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À Koulikoro, la CANAM part à la conquête des Maliens non couverts

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Une équipe de la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM) a sillonné la région de Koulikoro du 21 au 25 septembre pour sensibiliser employeurs et travailleurs à l’immatriculation obligatoire. Une démarche de terrain qui prend tout son relief alors que l’institution estime à seulement 22 % la part de la population malienne bénéficiant actuellement d’une couverture maladie.

Une équipe de la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM) a séjourné dans la région de Koulikoro du 21 au 25 septembre, dans le cadre de la campagne périodique d’affiliation et de contrôle d’immatriculation auprès des entreprises publiques et privées au titre du premier semestre 2026. La mission réunissait des agents de la Direction de l’appui aux organismes gestionnaires délégués, de la Direction de l’organisation et du contrôle de la qualité des soins, ainsi que du Service communication et relations publiques, avec pour objectif de rappeler l’importance de l’immatriculation à l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et d’en expliquer concrètement les avantages.

Une couverture maladie qui plafonne à 22 % de la population

Les membres de la délégation ont rencontré les responsables et agents de plusieurs structures : la mairie de la commune urbaine, des centres de santé, l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) et des unités industrielles. Partout, les équipes de la CANAM ont consacré un temps d’échange au Régime d’assurance maladie universel (RAMU), ambition nationale visant à étendre la protection sanitaire à l’ensemble de la population. Ils ont saisi l’occasion pour expliquer à leurs interlocuteurs comment l’AMO s’inscrit dans cette dynamique plus large et pourquoi l’immatriculation de chaque travailleur contribue à bâtir une couverture maladie pour tous. Les échanges ont également porté sur les obligations de l’employeur, les droits des assurés et de leurs ayants droit, ainsi que sur les modalités pratiques de l’affiliation, les agents de la CANAM s’employant à dissiper zones d’ombre et idées reçues sur le fonctionnement du régime.

Cette tournée de sensibilisation, routinière dans son format, prend un relief particulier à la lumière d’un chiffre communiqué par la direction générale de la CANAM elle-même fin décembre dernier : la couverture effective de l’AMO reste estimée à seulement 22 % de la population malienne. Créée par la loi du 26 juin 2009, la CANAM gère un régime obligatoire qui couvre aujourd’hui les fonctionnaires civils et militaires, les salariés du secteur privé, les parlementaires et les titulaires de pensions, financé par des cotisations partagées entre employeurs et employés en raison de 3,06 % à la charge du fonctionnaire contre 4,48 % pour l’État, 3,06 % pour le salarié du privé contre 3,5 % pour son employeur. Elles prennent en charge entre 70 et 80 % des frais de soins selon les actes.

Réaffirmer son engagement en faveur d’une couverture maladie plus accessible

C’est précisément pour combler l’écart entre ce champ de couverture et l’ensemble de la population que le RAMU a été conçu, avec pour cible prioritaire la large frange de Maliens relevant du secteur informel, notamment les paysans, les éleveurs, les artisans, les commerçants, qui demeurent aujourd’hui sans protection face aux risques de maladie. Sa mise en œuvre opérationnelle, engagée notamment via un rapprochement avec le réseau des mutuelles de santé, mise sur l’inclusion progressive de ces acteurs non salariés pour inscrire durablement le pays sur la voie d’une couverture sanitaire universelle.

Au terme de son passage à Koulikoro, la CANAM a dressé un constat d’adhésion progressive à mesure que l’information circule auprès des employeurs et des travailleurs. En allant ainsi à la rencontre des acteurs économiques sur le terrain, l’institution entend réaffirmer son engagement en faveur d’une couverture maladie plus accessible et d’un système plus solidaire.  Un objectif dont l’ampleur du chemin reste à parcourir, mesurée à l’aune du taux de couverture actuel, n’échappe pas à ses propres statistiques.

A.D

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