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Tombouctou : le Grand Imam de Sankoré s’éteint à 92 ans

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L’Imam de la mosquée de Sankoré, Abderrahmane Ben Alhakoum Al Aquib Seyfou, communément appelé Allimam Alhakoum par ses proches, est décédé samedi 3 octobre 2026 à Tombouctou, à l’âge de 92 ans, des suites d’une maladie. Figure religieuse de la cité des 333 saints, il laisse derrière lui plusieurs décennies consacrées à l’enseignement religieux, à la transmission des valeurs et à la vie spirituelle de la ville.

Selon les informations recueillies, Abderrahmane Ben Alhakoum Al Aquib Seyfou aurait dirigé la mosquée Sankoré pendant 41 ans. Durant cette longue période, il s’est imposé comme une référence religieuse à Tombouctou. Son parcours était également marqué par son attachement aux coutumes et aux traditions, auxquelles il accordait une place particulière dans l’éducation et la transmission des valeurs aux jeunes générations de la cité historique.

Une figure religieuse au cœur des hommages

Les obsèques du défunt se sont déroulées samedi à Tombouctou, en présence des autorités régionales, avec à leur tête le Gouverneur de la région, le Contrôleur général de Police Bakoun Kanté. Les Forces de Défense et de Sécurité, les notabilités de la ville ainsi que de nombreux parents, amis et fidèles ont également pris part à la cérémonie. Cette mobilisation témoigne de la considération dont bénéficiait le religieux auprès de la population.

À travers le Gouverneur de la région, les autorités ont présenté leurs condoléances à la famille du défunt, aux populations de Sankoré, à l’ensemble de la ville et à la communauté musulmane. Les condoléances du Président de la Transition, Chef de l’État, du Premier ministre et des membres du Gouvernement ont également été transmises. L’imam a été salué comme un gardien des valeurs religieuses et une personnalité de référence pour les fidèles de Tombouctou.

Une bibliothèque au cœur d’un héritage intellectuel

Au-delà de sa fonction religieuse, l’imam laisse également une importante richesse documentaire. Il disposait notamment d’une bibliothèque contenant des manuscrits considérés comme précieux. Cette dimension rappelle la place occupée par Tombouctou dans l’histoire du savoir islamique en Afrique de l’Ouest. La mosquée Sankoré, à laquelle son parcours restera associé, constitue elle-même l’un des principaux symboles de cette tradition intellectuelle et religieuse ancienne.

Construite entre les XIVe et XVe siècles, la mosquée Sankoré fait partie des trois grandes mosquées historiques de Tombouctou, avec Djingareyber et Sidi Yahia. Elle est également associée à l’ancienne université de Sankoré, qui accueillait autrefois de nombreux étudiants venus étudier la théologie, le droit, la philosophie et d’autres disciplines. L’ensemble historique de Tombouctou est inscrit depuis 1988 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en raison de sa valeur historique et culturelle.

Sankoré, un patrimoine intimement lié à Tombouctou

La disparition d’Abderrahmane Ben Alhakoum Al Aquib Seyfou intervient donc dans une ville où les lieux de culte restent étroitement liés à l’histoire, au savoir et à la transmission. La mosquée Sankoré continue de faire l’objet d’efforts de conservation en raison de sa valeur architecturale et historique. Le parcours du défunt s’inscrit dans cette continuité, lui qui aura consacré une grande partie de son existence à la pratique religieuse et à la préservation des traditions locales.

La cérémonie du troisième jour en mémoire du défunt est annoncée pour lundi 5 octobre 2026 sur la dune de Sankoré. Abderrahmane Ben Alhakoum Al Aquib Seyfou repose désormais au cimetière Sidi Mahmoud, au nord de Tombouctou. Avec sa disparition, la ville des 333 saints perd une figure religieuse qui aura occupé pendant plusieurs décennies une place importante dans la vie spirituelle locale et dans la transmission des valeurs auxquelles il était profondément attaché.

Ibrahim Kalifa Djitteye

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