constructives. Si à Gao, elle a rencontré les autorités traditionnelles, coutumières, le gouverneur et le commandant des FaMa, à Bamako, c’est plutôt le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères qu’elle a rencontrée. « La coopération avec les autorités [maliennes] reste positive dans la mesure où on est d’accord et on partage le souci pour la situation et la nécessité pour les investisseurs d’être présents dans ces régions et de faire [tout] le possible pour soutenir les déplacés », a-t-elle développé tout en mettant l’accent sur l’engagement de longue date du CICR à assister et à protéger les victimes de conflits armés et d’autres situations de violence au Mali.

Pour conclure, Mme Mirjana Spoljaric a exhorté les parties au conflit au respect du droit international humanitaire. Aussi a-t-elle appelé à l’adoption de mesures en vue d’épargner la vie des civils et des infrastructures. « Cette visite m’a permis aussi de voir les défis dans le contexte de notre travail. C’est un contexte qui est très complexe (…) Un choix impossible entre l’impact du changement climatique et la sécheresse [ainsi que] le conflit armé », a-t-elle laissé entendre.  

Cheickna Coulibaly

1 novembre 2022 0 comments
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Fournitures alimentaires
A la UneEnquête

Fournitures alimentaires : les 400 000 000 de la présidence du Mali

by Chiencoro 1 novembre 2022
written by Chiencoro 5 minutes read

La publication, dans le N° 19753 du quotidien national Essor, du mercredi 19 octobre, d’un avis général de passation des marchés pour l’année budgétaire 2023, au compte de la présidence de la République du Mali, donne lieu à des interprétations décousues sur les réseaux sociaux ainsi que dans certains journaux.

Capture d’écran de la publication de l’appel d’offres dans le quotidien national Essor.

Dans ledit avis, il est annoncé un montant prévisionnel de quatre cents millions de francs CFA (400 000 000), au titre des « fournitures de produits alimentaires pour le compte des services de la présidence de la République ». Plutôt que voir le côté transparence dans les procédures, ledit marché fait malheureusement l’objet de commentaires ostentatoires, dont l’unique but n’est que, d’une part, de salir le nom, voire la réputation de la première institution, qui a ouvert un vaste chantier de lutte contre la corruption. D’autre part, d’essayer de mettre la pression sur le chef du service financier de la présidence à leur octroyer des marchés.

Des captures d’écran sur l’affaire des 400 000 000 de la présidence de la République du Mali.

Respect des procédures

Cet appel d’offres a été publié conformément aux législations en vigueur en République du Mali. En effet, l’article 33 du Décret du 25 septembre 2015 portant Code des marchés publics et des délégations de service public précise que les « plans prévisionnels annuels de passation doivent être communiqués à l’organe chargé du contrôle des marchés publics et des délégations de service public, au plus tard le 30 septembre de l’année précédant l’année budgétaire considérée, pour approbation et publication dans un délai fixé par arrêté du ministre chargé des finances ».

En son article 5, l’arrêté N° 2015 du 22 octobre 2015 fixant les modalités d’application du décret du 25 septembre 2015 recommande, sur la base des plans prévisionnels annuels de passation des marchés publics, la publication, par les autorités contractantes, chaque année, au plus tard le 30 novembre, d’un « avis général indicatif faisant connaître les caractéristiques essentielles des marchés qu’elles prévoient de passer par appel à la concurrence durant l’exercice budgétaire auquel se rapportent les plans […] ».

S’il était frauduleux ou si des intentions malsaines s’y cachaient, cet appel d’offres allait se passer sous silence sans aucune publication par voie de presse et en violation de toutes les dispositions ci-dessus citées. En outre, il convient de noter que ces fournitures concernent tous les services de à la présidence, y compris le cabinet des anciens présidents de la République ainsi que la prise en charge du Conseil des ministres. À ces charges, s’ajoutent celles des cérémonies présidées par le Président et les subventions des cantines au profit du personnel de la Présidence. 

