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Adama Diarra
Exclusif

Économie locale : ULPK-Dioïla, une Union agroécologique qui promeut la politique genre [Interview]

by Bakary FOMBA 16 septembre 2022
written by Bakary FOMBA 5 minutes read

Adama Diarra est détenteur d’un Master en gestion de projet et d’une maîtrise en géographie aménagement. Après plusieurs fonctions au sein des Organisations non gouvernementales (ONG), il est actuellement le Coordinateur technique de l’Union locale des productrices de beurre de karité de Dioïla (ULPK-Dioïla). Une union agroécologique qui promeut la politique genre.

Cette Union est composée de 45 coopératives productrices de beurre de karité. Au sein de laquelle, le jeune Diarra s’occupe notamment du management administratif, technique, organisationnel et institutionnel. En plus de la recherche de financement, de gestion des contrats de partenariat et de la suivie du respect des clauses contractuelles, M. Diarra conçoit également des projets et programmes de développement de cette jeune entreprise, basée dans la capitale du Baniko (Dioïla).

Dans cette interview, accordée à Sahel Tribune, il évoque entre autres : le fonctionnement d’ULPK-Dioïla, évoluant dans la production du beurre de karité bio et conventionnel ainsi que de plusieurs gammes de savon à base de ce beurre. Il indique aussi l’application de bonnes pratiques agroécologiques par cette union, en vue de réduire l’impact de leurs activités sur l’environnement. Aussi M. Diarra souligne-t-il la contribution d’ULPK-Dioïla dans la réduction du chômage dans la région de Dioïla. Nous vous invitons à lire notre entretien exclusif.

Les femmes récoltent des amandes de Karité
Les femmes récoltent des amandes de Karité. 📷Saheltribune.
Sahel Tribune : pourquoi l’Union locale des productrices de beurre de karité bio et équitable (ULPK-Dioïla) ? Pourquoi bio ?

Adama Diarra : ULPK-Dioïla produit le beurre de Karité bio. Il s’agit du beurre naturel, sans mélange d’autres ingrédients ou produits. ULPK-Dioïla a un champ de Karité d’environ 362 hectares. Dans ce champ, on ne cultive pas, on ne coupe pas de bois, pas de pulvérisation de poisons (ni herbicides ni insecticides), ni feux de brousse). Les amandes sont collectées dans cette parcelle pour être transformées en beurre naturel qui sera certifié après analyse aux laboratoires par Ecocert (organisme certificateur de beurre bio), qui donne à ULPK-Dioïla : le certificat Bio.

Pourquoi alors équitable ?

Le beurre équitable est le beurre conventionnel dont les amandes sont collectées dans tout type de champs. En commerce équitable, on respecte le droit des productrices, le droit des enfants. Pour produire le beurre équitable, les femmes qui collectent les amandes sont dotées de codes. Ce code est écrit sur le sac de noix depuis au niveau village avant l’envoi à ULPK-Dioïla. Ce code permet de connaître le promoteur de chaque sac. Aussi, après la vente de beurre, les productrices perçoivent une ristourne.

Depuis combien d’années vous menez cette activité ?

ULPK-Dioïla est dans la production de beurre bio et équitable, il y a 3 ans. Car on tire un revenu monétaire intéressant. Actuellement, nous avons les deux certificats : Certification Biologique et Certification fair for live (équitable). Les Européens (France, Belgique, Canada, Allemagne, Italie, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni) sont les acheteurs de beurre équitable et même bio.

Comment faites-vous pour accéder aux matières premières entrant dans vos productions ?

Nous trouvons nos matières premières auprès de nos membres, au niveau village. ULPK-Dioïla a mis en place 45 coopératives dans 45 villages, répartis dans 7 communes. Chaque coopérative collecte les amandes pendant l’hivernage et les stocke dans leur magasin. Elle nous informe de la quantité disponible et on part l’acheter. ULPK-Dioïla a également un champ de Karité pour le bio.

Quand nous parlons de karité ou de beurre de karité, nous voyons généralement les femmes. Quelle est la contribution des femmes dans la production au sein de l’ULPK-Dioïla ?

