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Bamako : la BMI saisit 1,1 tonne de cyanure et près de 7 tonnes de poulet brésilien

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En 48 heures, la Brigade Mobile d’Intervention de Bamako a saisi 1,1 tonne de cyanure à Badalabougou et 6,88 tonnes de poulet brésilien dans un dépôt clandestin à Niamakoro. Deux opérations qui mettent en lumière la diversité des trafics ciblés par les forces de contrôle.

Deux opérations, deux produits aux antipodes l’un de l’autre, et pourtant le même mot d’ordre : tolérance zéro pour les trafics hors circuit légal. La Brigade Mobile d’Intervention (BMI) de Bamako, placée sous le commandement de l’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo, vient de réaliser en l’espace de quarante-huit heures deux saisies majeures qui illustrent l’étendue et la diversité de ses missions : de la sécurité des populations à la protection du marché alimentaire national.

Nuit du 22 août : 1,1 tonne de cyanure à Badalabougou

Il est 1 h 30 du matin, dans le secteur de Badalabougou, quand les agents de la BMI interceptent une cargaison qui n’avait pas vocation à circuler discrètement en pleine nuit. Vingt-deux sacs de cyanure, pour un poids total de 1 100 kilogrammes. La marchandise est saisie.

Le cyanure est un produit hautement toxique dont la manipulation, le transport et la commercialisation sont soumis à des réglementations strictes, au Mali comme partout ailleurs. Utilisé légalement dans certains procédés industriels et dans le secteur de l’orpaillage, il peut devenir une menace grave pour la santé publique et l’environnement lorsqu’il circule en dehors des circuits réglementaires, sans traçabilité, sans conditions de stockage adaptées, sans contrôle des destinataires.

L’interception nocturne de Badalabougou soulève des questions auxquelles les enquêtes en cours devront répondre : quelle était la destination de cette cargaison, qui en sont les commanditaires, et vers quelles filières, légales ou non, était-elle acheminée ?

24 août : 688 cartons de poulet brésilien dans un dépôt clandestin

Deux jours plus tard, un renseignement douanier oriente la BMI vers une cour discrète du quartier de Niamakoro, à proximité de la Cité UNICEF. Les agents découvrent sur place un stock conséquent de viandes fraîches de volaille, des cuisses de poulet d’origine brésilienne, entreposées dans ce qui s’apparente à un dépôt de revente non déclaré. Au total : 688 cartons, soit 6 880 kilogrammes de produits alimentaires.

Mais à l’arrivée des agents, les propriétaires de la marchandise avaient disparu. Vraisemblablement alertés de la présence des douaniers dans le quartier, ils avaient pris la fuite, abandonnant derrière eux l’intégralité du stock. La marchandise, elle, n’a pas eu la même chance. Saisie sur-le-champ, elle fait désormais l’objet d’une procédure.

La commercialisation de produits alimentaires importés en dehors des circuits officiels pose plusieurs problèmes simultanément : absence de contrôle sanitaire à l’entrée du territoire, concurrence déloyale vis-à-vis des opérateurs en règle, et risque réel pour les consommateurs qui se retrouvent exposés à des produits dont la chaîne du froid, les conditions de stockage et les dates de péremption n’ont fait l’objet d’aucune vérification indépendante.

Les enquêtes se poursuivent

La BMI ne s’en tient pas aux saisies. Dans les deux affaires, des investigations sont en cours pour identifier les propriétaires des marchandises, reconstituer les filières d’approvisionnement et démanteler les réseaux qui organisent ces trafics. La fuite des opérateurs de Niamakoro, manifestement informés de l’arrivée des agents, suggère l’existence d’un système de surveillance et d’alerte qui mérite lui aussi d’être mis à jour.

Ces deux opérations consécutives confirment, s’il en était besoin, la nature protéiforme des missions de la BMI. Une même brigade, en quarante-huit heures, neutralise aussi bien une cargaison de produit toxique industriel qu’un réseau de distribution alimentaire clandestin. Deux visages d’un même combat pour la protection des Maliens.

Oumarou Fomba 

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