Le soldat de la transparence

Se saisir de cette somme et essayer d’en faire une arme contre les autorités de la transition, en l’occurrence la première institution, c’est vraiment faire preuve de mauvaise foi. Pour rappel, la Direction administrative et financière (DAF) de la République du Mali a réussi de hauts faits dans le cadre de la réduction du train de vie de l’État, ainsi que dans la lutte contre la corruption innovée depuis le début de la Transition.

Dans le 4e numéro du « Courrier de la Transition », le magazine bimensuel de la Présidence du Mali, un article avait déjà exposé la nouvelle vision du DAF en matière de gestion des ressources de l’État. D’où la réduction des montants de tous les marchés et contrats à hauteur de 35 %.

À l’arrivée de l’équipe actuelle, le budget alloué aux contrats d’entretiens était excédentaire de 30 %. Ce qui mettait chaque année, la Présidence en incapacité de payer les prestataires à temps utile. Cet état de fait avait provoqué une accumulation d’arriérés de plusieurs milliards depuis 2016. Toute chose qui avait engendré des refus récurrents de la part des fournisseurs face aux sollicitations de la Présidence.

En bon soldat de la transparence, le Lieutenant-Colonel Cheick Mamadou Chérif Tounkara, a beaucoup assaini la gestion financière et des ressources humaines de la Présidence. De par l’efficacité de sa méthode, il a mis fin au traitement des travailleurs fictifs, coupé des lignes téléphoniques, des compteurs d’électricité et des fibres optiques aux coûts excessifs et ne relevant plus de la responsabilité de la DAF de la Présidence de la République.

Montant insuffisant

« Réduire le train de vie de l’État demeure notre priorité absolue, car, de notre point de vue, l’exemple doit venir de la première institution », assure le DAF, avant de rappeler que le Président de la Transition n’a pas dérogé à la règle pour avoir renoncé aux 2/3 de ses fonds de souveraineté en les consacrant aux œuvres sociales destinées aux populations vulnérables.

Un homme qui se bat pour la rationalisation des ressources publiques depuis son arrivée va-t-il vouloir se salir dans une telle affaire ? En plus, ce genre de marché n’est attribué qu’au mieux-disant.

Ce montant a d’ailleurs toujours été insuffisant étant donné que la Présidence se voit, chaque année, dans l’obligation d’éponger les arriérés. C’est donc dire que le débat autour du marché de fournitures alimentaires manque de consistance. Restons donc concentrés pour mener à bon port le bateau Transition.

Chiencoro Diarra

1 novembre 2022 0 comments
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Hyundai Algérie
Actu

Algérie : Après deux ans d’arrêt, Hyundai Algérie reprend ses activités

by Sahel Tribune 29 octobre 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Après Renault Algérie, l’usine d’assemblage automobile TMC (Hyundai) reprend ses activités en Algérie. L’annonce a été faite le jeudi dernier. Elle a arrêté sa production en 2020, suite à la condamnation de son patron, Mahieddine Tahkout, qui écope d’une prison de 16 ans, pour « obtention de privilèges, d’avantages et de marchés publics en violation de la législation » et « blanchiment d’argent ».  

Le nouveau directeur général de l’usine d’assemblage du constructeur sud-coréen Hyundaï, Khaled Djaballah, nouveau propriétaire de l’usine Hyundai, a rassuré à l’occasion de la réouverture de cette usine de production : « Nous avons rappelé 158 collaborateurs pour relancer deux lignes de montage dans un premier temps. Nous avons un programme pour remettre en marche cinq autres lignes de production, ce qui nécessitera le rappel de 780 salariés (…) Ces derniers ont bénéficié d’une formation de la part du partenaire Hyundai. Ils travaillaient dans cette usine », a rapporté l’agence anadolu.

Cette usine va démarrer avec la matière première disponible pour l’assemblage de 2 344 voitures, pour une durée de trois mois à une année, a précisé également le nouveau patron de Hyundai qui indique que la deuxième phase sera lancée en janvier prochain. Les autres lignes seront ouvertes progressivement afin d’atteindre son record de production annuelle de 70 000 véhicules, à travers la relance de tous ses sept lignes de production.

