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À Ouagadougou, le Mali de nouveau invité spécial d’un Salon du tourisme relancé après une décennie de crise

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Le ministre malien du Tourisme, Mamou Daffé, a pris part mardi à l’ouverture de la 16ᵉ édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou, aux côtés du Niger, invité spécial pour la deuxième année consécutive. Un rendez-vous qui doit sa relance récente à la sortie progressive d’une longue suspension liée à la crise sécuritaire régionale.

Le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, est arrivé mardi 22 septembre à Ouagadougou pour prendre part à la 16ᵉ édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (Sitho), qui se tient jusqu’au 27 septembre au Parc d’exposition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). À son arrivée à l’aéroport, il a été accueilli par son homologue burkinabè, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. Le Mali figure, cette année encore, parmi les pays invités spéciaux du salon, aux côtés du Niger.

La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue le même jour sous la présidence du Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence des deux ministres du Tourisme malien et burkinabè ainsi que d’un représentant de la ministre nigérienne de l’Artisanat et du Tourisme. Placée sous le thème « Financement des projets structurants : un levier pour le développement du tourisme », cette édition doit réunir quelque 500 exposants et attendait, selon les organisateurs, jusqu’à 50 000 visiteurs sur les six jours de manifestation.

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Financement des projets structurants : un levier pour le développement du tourisme

Un salon relancé après une décennie de suspension

Créé en 2004, le Sitho avait connu une première édition organisée à la Maison du peuple de Ouagadougou sur le thème du « tourisme et intégration régionale », réunissant déjà des délégations venues du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Niger et du Togo. La dégradation de la situation sécuritaire dans la région avait toutefois contraint les organisateurs à suspendre l’événement après sa douzième édition, en 2017. Il aura fallu attendre 2023 pour voir le salon renaître, cette treizième édition étant organisée conjointement avec la Vitrine du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration de Ouagadougou (Vithro). Depuis, le rendez-vous n’a cessé de monter en puissance : la 15ᵉ édition, en septembre 2025, avait déjà accueilli le Mali et le Niger comme invités spéciaux sous le thème « Tourisme et intégration des peuples du Sahel », pour plus de 10 000 visiteurs enregistrés.

Cette reconduction du statut d’invité spécial pour deux éditions consécutives illustre la volonté affichée par les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de faire du tourisme un nouveau terrain de coopération confédérale, au même titre que la culture, la sécurité ou l’économie. Prenant la parole au nom des ministres du Tourisme des pays de l’AES, Mamou Daffé a exprimé la « profonde gratitude » des délégations malienne et nigérienne pour l’accueil réservé par le Burkina Faso aux pays invités spéciaux, insistant sur la nécessité de renforcer la coopération touristique au sein de l’espace confédéral à travers la mutualisation des expertises, des infrastructures et des financements.

Le financement, nerf de la guerre du tourisme sahélien

Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre burkinabè a pour sa part insisté sur l’importance du financement des projets touristiques structurants (infrastructures, aménagement des sites, équipements, formation et promotion), saluant au passage la tenue, en marge du salon, d’un Forum des acteurs du tourisme de l’AES. Un accent mis sur le financement qui n’a rien d’anodin pour un secteur touristique sahélien durement fragilisé par plus d’une décennie de crise sécuritaire, et dont la relance dépendra, selon l’ensemble des intervenants réunis à Ouagadougou, de la capacité des trois pays confédérés à mobiliser des investissements suffisants pour transformer un potentiel patrimonial déjà documenté en flux touristiques réels.

Oumarou Fomba

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