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Réception de nouveaux équipements de l'armée de l'air
ActuSécurité

Mali : l’armée de l’air dotée de nouveaux aéronefs

by Chiencoro 9 août 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

L’armée de l’air a réceptionné, mardi 9 août 2022, un nouveau lot d’aéronefs et d’équipements. La remise officielle des clés de ces appareils par le président de la transition, col. Assimi Goïta, a eu lieu au pavillon présidentiel de l’aéroport international président Modibo Kéïta de Bamako.

Remise des clés des appareils
Remise des clés des appareils par le président de la transition au chef d’état-major de l’armée de l’air. ©Présidence du Mali.

Victime d’une crise multidimensionnelle depuis une décennie, le Mali travaille à la « montée en puissance » de son armée pour le retour de la paix et de la stabilité. Les autorités de la transition continuent à doter les forces armées de défense et de sécurité en équipements de combat et de transport. Leur objectif est de se battre d’abord pour gagner les guerres imposées à la nation et créer ensuite les conditions pour une paix durable et juste.  

Pour y parvenir, il faut une armée refondée, « professionnelle, bien équipée, bien entraînée, dotée d’un bon moral ». Une armée qui reflètera les « valeurs guerrières » du Mali, selon les précisions du ministre de la Défense et des anciens Combattants, colonel Sadio Camara.

Surveillance de l’espace aérien

En plus des Super Tucano, des MI-35, des MI24, des MI-171, du premier Caza et d’autres moyens de transport existant, l’armée de l’air vient d’être dotée par les autorités de la transition en avions de chasse de type L39 et Souhkoi Su-25, en hélicoptères d’attaque de type MI24-P, en hélicoptères de manœuvre de type MI-8 ainsi que d’un deuxième avion de transport tactique de type Airbus Caza-295. À ces équipements, il faut ajouter des radars de surveillance de l’espace aérien, des moyens de défense anti-aérienne.

Selon le ministre Camara, la capacité de surveillance de l’espace aérien est un facteur de souveraineté. La réception de ces équipements donne un coup d’accélérateur à la « montée en puissance » des forces armées maliennes.

Malgré tout, « le Combat est loin d’être gagné. Le pays est loin d’être pacifié. Mais le Mali se relève graduellement. Les obstacles se dresseront sur notre chemin et les coups durs ne manqueront pas d’arriver », prévient le général de brigade Aly Boï Diarra, chef d’État-major de l’armée de l’Air.

« Ce n’est pas une armée de parade que nous construisons »

Il estime que « l’effervescence que nous avons observée au sein du peuple malien à l’annonce de l’arrivée des vecteurs aériens [présentés] ce matin est une indication claire de l’espoir que suscite cette acquisition pour toute la Nation et de l’espoir que suscite la montée en puissance des Forces armées maliennes ». À ses dires, ces moyens aériens n’ont pas une « vocation de prestige comme la flotte de l’Armée de l’air a parfois été perçue ». Selon ses précisions, « ce n’est pas une armée de parade que nous construisons ». Mais plutôt, « une armée d’action, opérationnelle, apte au combat et décisive au moment opportun ».

Le ministre de la Défense et des anciens Combattants trouve cette journée « historique tant par la nature, la qualité que par le volume » des équipements reçus.  

Chiencoro Diarra

9 août 2022 0 comments
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Signature d'accord de paix à Doha
Sécurité

Tchad : signature d’un accord de paix ouvrant la voie au dialogue national inclusif

by Bakary FOMBA 9 août 2022
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Après cinq mois de discussions, le pouvoir de transition tchadienne et plusieurs mouvements politiques armés ont signé, lundi 8 août 2022, à Doha au Qatar, un accord de paix. Cet accord devrait ouvrir la voie au dialogue national inclusif.

En vue d’ouvrir la voie au dialogue national inclusif, prévu le 20 août prochain, à N’Djamena, les autorités tchadiennes et 42 des 47 groupes rebelles représentés à Doha (parrain des négociations entre les parties tchadiennes), sont parvenus lundi à un accord, qui devra mettre fin à des décennies de guerres et de conflits entre le gouvernement et des groupes politiques armés.