Rappelons que Renault Production Algérie a également annoncé, la reprise prochaine des activités de son usine en Algérie, après la suspension de sa production depuis 2020.

Entre 2014 et 2020, l’Algérie avait lancé une expérience de production de véhicules de plusieurs marques étrangères, dans le but de mettre en place « une véritable industrie automobile », a rappellé AA.

Oumarou

29 octobre 2022 0 comments
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El-Ghassim Wane
Politique

Situation au Mali : « Il y a des motifs d’espoir raisonnables », dixit El-Ghassim Wane

by Chiencoro 29 octobre 2022
written by Chiencoro 2 minutes read

Pendant deux jours, les chefs de mission de paix de l’ONU en Afrique de l’Ouest et centrale ont échangé à Bamako, sur la situation globale de la région sahélienne, dans le cadre de leur réunion annuelle de haut niveau.

Tenue à Dakar, au Sénégal, le 15 novembre 2021, la réunion annuelle de haut niveau des présences des Nations unies en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale se tient cette année à Bamako. Les travaux ont débuté le 27 octobre pour s’achever le 28 octobre. Cette 37e réunion de haut niveau, qui devait se tenir en mai 2022, vise à renforcer la coordination entre les présences des Nations unies, dans le domaine de la paix, de la sécurité ainsi que du développement. Cela en vue de soutenir plus efficacement les efforts des pays de la région, en étroite collaboration avec les organisations internationales africaines compétentes. 

Une délégation onusienne, participant à cette rencontre, a été reçue par le président malien de la transition, ce vendredi 28 octobre 2022. Les échanges ont porté sur la situation régionale et la vision du Mali sur les voies et moyens en vue du renforcement de l’efficacité de l’appui de la communauté internationale aux efforts de stabilisation conduits par les pays de la région.

Volonté politique forte

Selon les précisions du chef de la délégation, El-Ghassim Wane, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali et chef de la Minusma, il s’agissait d’informer le président Goïta « du contenu de nos discussions [lors de la réunion de haut niveau] mais également l’entendre articuler sa vision de la sécurité régionale, des priorités du Mali ». Car, « plus nous en sommes mieux imprégnés, mieux nous sommes en mesure de nous mobiliser en appui à l’agenda malien, en appui aux orientations que les Maliens ont fixé, y compris dans le contexte des Assises nationales de la refondation ».

Les défis que connait le Mali, mais aussi d’autres pays de la région, sont régionaux de nature, globaux, d’une dimension sécuritaire, économique et environnementale, a expliqué le chef de la Minusma, qui souligne la détermination de son organisation « à persévérer dans l’action qu’est la nôtre en appui au Mali ».

En raison des avancées majeures, notamment dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix, l’adoption d’une stratégie pour la stabilisation des régions du centre, « il y a des motifs d’espoir raisonnables ». Le Mauritanien El-Ghassim Wane reconnait également l’existence d’une volonté politique forte d’aller de l’avant pour que le Mali puisse enfin retrouver la paix à laquelle aspire si intensément son peuple.

C.D

29 octobre 2022 0 comments
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Des populations de GAO
ActuClimat et environnementSécurité

Sahel : changement climatique et conflits poussent les communautés au désespoir

by Sahel Tribune 28 octobre 2022
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le 01 octobre 2022, pour la première fois de son histoire, une présidente a pris la tête du CICR. Pour sa première visite, Mme Mirjana Spoljaric est venue au Mali. De Bamako, elle s’est rendue à Gao pour s’enquérir de la condition des victimes du conflit et autres situations de violence. Au cours de cette visite, la présidente Spoljaric a rencontré des membres des communautés et discuté des effets du conflit et du changement climatique. Elle appuie sur la sonnette d’alarme.

La combinaison fatale des conflits et de la crise climatique fait souffrir des millions de personnes au Mali et dans toute la région du Sahel. Prises en étau entre l’avancée du désert, les aléas climatiques et les violences, des communautés entières n’ont d’autre choix que de fuir en laissant derrière elles leurs maisons, leurs troupeaux et leurs moyens de subsistance.