Les femmes sont chargées de la collecte d’amandes, le triage de noix de qualité, du séchage de noix, de la mise en sac, de la production de beurre et du battage de pattes. Elles sont également chargées de la mise de beurre en pots et emballage ou étiquetage.

Alors quelles sont les activités qui reviennent aux hommes ?
Les femmes ULPK
Les femmes ULPK ramassent des amandes de Karité.📷Saheltribune.

Au sein d’ULPK-Dioïla, les femmes sont chargées des activités simples : suivi baratte électrique, production beurre, conditionnement et la mise en pot. Les hommes s’occupent des travaux physiques : chargement des sacs, pesage de noix et de beurre, chargement et déchargement des camions en noix ou beurre brut, conduite de moto tricycle, conduite de moulin de mouture et moulin de concassage. Ceux-ci s’occupent également du nettoyage régulier des matériels d’exploitation ainsi que l’animation des formations pratiques sur le terrain.

Quelles sont les gammes de produits disponibles à ULPK-Dioïla ?

Concernant les gammes de savon, nous avons : le savon Sanya, le savon Kokadjé, le savon Kabacourouni.

Concernant le beurre : nous avons le Beurre Bio et Beurre Fair for life.

Savon ULPK
Une gamme de produits, du savon, fabriqué par ULPK-Dioïla. 📷Saheltribune.
Quelle est votre capacité annuelle de production ?

La capacité annuelle de production de beurre de Karité brut certifié biologique et commerce équitable chez ULPK-Dioïla s’élève à 311 tonnes.

En quoi peut-on dire que l’ULPK-Dioïla contribue à réduire le taux de chômage dans la région de Dioïla ?

À travers la création d’emplois directs et indirects, ULPK-Dioïla contribue à la réduction du taux de chômage dans la région de Dioïla. En 2019, nous avons engagé cinq animatrices terrain, un chef de production et deux agents de sécurité. En 2021, nous avons également recruté un contrôleur interne, un moulinier, un agent commercial et deux stagiaires venant de l’université de Ségou, pour leur mémoire de fin de cycle.

En plus des emplois indirects créés (postes de revendeurs de savon et de beurre de Karité, revendeur de crèmes de pommades, transporteurs de nos produits de Dioïla à Bamako, chargeurs-déchargeurs, consultants), 438 femmes membres ont également des revenus mensuels au sein d’ULPK-Dioïla.

Comment faites-vous pour réduire l’impact de vos activités sur l’environnement ?

Pour réduire l’impact de nos activités sur l’environnement, nous plantons chaque année 1000 jeunes plants de Karité et 100 pieds de baobabs ou de moringa. Nous transformons aussi nos résidus ou déchets de production en compost organique en tas (engrais organique), qui fertilise les champs ou périmètres maraichers des femmes.

Nous appliquons de bonnes pratiques agroécologiques telles que les cordons pierreux, les pare-feu, le greffage de Karité, la régénération naturelle assistée (RNA) et l’application d’autres technologies de l’économie de gestion environnementale.

Propos recueillis par Bakary Fomba

16 septembre 2022 0 comments
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Semaine nationale de la réconciliation
A la UnePolitique

Réconciliation nationale : le Mali lance la 1re édition de la Senare

by Chiencoro 15 septembre 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

Les travaux de la 1re édition de la Semaine nationale de la réconciliation (Senare) ont démarré, ce jeudi 15 septembre 2022, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Le lancement des travaux était présidé par le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta. 

« Que chacun puise dans ses ressources les plus profondes afin d’avoir la force de pardonner aux autres à mesure de se faire pardonner. Car pardonner, c’est retrouver la paix intérieure, c’est tout simplement vivre en paix. » C’est en ces termes que le président malien de la transition a déclaré ouvert les travaux de cette 1re édition de la Senare, dont le thème est : « Faisons de la diversité un atout pour la cohésion sociale au Mali ».

Renforcer la réconciliation et le pardon

Cette Semaine est une aubaine pour les Maliens de chasser « les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement ».

En organisant cette Semaine, explique le chef de l’État du Mali, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix, Col-Major Ismaël Wagué, donne un « écho favorable » à une demande du peuple malien. Demande dont la finalité est de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux, et qui avait été formulée lors de la Conférence d’entente nationale en 2019.