Un « moment clé pour le peuple tchadien »

Cet épisode, considéré comme une première étape, reste un « moment clé pour le peuple tchadien », affirme le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie officielle à Doha, rapporte TV5 Monde. Toutefois, le chef de l’ONU a insisté sur la nécessité d’un dialogue « inclusif », pour que celui-ci puisse réussir.

Aussi, cet accord, conclu après cinq mois d’échanges au Qatar, prévoit un cessez-le-feu général dès sa signature, avec également la mise en route d’un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion. Il engage aussi les deux parties (Conseil militaire de transition et le camp des rebelles), à ne mener aucune action militaire l’une contre l’autre.

En plus de la prévention d’une loi d’amnistie en faveur des rebelles condamnés, le pouvoir tchadien et ces groupes rebelles signataires ont également envisagé la libération des prisonniers capturés dans les divers affrontements par chaque partie.

Toutefois, indique les termes de l’accord, les groupes politico-militaires doivent à leur tour, renoncer définitivement à la lutte armée et aux actions violentes.

« Non-prise en compte des revendications »

Malgré les espoirs des médiateurs, deux des principaux mouvements rebelles ont refusé de participer à cet accord, notamment le Front pour l’Alternance et la concorde (FACT) et le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR).

Dans un communiqué, le FACT affirme que ce « rejet est concomitant à la non-prise en compte » de ses « revendications », notamment la libération des prisonniers. Par ailleurs, ce principal groupe rebelle a affirmé qu’il « reste disponible au dialogue partout et toujours ». De son côté, le CCMSR a annoncé sur sa page Facebook ne pas vouloir signer un accord contraire à ses principes. Les « principes pour lesquels nous nous battons ne nous permettent pas de faire partie d’un dialogue dont nous ne connaissons pas les objectifs ».

Le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI),  Hissein Brahim Taha, qui a pris part à cette cérémonie, a félicité, dans un communiqué, le « gouvernement de la transition et les mouvements politico-militaires au Tchad pour leur engagement qui a permis la signature de cet Accord historique ». Il a formulé l’espoir que cet Accord « permettra de parvenir à une paix durable au Tchad, avec l’engagement des parties tchadiennes et le soutien actif de la communauté internationale au Tchad, dans cette phase cruciale ».

Pour rappel, suite à la mort du Président Idriss Déby Itno (au front contre des rebelles) en avril 2021, le Tchad est dirigé par un Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par son fils, le Général Mahamat Idriss Déby Itno.

Bakary Fomba

9 août 2022 0 comments
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Installation des membres de la Commission de rédaction de la Nouvelle Constitution du Mali
ActuPolitique

Refondation : une nouvelle constitution pour un nouveau Mali

by Sahel Tribune 6 août 2022
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Les autorités maliennes de la transition ont décidé de rédiger une nouvelle Constitution pour le pays. Ce projet répond à l’aspiration du peuple malien au Mali Kura, exprimée lors des Assises nationales de la refondation.

La décision prise par les autorités de la Transition de doter notre pays d’une nouvelle Constitution vise à traduire la volonté exprimée par une large partie de la population de faire prendre au Mali un nouveau départ en matière de gouvernance d’un Etat aujourd’hui fragilisé par une crise multidimensionnelle sans précédent.

Le choix d’aller à une nouvelle Constitution dans le cadre de la refondation de l’Etat tient à la place éminente qu’occupe la Loi fondamentale dans l’ordre juridique au Mali.

La Constitution, fondement juridique de l’Etat

Le Mali, comme tout Etat, se compose d’une population, d’un territoire et d’une autorité politique souveraine connue sous le vocable de Gouvernement ou plus largement de pouvoirs publics.

