Home A la Une À deux jours de son discours, al-Burhan pourra-t-il finalement parler à l’ONU ?

À deux jours de son discours, al-Burhan pourra-t-il finalement parler à l’ONU ?

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À moins de deux jours de son intervention prévue à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le général Abdel Fattah al-Burhan n’a toujours pas obtenu son visa d’entrée aux États-Unis. Washington conditionnerait sa délivrance à l’acceptation d’une trêve de trois mois au Soudan, tandis que l’ONU s’inquiète de cette situation. Le dirigeant soudanais pourra-t-il finalement prendre la parole à New York, ou devra-t-il renoncer à la tribune onusienne ?

Le général Abdel Fattah al-Burhan devait s’exprimer jeudi 24 septembre à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Mais à quelques jours de l’échéance, le chef de l’armée soudanaise et leader du Conseil souverain de transition n’avait toujours pas obtenu de visa américain, selon plusieurs sources diplomatiques citées par des médias étrangers. L’administration américaine conditionnerait l’octroi de ce document à l’acceptation, par le général al-Burhan, d’une trêve de trois mois dans le conflit qui l’oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemetti ». Une exigence à laquelle le chef de l’armée soudanaise s’est opposé à plusieurs reprises par le passé, estimant qu’une telle pause permettrait aux paramilitaires de se regrouper avant de nouvelles offensives.

Cette demande de trêve intervient alors que l’armée soudanaise vient précisément de lancer, le 17 septembre, une vaste offensive dans le Kordofan du Nord. Elle revendique la reprise de onze localités jusque-là tenues par les FSR. Cette région, désormais présentée comme le nouvel épicentre d’une guerre qui a dépassé le millier de jours depuis son déclenchement en avril 2023, occupe une position stratégique entre le Darfour, bastion paramilitaire, et les zones orientales reprises par l’armée depuis mars 2025, dont la capitale Khartoum.

« Ni l’armée ni les FSR ne représentent un pouvoir légitime »

Mardi 22 septembre, le département d’État américain a haussé le ton, dénonçant des « dirigeants illégitimes qui gouvernent par la seule force » et fustigeant leur refus commun de décréter une trêve humanitaire. « Ni les forces armées soudanaises, ni les Forces de soutien rapide, ni leurs dirigeants respectifs ne représentent un pouvoir légitime et constitutionnel au Soudan », a déclaré le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott. Une formule aux conséquences diplomatiques lourdes, puisqu’elle revient à mettre en doute, publiquement, la légitimité même du général al-Burhan en tant qu’interlocuteur étatique.

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Ni les forces armées soudanaises, ni les Forces de soutien rapide, ni leurs dirigeants respectifs ne représentent un pouvoir légitime et constitutionnel au Soudan

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit mardi soir « vivement préoccupé » par la non-délivrance de ce visa. L’accord de siège liant les Nations unies aux États-Unis, où l’organisation a son siège, stipule en effet que Washington doit délivrer sans entrave ni retard les visas d’entrée aux représentants des États membres se rendant à New York pour y exercer leurs fonctions officielles, rappelle des médias étrangers.

« Une violation du droit international »

Pour le chercheur Romuald Sciora, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), ce refus s’apparente précisément à un manquement de ce type. « Selon les accords passés entre l’ONU et les États-Unis et au regard du droit international, Washington ne peut refuser un visa à un représentant d’un État membre. Même sous le prétexte d’un danger menaçant les États-Unis, cela demeure une violation du droit international », a-t-il expliqué à un média français.

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Selon les accords passés entre l’ONU et les États-Unis et au regard du droit international, Washington ne peut refuser un visa à un représentant d’un État membre. Même sous le prétexte d’un danger menaçant les États-Unis, cela demeure une violation du droit international

Ce psychodrame diplomatique intervient dans un contexte humanitaire particulièrement alarmant. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme avait fait état, entre janvier et mi-mars, de plus de 500 civils tués par des frappes de drones, principalement dans la région du Kordofan, tandis que le Conseil de sécurité maintient depuis plusieurs années un régime de sanctions visant le pays. A quelques encablures de l’intervention du général soudanais, l’on est amené à se demander si cette impasse sur le visa se dénouera avant l’ouverture du débat général de l’Assemblée générale, ou si le dirigeant soudanais se verra, de fait, privé de la tribune onusienne à laquelle sa fonction lui donne théoriquement droit, ou encore si les Nations unies vont lui permettre, à titre excepotionnelle, de faire son intervention par visioconférence.

A.D

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