Lors du point de presse de lancement des préparatifs de cette Semaine, le ministre Wagué avait précisé que les conclusions de cette conférence ont été endossées par la Loi n° 2019-042 du 24 juillet 2019 portant Loi d’entente nationale, dont l’objectif est de « renforcer la réconciliation et le pardon entre les Maliens ». Une loi qui institue en son article 7 cette « Semaine de la Réconciliation nationale ».

Panser les plaies et prévenir d’autres blessures

« C’est en application de cette disposition que nous avons décidé, à travers l’Arrêté n° 2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 de fixer la date du 15 au 21 septembre de chaque année, comme Semaine de la Réconciliation nationale », a expliqué le ministre de la Réconciliation, qui se montre confiant que ce cadre permettra de relever les défis du vivre ensemble à travers des activités de sensibilisation devant se tenir dans chaque région du pays.

Le président Goïta a exhorté les Maliens à donc développer « l’esprit de pardon et de réconciliation en se focalisant sur ce qui nous rapproche plutôt que de ce qui nous éloigne les uns des autres ». Il estime que la tenue de cette Semaine, dédiée à la réconciliation, est « une grande opportunité que les filles et les fils du Mali mettront à profit pour panser les plaies malheureusement causées par l’incompréhension, et prévenir d’autres blessures ».

La tenue de cette Semaine nationale de la réconciliation, du 15 au 21 septembre, est assez symbolique « car elle précède la commémoration de la fête d’Indépendance du Mali, symbole d’unité nationale et de souveraineté ».

Chiencoro Diarra

15 septembre 2022 0 comments
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Des gendarmes burkinabè
Sécurité

Burkina Faso : deux soldats et une dizaine de terroristes tués dans une « attaque complexe » (communiqué)

by Bakary FOMBA 14 septembre 2022
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Un détachement de l’armée burkinabè de Déou, dans la province d’Oudalan, localité située à 76 km de la ville de Gorom-Gorom, dans la région du Sahel, a subi une attaque terroriste « complexe », le lundi 12 septembre 2022.

Ces dernières semaines, la situation sécuritaire au Burkina Faso devient de plus en plus préoccupante, notamment dans les localités sous emprise terroriste. Malgré la multiplication des échanges entre le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, et ses homologues (maliens, ivoiriens et nigériens), pour l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays, les actions des forces du mal continuent d’endeuiller les populations du pays des « hommes intègres ».

Deux soldats et une dizaine de terroristes

Suite à une énième attaque survenue lundi dernier dans ce pays ouest-africain, indique un communiqué de l’État-major, la riposte des forces armées burkinabè a permis de neutraliser une dizaine de terroristes, qui avaient tenté de s’infiltrer dans leur dispositif de sécurisation.

Le bilan de cette attaque fait état de deux militaires (burkinabè) tués et une dizaine de blessés. Côté ennemi, une dizaine de terroristes ont été neutralisés au cours de cette attaque. L’armée burkinabè a également récupéré de nombreux armements et de motos, indique-t-on.

Par ailleurs, l’État-major de l’armée burkinabè rassure de la mise en place des renforts, « actuellement déployés » dans cette zone afin de procéder à des « opérations de sécurisation avec des actions de riposte qui sont également en cours ».

Le ministre de la Défense limogé   

Le manque d’amélioration de la situation sécuritaire, notamment les dernières attaques terroristes, semble avoir conduit, le 12 septembre dernier, à un premier remaniement du gouvernement de transition burkinabè, depuis son installation en mars 2022.

Suite à ce léger remaniement ministériel, le président Damiba a limogé le ministre de la Défense, Barthélemy Simporé, et récupère lui-même le fauteuil. Il aura désormais à ses côtés, le Général de Brigade, Silas Keïta, nommé ministre délégué en charge de la Défense, rapporte Wakat sera.

Depuis 2015, le Burkina Faso est la cible d’attaques terroristes, qui ont fait de nombreuses victimes et des milliers de déplacés internes.

Bakary Fomba

14 septembre 2022 0 comments
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Tchad
Sécurité

Tchad : le gouvernement dénonce des arrestations « illégales et arbitraires » de ses ressortissants en Libye (communiqué)

by Sahel Tribune 13 septembre 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Dans un communiqué, lundi 12 septembre 2022, le ministère tchadien des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger a dénoncé l’arrestation massive de Tchadiens en Libye.