La Constitution, appelée également Loi fondamentale, Loi suprême ou Norme suprême, est le socle sur lequel repose l’Etat. Elle est au sommet de l’ordre juridique ; ce qui signifie que les lois et tous les autres actes pris par les pouvoirs publics dans l’Etat ont l’obligation de  respecter la Constitution.

Dans son contenu, la Constitution détermine les organes chargés de gouverner le pays, fixe les modalités de leur accession au pouvoir, les compétences qu’ils peuvent exercer et les conditions dans lesquelles ils peuvent les exercer. Elle comporte aussi des dispositions relatives aux libertés, droits et devoirs des citoyens ainsi qu’à l’organisation du territoire et aux relations avec d’autres Etats.

Tout Etat a sa Constitution, écrite ou coutumière. C’est la Constitution qui lui donne son assise juridique et son identité.

C’est pourquoi, le 22 septembre 1960, l’Assemblée Nationale de la République du Mali a proclamé la République du Mali et adopté à l’unanimité une nouvelle Constitution, la première du Mali indépendant.

La refondation de l’Etat appelle le changement de Constitution

La refondation de l’Etat serait un travail de ravalement de façade si de nouvelles fondations ne sont pas posées. En d’autres termes, la refondation de l’Etat passe par l’adoption d’une nouvelle Constitution reflétant les valeurs et les attentes du peuple malien.

D’ailleurs, dans le cours de l’histoire des Nations, les changements de constitution font généralement suite à des circonstances de crises qui affectent la société et l’Etat.

 Le Mali ne fait pas exception à cette règle. En effet, les deux changements de Constitutions qui ont donné naissance à la Constitution du 2 juin 1974 et à la Constitution du 25 février 1992 sont intervenus pour instaurer un nouvel ordre constitutionnel à la fin de la période d’exception instaurée après le coup d’Etat militaire du 18 novembre 1968 d’une part et de la période de transition établie après la révolution démocratique du 26 mars 1991 d’autre part.

Les évènements du 18 août 2020 sont la résultante d’une grave crise multidimensionnelle sans précédent dans l’histoire du Mali.

La refondation de l’Etat vise à doter le  Mali des leviers pouvant lui permettre de se relever et de retrouver la plénitude de ses attributs d’Etat tourné vers le développement économique, social et culturel

Le Colonel Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’Etat, dans son adresse à la Nation à l’occasion du premier anniversaire du 18 août 2020 a déclaré à cet égard :

« Bien qu’étant un aboutissement, le 18 août est également un nouveau départ. Un chantier gigantesque nous interpelle : comme l’a dit le poète, tout est à refaire, y compris l’homme, car il s’agit de réussir ce à quoi tout le monde aspire : la refondation de l’Etat ».

Une nouvelle Constitution est un marqueur important d’un Mali nouveau. C’est pourquoi, les Assises Nationales de la Refondation (ANR), tenues du 11 au 30 décembre 2021 ont recommandé d’« élaborer une nouvelle Constitution »

Le processus participatif d’élaboration de la nouvelle constitution

Dans son discours de clôture des Assises Nationales de la Refondation, le Président de la Transition, Chef de l’Etat avait déclaré en substance : « C’est le lieu d’assurer le peuple malien  de notre engagement quant à la mise en œuvre des résolutions issues de ces assises souveraines qui ont prouvé l’adhésion des Maliennes et des Maliens au projet de refondation de notre Etat. »

Pour traduire cet engagement en acte, le Président de la Transition, Chef de l’Etat a pris le décret N°2022-0342/PT-RM du 10 juin 2022 portant création, mission, organisation et fonctionnement de la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution « chargée d’élaborer un avant-projet de loi portant Constitution de la République du Mali, dans le cadre de la refondation de l’Etat ».

Les membres de la Commission ont été nommés par un décret en date du 29 juin 2022 et la cérémonie d’installation de la Commission s’est déroulée le 12 juillet 2022.

Dans le cadre de l’exécution de sa mission d’élaboration de la nouvelle Constitution, il a été prescrit à la Commission de consulter « l’ensemble des forces vives de la Nation ».