Crise sécuritaire

Lors de sa première visite de terrain en tant que présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric a mis en garde contre la pression croissante qui s’exerce au Sahel aussi bien sur les personnes déplacées que sur les communautés qui les accueillent et doivent partager avec elles leur eau, leur nourriture et leurs terres. Cette pression doit être atténuée, ou le ressentiment s’accumulera jusqu’à rompre les liens existant entre les communautés.

« Ces familles aspirent désespérément à une vie meilleure. J’ai parlé avec des femmes qui ont dû enterrer leurs enfants pendant leur fuite. Beaucoup ont perdu leur mari, leurs frères… L’aide humanitaire est limitée et ces personnes n’entrevoient aucune échappatoire. Nous devons briser ce cercle vicieux de changement climatique et de violence qui les force à abandonner leurs terres », a déclaré Mme Spoljaric.

Bintou, dont le mari est mort de soif pendant la fuite de la famille, vit aujourd’hui dans un camp de fortune rudimentaire à proximité de Gao avec cinq de ses enfants. Les cinq autres sont dispersés dans la région.

« Nous n’avons plus connu la paix depuis la crise de 2012 », a-t-elle témoigné. « Les attaques meurtrières récentes nous ont obligés à fuir notre village. Des combattants armés ont tué tous les hommes — nos maris, nos fils — et nos filles, et ont violé certaines des femmes. »

Les violences ont contraint 4,5 millions de personnes à quitter leur foyer au Mali, au Niger et au Burkina Faso, soit une augmentation de 200 % en l’espace de deux ans. Alors que 80 % de la population du Sahel dépend de l’agriculture pour survivre, les déplacés se retrouvent privés d’accès à leurs terres et à leur bétail.

S’adapter aux évolutions rapides

Le changement climatique fait partie de la réalité quotidienne au Mali. Des lacs entiers, comme le lac Faguibine, se sont asséchés, anéantissant les écosystèmes locaux et forçant les communautés à s’en aller. La désertification gagne du terrain et le niveau des nappes phréatiques ne cesse de baisser, ce qui met les agriculteurs sous pression. La sécheresse a fait perdre au Mali 90 000 hectares de récoltes en 2021, mettant à mal les moyens de subsistance de plus de 3 millions de Maliens et entraînant une baisse de 10,5 % de la production céréalière du pays.

La Croix-Rouge malienne, dont les volontaires sont chaque jour à pied d’œuvre auprès des communautés dans tout le pays, est au cœur de l’action humanitaire déployée au Mali. Si l’on ne peut que saluer ces volontaires pour leur motivation, leur dévouement et la contribution qu’ils apportent, il n’en reste pas moins que les défis à relever sont immenses.

« En cette période marquée par l’instabilité mondiale et l’augmentation des besoins humanitaires, nous devons veiller à ce que les pays du Sahel ne soient pas oubliés », a indiqué Mme Spoljaric. « S’il est essentiel de répondre aux situations d’urgence en cours, des investissements ciblés sont aussi nécessaires pour aider les populations à s’adapter aux évolutions rapides causées par le changement climatique, ainsi qu’à se libérer de leur dépendance à l’aide humanitaire. »

 Source : CICR


Notre rédaction a apporté des modifications au texte.

28 octobre 2022 0 comments
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Mahamadou Issoufou
Sécurité

Sécurité-développement : Mahamadou Issoufou prend son bâton de pèlerin pour la réussite de sa mission

by Chiencoro 28 octobre 2022
written by Chiencoro 2 minutes read

Une délégation du Panel indépendant de haut niveau sur la sécurité et le développement au sahel, conduite par l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou, a été reçue, jeudi 27 octobre 2022, à Koulouba, par le président malien de la transition, colonel Assimi Goïta.

Les défis institutionnels, climatiques, démographiques, humanitaires et le défi du développement économique et social, avec les questions de pauvreté et d’inégalités, constituent les principaux problèmes qui se posent au Sahel et à certains pays du Sahara et du golfe de Guinée.