La diplomatie tchadienne lie ces arrestations à celles de quatre ressortissants libyens, la semaine dernière, dans la région est du Tchad. Des Libyens détenant « plusieurs armes à feu » ont été arrêtés dans cette région, précise ledit communiqué.

« Suite à l’arrestation la semaine dernière, dans le département de Mourdi, région de l’Ennedi Est, de quatre (4) ressortissants libyens, détenteurs de plusieurs armes à feu, ayant illégalement franchi la frontière et, pris en flagrant délit de braconnage, dont le dossier est confié à la justice, une katiba libyenne dénommée (la katiba 166), procède depuis plus d’une semaine à des arrestations massives des Tchadiens innocents vivant en Libye, notamment dans la ville de Adjidabya, en guise de représailles », indique dans ce communiqué, le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger de la République du Tchad.

Les autorités tchadiennes condamnent avec la « plus grande fermeté », ces arrestations qu’elles qualifient d’« illégales et arbitraires ». En plus de la préservation de l’« intégrité physique » de ses ressortissants, N’Djamena demande aux autorités libyennes de les « mettre à l’abri de tout traitement inhumain et dégradant ».

La Rédaction

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Engins explosifs improvisés
ActuSécurité

Engins explosifs au Mali : plus de 200 victimes civiles enregistrées depuis janvier

by Sahel Tribune 12 septembre 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Au Mali, les engins explosifs (EE) demeurent une véritable menace pour la population civile. Au 31 août 2022, 239 civiles étaient victimes de ces engins, dont 72 tuées et 167 blessées, contre 400 victimes (103 tuées et 297 blessées) en 2021, selon les chiffres du Service de l’action contre les mines des Nations Unies (UNMAS).  

Cartographie des EE
Cartographie de la présence des engins explosifs improvisés (EEI)/mines à travers le pays. 📷Ocha Mali.

Depuis le début de l’année, le nombre d’incidents liés à l’utilisation des mines était estimé à 134 contre 245 en 2021. La région de Mopti demeure la plus touchée par les engins explosifs improvisés (EEI)/mines (37 %). Elle est suivie par Ségou (25 %), Tombouctou (13 %), Gao (10 %), Kidal (8 %), ensuite Koulikoro (4 %), Sikasso (2 %) et Kayes (1 %). Une extension du phénomène vers le sud du pays continue d’être observée dans les régions de Koulikoro, Sikasso et Kayes, indique la même source.

« Parmi les groupes de personnes qui courent un risque élevé d’être exposées à ces engins figurent les personnes effectuant des mouvements transfrontaliers, les enfants, les femmes et les jeunes filles à la recherche d’eau et de bois de chauffe », lit-on dans un nouveau rapport de Ocha Mali.

En plus du risque de décès, de blessures et de leurs séquelles, ainsi que des dommages psychologiques et des handicaps, la présence d’engins explosifs entraine des difficultés d’accès aux moyens de subsistance pour les personnes vulnérables.

La rédaction

12 septembre 2022 0 comments
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Les fesses
AnalysesSeko ni Donko

Le langage des fesses

by Sahel Tribune 12 septembre 2022
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Que nous disent les fesses magnifiées dans l’art, depuis la sculpture antique jusqu’aux clips des stars d’aujourd’hui ?

Entre fascination érotique selon le regard masculin, féminité idéale, revendication anti-maigreur, promotion commerciale, ou même message théologique, les fesses, qu’elles soient féminines ou masculines, ont servi de support à bien des messages à travers les siècles.

La femme préhistorique au postérieur imposant

Parmi les plus anciennes sculptures de l’histoire de l’humanité, on compte des figures féminines, produites au Paléolithique supérieur, il y a plus de 20 000 ans. Un certain nombre d’entre elles présentent des formes arrondies et des fesses imposantes, à l’image de la statuette dite « Vénus » de Lespugue.

Ces œuvres correspondaient-elles à un idéal féminin de nos ancêtres préhistoriques ? Leurs auteurs étaient-ils des hommes ou des femmes, ou bien les deux ?