Pour ce faire, la Commission a mis en œuvre les mécanismes de consultation ci-après :

1. La saisine des partis politiques et des organisations de la société civile par lettre pour les inviter à lui faire parvenir leurs contributions par écrit. Chaque lettre est accompagnée d’un canevas indicatif qui sert de référence pour la formulation des propositions.

2. L’organisation de visites de courtoisie aux institutions et à certaines autorités pour des échanges sur les missions de la Commission et la démarche d’inclusivité adoptée par celle-ci.

3. L’organisation de séances d’écoutes avec notamment les partis politiques, les organisations de la société civile et les acteurs dans les territoires.

4. La création d’un site Web (www.cnrc.ml) pour délivrer les informations sur les activités de la Commission et surtout pour recueillir les contributions des groupes et des citoyens.

Ces mesures sont destinées à permettre l’expression de toutes les sensibilités autour des problématiques institutionnelles qui trouvent leur source dans la Constitution et à susciter une large  adhésion  de la population  au projet de nouvelle Constitution pour le Mali.

Source : La Commission de Rédaction de la nouvelle Constitution (CRNC)


La rédaction a apporté de petits changements au texte

6 août 2022 0 comments
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Le secrétaire général de l'OCI
Actu

Coopération : l’OCI prête à soutenir le Mali

by Chiencoro 5 août 2022
written by Chiencoro 2 minutes read

En vue d’approfondir les échanges sur les questions d’intérêt commun, le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), SE Hissein Brahim Taha, est arrivé au Mali, où il a été reçu par le chef de l’État, vendredi 5 août 2022. L’organisation a exprimé son soutien à ce pays sahélien confronté à d’énormes difficultés.

En visite dans les États membres en vue de les consulter sur les questions et les développements à l’agenda de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le secrétaire général de l’organisation a foulé le sol malien, jeudi 4 août 2022. Un pays confronté à une crise multidimensionnelle.

Au cours de cette visite en République du Mali, SE Hissein Brahim Taha a rencontré le président de la transition, col. Assimi Goïta, dans la matinée du vendredi. Les relations entre l’organisation de la coopération islamique et la République du Mali ainsi que les moyens de les renforcer ont été au menu des échanges. Aussi, l’évolution de la situation dans la région du sahel, dont les problèmes sont similaires, et les questions régionales et internationales ont-elles été évoquées.

Selon le secrétaire général de l’OCI, le Mali, pays membre de l’OCI et surtout membre fondateur, est agressé. « Le pays est attaqué et nous pensons qu’il est en droit de se défendre et qu’il peut se défendre », se convainc-t-il.

 L’incendie de la Mosquée al-Aqsa

Malgré toutes les difficultés que le Mali traverse, l’OCI se porte volontiers à le soutenir. « C’était un devoir pour nous de venir saluer SE le président de la transition et lui dire combien l’organisation tient à la paix, à la stabilité et au développement », a indiqué SE Hissein Brahim Taha. L’organisation réfléchit également à comment « apporter un soutien effectif au Mali et aux autres pays de l’Organisation ».

En dépit de toutes ces difficultés, dit-il, l’OCI a toujours été aux côtés du Mali et peut toujours faire ce qu’il a toujours fait. En plus de la présence de la banque islamique, l’Organisation peut ouvrir plusieurs autres chantiers au Mali, comme la construction des routes, le soutien à la santé ainsi qu’à l’éducation.

Pour rappel, l’Organisation de coopération islamique (OCI) compte 57 États membres. Elle est la deuxième plus grande organisation après les Nations unies. « L’Organisation est le porte-voix du monde musulman dont elle assure la sauvegarde et la protection des intérêts dans l’esprit de promouvoir la paix internationale et l’harmonie entre les différents peuples du monde », lit-on sur leur site internet. Elle a été créée le 25 septembre 1969, à la suite de « l’incendie criminel » de la Mosquée al-Aqsa de Jérusalem occupée.