Encourager l’engagement international

Engagés par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pour une mission d’évaluation des différentes stratégies mises en œuvre ou en cours actuellement pour faire face à ces différents défis, les membres du Panel indépendant de haut niveau sur la sécurité et le développement au sahel multiplient les rencontres. Une délégation de ce Panel a été reçue, jeudi 27 octobre 2022, par le président malien de la transition, colonel Assimi Goïta, autour de ces défis et de la mission à lui, confiée par le secrétaire général des Nations unies, en rapport avec l’union africaine, la CEDEAO et le G5 Sahel.

Lors de la 5e Conférence annuelle entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine, le 1er décembre 2021, Antonio Guterres et le président de la Commission de l’UA ont convenu du principe de la mise en place de ce Panel indépendant de haut niveau sur la Sécurité et le Développement au Sahel. Cela en partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Groupe des cinq pays pour le Sahel (G5-Sahel). Ce groupe de haut niveau a la charge d’évaluer la situation au Sahel et de faire des recommandations sur les moyens d’encourager l’engagement international et de définir des réponses aux défis complexes de la région.

Une vingtaine de pays

Du 17 au 22 octobre 2022, le Panel a tenu, à Niamey (capitale du Niger), une réunion des experts indépendants sur la situation au Sahel. La première réunion consultative, qui a regroupé plusieurs experts et des personnes-ressources en plus des membres du panel. Cette réunion a marqué le démarrage de la mission du Panel. Une mission qui concerne une vingtaine de pays.

À l’issue de sa rencontre avec le président Goïta, Mahamadou Issoufou, président du Panel, a indiqué qu’il s’agit pour le panel « de faire cette évaluation et de faire des propositions et des recommandations afin d’agréger les efforts de tous les acteurs, les États comme leurs partenaires, pour être plus efficace en vue d’apporter des réponses plus pertinentes face aux défis que rencontre notre espace commun ».

Chiencoro Diarra

28 octobre 2022 0 comments
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La politique linguistique du Mali
ActuPolitique

Promotion des langues nationales : l’avant-projet de constitution rouvre le débat

by Chiencoro 24 octobre 2022
written by Chiencoro 5 minutes read

L’un des sujets polémiques dans l’avant-projet de Constitution est bien la question de l’officialisation des langues nationales. La nouvelle loi fondamentale en gestation laisse entrevoir la possibilité d’ériger des langues nationales en langues officielles. Cette disposition alimente les débats alors que cet avant-projet reconnait la diversité linguistique dès le préambule.

De la limitation du nombre de membres du gouvernement à l’introduction de la question environnementale dans les Institutions en passant par la création du Haut Conseil de la Nation et de la Cour des comptes, la réduction du nombre d’Institutions, la limitation du nombre de mandats du président de manière irrévocable ainsi que des changements dans le mode de désignation des membres de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême, l’avant-projet de Constitution prévoit un véritable changement dans la gouvernance étatique. À travers ces innovations majeures, cette nouvelle constitution, une fois adoptée, entend propulser le Mali au-devant de la scène régionale et internationale.

La langue et la culture

Au lieu de saluer les aspects innovants de cette nouvelle Constitution, en gestation, certains préfèrent s’enfermer dans du nihilisme intégral, en s’appuyant sur de petits détails et refusant ainsi de voir la vérité en face ou d’en croire. Dans la plupart des cas, il s’agit d’individus qui ne croyaient nullement à la possibilité d’élaboration de cet avant-projet dans le délai imparti par les autorités de la transition. À eux s’ajoutent ces dogmatiques qui pensent que toute initiative prise et réalisée sans leur implication totale est mauvaise. Mais qu’ils se décident vite à prendre le train en marche !

Depuis sa remise au chef de l’État et sa publication par la présidence, l’avant-projet de Constitution défraie la chronique nationale et internationale. Chacun y va de son bon vouloir, des experts aux pseudo-spécialistes. Parmi les nombreux commentaires, celui qui mérite une attention toute particulière demeure la question des langues.