La « Vénus » de Lespugue (Haute-Garonne). Musée de l’Homme, Paris. Wikimedia, CC BY

Il est malheureusement difficile de répondre à ces questions, car les artistes de la Préhistoire n’ont évidemment laissé aucun texte ni commentaire au sujet de leurs créations.

De Néfertiti à Nicki Minaj

En Égypte, au XIVe siècle av. J.-C., ce sont les représentations de la reine Néfertiti qui témoignent, à leur tour, de l’importance accordée dans l’art aux fessiers féminins imposants. Une statue, aujourd’hui au Louvre, nous montre la pulpeuse souveraine, dotée d’une taille très svelte qui contraste fortement avec la largeur de ses hanches. L’œuvre traduit le rôle érotique officiel de Néfertiti qui doit plaire à son époux, le pharaon Akhenaton, afin qu’il ait l’envie de faire l’amour avec elle et soit ainsi en mesure de jouer son rôle procréateur.

Néfertiti, vers 1350 av. J.-C. Musée du Louvre, Paris. Musée du Louvre

Selon les canons du moment, la reine est l’incarnation de la femme attirante, dont le ventre, bien installé sur un puissant fessier, va être capable de mener à terme de nombreuses grossesses.

Vase en forme de femme de Kaluraz (Iran), vers 800 av. J.-C., Musée du Louvre, Paris. Musée du Louvre

On retrouve cet idéal féminin au nord de l’Iran, entre le IXe et le VIIe av. J.-C., comme en témoignent les vases en forme de femmes aux hanches très marquées, découverts à Kaluraz, dont un bel exemplaire est exposé au Louvre.

Cette fascination millénaire pour les grosses fesses trouve toujours ses disciples aujourd’hui, comme en témoignent les clips de la rappeuse Nicki Minaj, adepte du twerk, par exemple avec le clip de la chanson « Anaconda », réalisé en 2014.

Les photos de Kim Kardashian illustrent, elles aussi, cet idéal dont la recherche pousse certaines femmes à utiliser des produits réputés « grossifesses », disponibles notamment sur les marchés en Afrique.

Le postérieur imposant y est vu comme un signe d’opulence et de santé, garant de désirabilité sexuelle et de maternités réussies.

Ailleurs dans le monde, les influenceuses poussent de plus en plus de jeunes filles et de jeunes femmes à recourir au « BBL » pour Brazilian Butt Lift, opération de chirurgie esthétique particulièrement dangereuse, dans l’espoir d’obtenir une silhouette « instagrammable » en forme de sablier.

Une guerre des fesses ?

La taille des fesses féminines serait même au cœur d’un conflit idéologique opposant les pays du Sud aux pays du Nord, selon le sociologue Jean-Claude Kaufmann, auteur d’un essai intitulé : La guerre des fesses : minceur, rondeurs et beauté.

On assisterait, selon lui, à un « choc des civilisations par fesses interposées ». L’Occident a, de manière générale, voulu imposer un idéal de minceur comme norme de la beauté féminine dans la seconde moitié du XXe siècle. En témoignent les premières poupées Barbie au physique longiligne, commercialisées à partir de 1959.

Les pays du Sud protesteraient à leur manière contre cette domination du Nord et les grosses fesses seraient un emblème de cette contestation. D’où aussi la reprise, cette fois dans les pays du Nord, de cette même tendance par un nombre croissant de stars.

Mais cette revendication est ambiguë, car elle paraît aller à l’encontre de l’idéal d’émancipation des femmes. Le corps sexualisé à l’extrême de Nicki Minaj en fait un objet du désir masculin hétérosexuel, d’ailleurs explicitement évoqué dans « Anaconda ».

La chanteuse satisfait le regard masculin, répondant ainsi à un fantasme classique, voire banal, que partagent un grand nombre d’hommes, souvent depuis leur enfance. La vue de grosses fesses féminines serait même rassurante pour bien des garçons, selon le psychologue Gérard Bonnet.

Nicki Minaj est une des femmes qui n’hésitent pas à exploiter ses fesses à des fins promotionnelles.

De même que Néfertiti affichait ses formes pulpeuses dans un but propagandiste, Nicki Minaj, Kim Kardashian, Jennifer Lopez, Iggy Azalea, Doja Cat, et d’autres encore, exploitent leurs fesses à des fins promotionnelles et commerciales. Usant de cet appât vieux comme le monde, elles remportent un succès prévisible et évident.