Chiencoro Diarra

5 août 2022 0 comments
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Dialoguer avec les terroristes
ExclusifSécurité

Multiplication des attaques terroristes au Mali : quel avenir pour les pourparlers de paix avec le GSIM ?

by Sahel Tribune 5 août 2022
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Ibrahima Harane Diallo est chercheur à l’Observatoire sur la Prévention et la Gestion des Crises et Conflits au Sahel. Face à la multiplication des attaques terroristes au Mali, il s’interroge dans cette tribune, sur le sort réservé aux conclusions des pourparlers de paix entre le gouvernement du Mali et les groupes radicaux violents lors de la Concertation nationale en 2020 et du Dialogue national inclusif en 2019.

Le Mali connait une recrudescence de l’insécurité depuis le début du dernier trimestre. Le mois de juillet a été, particulièrement, marqué par des attaques sanglantes à l’endroit des forces de défense et de sécurité, mais aussi à l’égard de la population civile, notamment, des collaborateurs des forces de défense et de sécurité. Une dizaine d’attaques ont eu en l’espace d’une semaine et faisant près d’une vingtaine de militaires tués et de nombreux blessés. Les plus illustres ont eu lieu, par exemple, contre une installation de la direction du matériel, des hydrocarbures et des transports des armées de la ville garnison de Kati ; du poste de péage de Zantiguila[1] ; de Koloni ou encore de Sevaré.

Ces attaques ont eu lieu bien après d’autres coordonnées contre le camp militaire de Bapho[2] dans la région de Ségou ; de Niono et de Sevaré faisant, également, des pertes en vies humaines et en matériel de guerre. Il est important de noter les dernières attaques contre les forces de défense et de sécurité à Sevaré ; Sokolo et Kalumba le 27 juillet ayant occasionné des pertes énormes du côté des forces armées maliennes.

Deux messages

Des messages importants sont à décoder par cet activisme des groupes radicaux violents avec le référentiel musulman au Mali. Le premier message s’inscrit dans une stratégie de communication de la part de ces radicaux. S’attaquer à une des zones les plus sécurisées du Mali[3], fin juillet, à travers une opération de nature complexe, est une tentative de démonstration de force[4].

Ce message de haut niveau de communication vise d’une part à donner espoir aux hommes qui sont dans leurs rangs et d’autre part à séduire les potentiels adhérents, les indécis. Le deuxième message est orienté, directement, contre le discours de montée en puissance de l’armée malienne. Ces attaques consistent à remettre en cause cette « supposée montée en puissance » des FAMA.

En effet, depuis fin 2021, une nouvelle campagne de communication est entreprise par l’élite militaire au pouvoir sur l’acquisition des nombreux moyens militaires tels que des avions de combats, de transport des troupes ou encore des munitions[5]. En s’attaquant avec une telle puissance de force aux positions militaires, spectaculairement, consiste à créer du doute chez la population et entretenir toujours le sentiment d’insécurité chez elle par la mise en évidence de l’incapacité des FAMA à assurer la sécurité des hommes et des biens.

La raison d’État

C’est au regard de ce contexte d’atrocité en matière d’offensive que de nombreuses questions se posent chez les observateurs des questions sécuritaires et stratégiques en particulier : les pourparlers de paix entre le gouvernement du Mali et les groupes radicaux violents avec le référentiel musulman seraient-ils encore possibles ? Le gouvernement du Mali va-t-il rejeter l’idée du dialogue, dont la concrétisation est assez attendue du peuple malien, émise lors de la Concertation nationale en 2020[6] et du Dialogue national inclusif en 2019[7] ?

À l’analyse, l’écartement de l’idée de la négociation semble être l’hypothèse la plus probable. En effet, les douloureux évènements en cours dans le pays montrent à quel point la fissure est profonde. L’armée malienne s’est, également, inscrite dans une dynamique de confirmation de sa « montée en puissance » qui va davantage se caractériser par des offensives systématiques contre les mouvements armés tandis que ces mouvements armés sont, également, dans une logique de remise en cause de la capacité des forces armées maliennes à tenir.