En son article 31, cet avant-projet précise que les « langues parlées au Mali par une ou plusieurs communautés linguistiques font partie du patrimoine culturel » et qu’elles ont le statut de langues nationales et vocation à devenir langues officielles, à travers l’adoption d’une loi par l’État.

Cet article de l’avant-projet de constitution, qui fait une ouverture vers la possibilité d’adopter n’importe quelle langue nationale, reconnue, comme langue officielle, est mal interprété et vu comme contenant les germes d’un nouveau conflit au Mali, notamment identitaire et culturel.

13 langues nationales reconnues

En juillet 1982, les autorités maliennes, dans l’article 1 du décret n° 159 PG-RM, avaient déjà reconnu treize (13) langues comme nationales au Mali : le bamanankan (bambara), le bomu (bobo), le bozo, le døgøsø (dogon), le fulfulde (peul), le hasanya (maure), le mamara (miniyanka), le maninkakan (malinké), le soninké (sarakolé), le søõøy (sonrhaï), le syenara (sénoufo), le tàmàsàyt (tamasheq) et le xaasongaxanno (khassonké).

La promotion et l’utilisation des langues nationales ont toujours été au centre de la préoccupation des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’État malien. L’État étant une continuité, les autorités maliennes de la transition ont bien connaissance des textes antérieurs en la matière, qu’elles ne balayeront pas d’un revers de la main. Tout ce qu’elles peuvent faire si besoin en était, ce serait plutôt de les réviser afin qu’ils prennent en compte de nouvelles évolutions qui se seraient opérées.

« La promotion de toutes les langues nationales est une nécessité pour un développement endogène et une véritable décentralisation », lit-on dans le communiqué final du Conseil des ministres du 3 décembre 2014. La politique linguistique repose sur « des principes selon lesquels les langues nationales constituent le socle de l’identité culturelle nationale, le respect de la diversité linguistique, le droit pour tout citoyen de parler et d’être éduqué dans sa langue maternelle », précise la même source. Cette politique linguistique vise entre autres : à renforcer la participation active des populations au développement local ; à développer un environnement lettré en langues nationales permettant l’accès de la majorité des populations aux connaissances scientifiques technologiques et culturelles modernes susceptibles de contribuer à leur développement.

Toute Constitution, objet de contestations, de critiques et de controverses

Cette politique linguistique est-elle une émanation des autorités maliennes de la transition ? Seulement puisque les différents gouvernements ont échoué dans la promotion de ces langues et la mise en œuvre de cette politique, les autorités maliennes de la transition se sont engagées à le faire, surtout que la recommandation a été expressément formulée par les citoyens maliens lors des Assises nationales de la refondation. De ces recommandations, il ressort clairement la demande « d’éditer et publier le document de politique linguistique du Mali adopté par le Conseil des ministres du 03 décembre 2014 » et aussi l’adoption d’une loi portant « officialisation des langues nationales conformément à l’esprit du document de politique linguistique » et aussi de « renforcer l’utilisation des langues nationales dans tous les ordres d’enseignement ».

Les débats autour des langues nationales, surtout leur officialisation, évoquée dans l’avant-projet de Constitution, relèvent donc du non-sens. La transition devra-t-elle trahir la volonté populaire en faisant table rase de toutes les dispositions antérieures et présentes ? Ce qui serait du non-sens puisque ne relèverait que d’un véritable désordre.

Le Président de la commission de rédaction de la nouvelle Constitution (CRNC), Fousseyni Samaké, a toutefois bien prédit ces polémiques. C’est pourquoi il a prévenu le chef de l’État, lors de la remise de l’avant-projet, sur le fait que toute Constitution sera objet de contestations, de critiques et de controverses. Aussi a-t-il rappelé que la qualité et la durabilité d’une Constitution se révèlent dans la pratique. Cette nouvelle Constitution demeure malgré tout un marqueur important du processus de refondation de l’État malien.

Chiencoro Diarra

24 octobre 2022 0 comments
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