La callipyge et le regard masculin

C’est le regard masculin qui tient généralement lieu de référence dans la définition des « belles fesses » féminines, comme le montre une ancienne fable grecque, rapportée par Athénée de Naucratis (Deipnosophistes XII, 80).

Plus tard, Jean de La Fontaine en tira un conte, publié en 1665.

Il y avait à la campagne, non loin de Syracuse, cité grecque de Sicile, deux jeunes sœurs qui possédaient des postérieurs d’une exceptionnelle perfection. Un jour, elles se mettent à les comparer et chacune proclame qu’elle en possède un plus beau que sa sœur. Le débat s’envenime. Elles se rendent alors en ville, y croisent un jeune citoyen et lui demandent de les départager en évaluant leurs fessiers. Puis elles relèvent leurs tuniques sous les yeux du juge improvisé qui, après les avoir bien observées, finit par rendre son verdict : les deux sœurs possèdent un extraordinaire postérieur, mais celui de l’aînée l’emporte à ses yeux.

Aphrodite Callipyge, Musée archéologique, Naples.

Les filles acceptent ce jugement et s’en retournent dans leur ferme. De son côté, le jeune homme, profondément bouleversé, ne parvient plus à oublier la grande sœur et en tombe malade. Son père envoie alors son second fils à la campagne pour chercher la callipyge, seul remède aux souffrances de l’aîné. Il y est séduit par la petite sœur et ce seront finalement deux mariages qui seront célébrés.

C’est ainsi, nous dit cette édifiante histoire, que les deux modestes fermières devinrent les épouses de riches citoyens. Une promotion due à leurs fesses ! Devenues célèbres, elles n’oublièrent pas de remercier Aphrodite, déesse de l’amour, en faisant construire un temple en son honneur, où elles placèrent une représentation de la déesse dite callipyge, c’est-à-dire « aux belles fesses ».

De « belles » fesses arrondies, comme le montre la statue d’Aphrodite, aujourd’hui au musée archéologique de Naples. Inspirée de la fable, à moins que ce soit la fable qui ait été inspirée par une statue de ce type, l’œuvre a été conçue comme l’image de la femme la plus excitante qui soit, c’est-à-dire la plus capable par son physique d’éveiller le désir sexuel chez le plus grand nombre de Grecs de l’Antiquité.

Hercule Farnèse. Gravure de Hendrik Golzius, 1591. Wikimedia

Cul viril et bronzé

Les Grecs de l’Antiquité ont aussi imaginé un modèle masculin de fesses idéales : Héraclès, ou Hercule pour les Romains. Fils de Zeus, il est par excellence le héros viril de la mythologie.

La statue dite « Hercule Farnèse », découverte à Rome, aujourd’hui exposée au Musée archéologique de Naples, le montre totalement nu. Lorsqu’on fait le tour de l’œuvre, on découvre les fesses du héros que le sculpteur a voulu mettre en valeur. Elles sautent aux yeux du spectateur. Et ce n’est pas un hasard, car Héraclès était surnommé Mélampygos : « Cul noir ». La peau sombre était une caractéristique des athlètes qui passaient leur temps à s’entraîner nus au soleil, les fesses toujours à l’air. Héraclès « Cul noir » est le modèle même de cette virilité qui s’expose.

On racontait que son cul avait été noirci par l’haleine brûlante des monstres contre lesquels il avait combattu. Des fesses tannées par l’endurance, devenues dures comme du cuir, incarnant une force à laquelle nul sur terre ne peut résister. Le postérieur du héros nous délivre un message de virilité suprême. Héraclès a vraiment « du cul » !

Les fesses de Dieu

Au début du XVIe siècle, sur la voûte de la chapelle Sixtine, à Rome, Michel-Ange a peint Dieu, volant dans le Ciel, lors de la création du monde. Une fresque inspirée de la Genèse.

Wikimedia
Dieu vu de dos lors de la Création, selon Michel-Ange. Fresque de la Chapelle Sixtine, Rome.