Il est, toutefois, important de noter qu’en écartant l’idée de la négociation, l’État malien prend le risque de se mettre en déphasage avec une des résolutions du peuple qui revient deux fois dans les concertations nationales. Ainsi l’unique moyen de recours qui reste à sa portée est la raison d’État qui pourrait être évoquée afin de continuer avec la belligérance.


Ibrahima Harane Diallo, Journaliste-Politologue, chercheur à l’Observatoire sur la Prévention et la Gestion des Crises et Conflits au Sahel


[1] Localité située à 50 km de Bamako.

[2]Localité située à 15 km de Ségou, la quatrième région du Mali.

[3] Le camp Soundjata Keita de Kati. Ce camp abrite le QG du Président de la transition.

[4] Les actions spectaculaires sont une caractéristique essentielle des actions opérationnelles des groupes islamistes. C’est le même objectif de communication par la démonstration de force qui était visé par Alqaida de Ossama Ben Laden en s’attaquant aux USA en septembre 2001.

[5] Ces moyens militaires ont été acquis grâce à la coopération militaire entre le Mali et la Russie. Selon une interview du Ministre de la défense accordée à la télévision nationale, une partie de ce matériel a été achetée sur financement du budget national et une autre offerte par la Russie à l’armée malienne.

[6] Cette rencontre nationale est une initiative du gouvernement de la transition à l’issu de laquelle une charte nationale a été adoptée.

[7] Ce dialogue a eu lieu sous le magistère du Président Ibrahim Boubacar Keita à l’issu duquel un gouvernement d’union nationale a été formée.

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M5-RFP Mali Kura
A la UnePolitique

Mali : naissance du « M5-RFP Mali Kura »

by Bakary FOMBA 4 août 2022
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Le mercredi 3 août 2022, des démissionnaires du M5-RFP ont animé une conférence de presse à la Maison de la presse de Bamako. Au cours de cette rencontre, ils ont annoncé la création d’une nouvelle tendance du mouvement, dénommée « M5-RFP Mali Kura ». Cette tendance dit ne plus reconnaitre le comité stratégique du M5-RFP, dirigé par le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga.

Après plusieurs mois de tensions internes, plusieurs caciques ont décidé de quitter le mouvement et lancer officiellement une nouvelle tendance, qui veut se servir avec les méthodes existantes. Ceux-ci estiment que l’ancien comité stratégique a « trahi les idéaux du mouvement pour se transformer à la solde d’une minorité ». Aussi, ajoutent ses responsables, la rectification de la trajectoire de la transition n’est restée qu’un slogan et le M5-RFP n’est plus que l’ombre de lui-même.

Pour les leaders du « nouveau M5 », le Premier ministre a réussi à en faire une simple caisse de résonnance de son Gouvernement. « Nous ne reconnaissons plus le comité stratégique dirigé par Choguel Kokalla Maïga », a assuré Me Mohamed Aly Bathily.

Restaurer les engagements et les missions       

Cependant, soutiennent-ils, ce nouveau mouvement a été créé pour restaurer les engagements et les missions que le mouvement s’était assignées lorsqu’il entrait en dissidence contre l’ancien régime en début 2020. À cet effet, les responsables de cette nouvelle branche assurent soutenir la transition. Ils expliquent avoir un rôle de veille citoyenne dans le respect des idéaux du mouvement.

Notons que les leaders de cette nouvelle tendance, dénommée « M5-RFP Mali Kura », sont les figures dissidentes du M5-RFP, qui a joué un rôle capital dans la chute du régime Ibrahim Boubacar Keïta, en 2020. Il s’agit notamment de Konimba Sidibé du MODEC, Modibo Sidibé et Sy Kadiatou Sow de Anko Mali dron et Me Mohamed Aly Bathily de FASODE.

