Home A la Une Un mois pour réapprendre le Mali : le tourisme interne referme sa première grande campagne nationale

Un mois pour réapprendre le Mali : le tourisme interne referme sa première grande campagne nationale

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Pendant quatre semaines, le Mali a fait du tourisme interne un instrument de découverte du patrimoine, de promotion de l’économie locale et de valorisation culturelle. Lancée le 1er septembre dans le cadre du programme « Les Maliens visitent le Mali », la campagne s’achève ce mercredi 30 septembre au Palais de la culture Amadou-Hampâté-Bâ de Bamako.

C’est au Palais de la culture Amadou-Hampâté-Bâ, sur les rives du Niger, que le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a donné rendez-vous, mercredi 30 septembre à partir de 16 heures, pour la cérémonie de clôture du Mois du tourisme au Mali. Lancée le 1er septembre sous le thème « le tourisme interne, vecteur de promotion de l’économie locale et de renforcement du patriotisme », conformément au programme « Les Maliens visitent le Mali », cette campagne visait, selon le communiqué ministériel, à accroître l’attractivité de la destination Mali tout en mettant en exergue l’interaction entre culture, tourisme et patriotisme.

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le tourisme interne, vecteur de promotion de l’économie locale et de renforcement du patriotisme

Le choix du lieu n’est sans doute pas neutre. Inauguré en 1983 dans le cadre d’une coopération entre le Mali et la Corée du Sud, le Palais de la culture porte le nom d’Amadou Hampâté Bâ, l’écrivain et ethnologue peul dont l’œuvre entière fut consacrée à la collecte et à la sauvegarde de la tradition orale ouest-africaine, et à qui l’on doit la formule devenue proverbiale selon laquelle, en Afrique, la disparition d’un vieillard équivaut à l’incendie d’une bibliothèque. Refermer, dans cette enceinte précisément, un mois consacré à la (re)découverte du patrimoine national par les Maliens eux-mêmes relève d’une cohérence symbolique que le ministère n’a pas explicitée, mais qui n’échappera pas aux visiteurs de l’espace Zèmèba.

Une campagne sans précédent par son ampleur

Pendant quatre semaines, la quasi-totalité des régions du pays a décliné, à son échelle, ce même mot d’ordre national. Des conférences et des visites patrimoniales ont été organisées à Dioïla, Mopti, Bandiagara, Ségou, Koulikoro et Sikasso ; des festivités se sont tenues à Bougouni autour du festival Didadi ; une tournée d’une douzaine de sites a rythmé le programme à Tombouctou ; San et Ménaka, cette dernière malgré un contexte sécuritaire particulièrement difficile dans le nord-est du pays, ont elles aussi organisé leurs propres activités. Le ministère a par ailleurs consacré plusieurs communiqués à l’hommage de figures disparues du tourisme malien, ainsi qu’à la mise en avant d’entrepreneurs du secteur, à l’image des fondateurs du Kamankolé Palace de Kayes et du groupe Bambara de Mopti. Le 27 septembre, jour de la Journée mondiale du tourisme, le ministre Mamou Daffé avait invité chaque citoyen à faire du tourisme interne « un acte citoyen » ; le lendemain, une conférence organisée à Bamako reprenait le thème retenu cette année à l’échelle mondiale par l’ONU Tourisme, celui du numérique et de l’intelligence artificielle appliqués au secteur.

Cette accumulation d’initiatives, rare par sa constance sur un mois entier et sur la quasi-totalité du territoire, s’inscrit dans la vision présidentielle affichée d’un bout à l’autre de la campagne : promouvoir la destination Mali, restaurer son image sur la scène internationale et contribuer à la revitalisation culturelle des territoires, dans un pays où le tourisme international reste durement affecté par plus d’une décennie de crise sécuritaire.

La cérémonie de mercredi doit clore ce cycle sur un slogan devenu familier au fil des communiqués : « Ensemble redonnons vie au tourisme malien. » 

Oumarou Fomba

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