Le spectateur, posté quelque 20 mètres plus bas, distingue clairement le postérieur divin dans sa version chrétienne. Les fesses de Dieu symbolisent ici la puissance, comme pour Héraclès. Elles délivrent aussi un message théologique : elles rappellent que Dieu a créé l’homme à son image, c’est-à-dire doté de fesses.


Christian-Georges Schwentzel intervient dans le documentaire « L’Art du derrière, une folle histoire des fesses », de Valentin Mollette et Élise Baudouin, diffusé sur France 5, le 12 septembre 2022, à 21h.

Christian-Georges Schwentzel, Professeur d’histoire ancienne, Université de Lorraine

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
12 septembre 2022 0 comments
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Des soldats ivoiriens
Politique

Crise ivoiro-malienne : pour une solution définitive, les médiations s’intensifient  

by Chiencoro 10 septembre 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

En vue d’éviter une nouvelle crise en Afrique de l’Ouest, à travers la tension née entre le Mali et la Côte d’Ivoire depuis l’arrestation de « soldats ivoiriens », les pays voisins intensifient la médiation auprès des deux pays. Une solution définitive est demandée par les nombreux intervenants.

Arrêtés le 10 juillet à Bamako à leur descente d’avion à l’aéroport international Modibo Kéïta de Bamako et déclarés « mercenaires » par les autorités maliennes de la transition, les 49 « soldats ivoiriens » ont été inculpés puis placés sous mandat de dépôt le 15 août dernier par la justice malienne. Cette situation, qui crée une certaine tension diplomatique entre ces deux pays voisins bénéficie de nombreuses médiations visant à obtenir la libération de ces prisonniers ivoiriens au Mali.

Le voisinage immédiat

En plus du Togo, plusieurs pays et personnalités se sont impliqués pour une résolution définitive de cette crise entre les deux pays. Au cours d’une visite au Mali, le 15 août dernier, le président en exercice de l’Union africaine (UA), le chef de l’État sénégalais Macky Sall, a évoqué la situation de ces prisonniers ivoiriens avec le président malien de la transition, le colonel Assimi Goïta.

Le président du Haut conseil islamique du Mali, Chérif Ousmane Madani Haïdara, et l’archevêque de Bamako, le cardinal Jean Zerbo, ainsi que des religieux venus de la Côte d’Ivoire sont également intervenus en vue d’un règlement à l’amiable de cette situation. Certaines sources indiquent aussi l’intervention de l’influent chef religieux de Nioro, Chérif Bouyé Haïdara.

Les médiations dans la question de ses « militaires ivoiriens » écroués au Mali se multiplient. Le 7 septembre 2022, une délégation guinéenne, conduite par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’Étranger, Morissanda Kouyaté, a également invité à l’apaisement de la tension entre les deux pays. « Avant la CEDEAO, l’Union africaine, les Nations Unies, il y a ce qu’on appelle le voisinage immédiat. La Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal sont des pays à voisinage immédiat », a expliqué Morissanda Kouyaté. 

« Solution durable à l’opposé d’une solution à sens unique »

La Guinée est suivie par la République fédérale de Nigéria, le 9 septembre. À travers son ministre des Affaires étrangères, SE Geoffrey Onyeama, le président Muhammadu Buhari a souhaité jouer sa partition dans la libération du reste de ces « soldats ivoiriens » dans le but de faire régner plus de paix entre les deux pays. Les efforts déjà consentis, notamment avec la libération de trois des 49 « soldats », sont salués par la partie nigériane qui estime qu’il est temps de trouver une solution définitive à cette crise entre la Côte d’Ivoire et le Mali.

Le président malien de la transition a précisé à cette occasion qu’il était « judicieux de trouver une solution durable à la question des “soldats ivoiriens”. », selon la présidence malienne. Le colonel Assimi Goïta a fait comprendre qu’au même moment où la Côte d’Ivoire demande la libération de ses « soldats », continue de servir d’asile politique pour certaines personnalités maliennes faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par la justice, indique également la présidence malienne. Des personnalités qui « bénéficient de la protection de la Côte d’Ivoire pour déstabiliser le Mali », précise la même source.

Le président Goïta invite à une « solution durable à l’opposé d’une solution à sens unique qui consisterait à accéder à la demande ivoirienne sans contrepartie pour le Mali ».

 Chiencoro Diarra

10 septembre 2022 0 comments
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