Pour rappel, depuis la nomination de Choguel Kokalla Maïga à la tête du Gouvernement en juin 2021, l’unité des membres du M5-RFP s’est considérablement détériorée avec les querelles de leadership et de positionnement. Cette situation a abouti à la suspension de plusieurs cadres du comité stratégique et la démission de certains responsables. Dès lors, les responsables des deux tendances (M5-RFP et M5-RFP Mali Kura) se regardent en chiens de faïence.

Bakary Fomba

4 août 2022 0 comments
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Baniko Abou Flow
Seko ni Donko

Aboubcar Sidibé alias Baniko Abou Flow: « En période de crise, le rappeur doit éviter les messages de haine »

by Bakary FOMBA 3 août 2022
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Aboubacar Sidibé, connu sous le nom de Baniko Abou Flow, est originaire de Diotigué, dans la commune rurale de Massigui, région de Dioïla. C’est un jeune artiste, chanteur, rappeur et compositeur, très attaché aux valeurs intrinsèques de Baniko.

Dans cette interview, accordée à Sahel Tribune, le jeune rappeur évoque entre autres : ses débuts dans le monde musical, ses objectifs ainsi que son ambition. Il lance aussi un appel pressant à tous les rappeurs. Nous vous invitons à lire notre entretien.

Sahel Tribune : Comment êtes-vous arrivé dans la musique ?

Aboubacar Sidibé alias Baniko Abou Flow: je n’ai pas été à une école, encore moins suivi une formation. J’ai aimé la musique et je m’y suis lancé. En faisant des sons, j’ai produit des singles que les gens ont appréciés. J’ai quand même participé à des compétitions auxquelles j’ai été récompensé par des attestations, des tableaux d’honneur et de félicitations.

Dans vos chansons, vous évoquez toujours les maux dont souffre la région de Dioïla. Expliquez-nous pourquoi.

Effectivement, dans mes musiques, je parle toujours de la région de Dioïla. Je trouve cela normal, parce que je viens de cette localité, et cela reste une fierté pour moi. Les Bambaras disent que, « si tu sais d’où tu viens, tu sauras où aller ». Donc je sais déjà d’où je viens et je sais où je dois aller.

À travers vos chansons, pensez-vous pouvoir relever les défis dont souffrent les Banikois depuis plusieurs années ?

Je peux bien sûr relever les défis. C’est d’ailleurs mon objectif, le but principal de ma musique. Je souhaite rendre les Banikois fiers d’eux-mêmes et promouvoir, dans le monde entier, les valeurs de cette région. Je suis convaincu que je peux bel et bien le faire.

Que représente Baniko pour vous ?      

Baniko représente tout pour moi. C’est ma source d’inspiration. Parce que c’est un lieu très riche en culture. Or la culture joue un rôle capital dans la vie de l’homme.

Le rap est-il une passion ou une profession pour vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je peux dire que le rap est une profession pour moi. Parce que c’est dans le rap que je vis.

Quel appel lancez-vous aux autorités et à vos frères et sœurs rappeurs maliens ?

D’abord, j’invite les autorités à plus de considérations pour les rappeurs. Il faut qu’ils tiennent compte du rôle que jouent ces artistes dans le progrès du pays, notamment dans la consolidation de la paix. Même si tout le monde n’est pas sur le bon chemin, les autorités doivent faire en sorte d’accompagner ceux qui œuvrent pour le progrès du pays.

Les rappeurs aussi doivent synthétiser les mots avant de les lancer. Il ne faut pas qu’ils rappent comme ils le veulent. Ils doivent plutôt tenir compte de ce qu’ils disent. C’est-à-dire, ce qui est nécessaire. En période de crise, le rappeur doit éviter les messages de haine. Il doit plutôt faire passer des messages de sensibilisation.

Avez-vous pensé à faire un album ?

Je pense faire un album, sinon des albums. Mais pour l’instant, je ne peux donner aucune autre précision. Ce qui est sûr, bientôt il y aura un EP (Extended play, qui est composé de 4 ou 5 titres) en comparaison à un album qui contient le plus souvent 15 et 20 titres).

Propos recueillis par Bakary Fomba

3 août 2022 0 comments
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